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mercredi 2 janvier 2013

C'était l'année dernière*

J'avais dit pas de best of. Sauf qu'évidemment, à force d'en lire à droite, à gauche, au centre et au milieu, j'ai fini par en faire un. D'autant que c'est bien pratique, plus tard, de se rappeler de ce que j'ai écouté et aimé durant l'année 2012. C'était une habitude dans les années 80, perdue plus tard et revenue l'année dernière, à la faveur des vœux. La technique est simple : si je connais le morceau par cœur, c'est que j'ai du l'écouter une demi douzaine de fois, et donc, à moins d'un grand masochisme de ma part, que je l'ai aimé. Ainsi s'accumulent les morceaux sur une liste qui ne doit pas dépasser les 700 mégaoctets, soit la taille d'un CD à envoyer avec les vœux. Cette année, ma liste compte 79 titres, dont un certain nombre fut posté dans ces pages. A vrai dire, j'hésite à la poster. Ne voulant pas t'importuner, ô lecteur, je tache de limiter tes écoutes à plus ou moins cinq titres par jour. Avec 79, comment dirais-je, j'aurais sévèrement l'impression de dépasser les bornes.
Avant de répondre à cette ô combien terrible question, étant donné que j'ai passé en revue l'année 2012 sur mon Itunes et dans quelques journaux français, anglais ou américains, laissez-moi me mettre en rogne deux minutes contre l'absence, dans tous les classements, de deux albums, qui font, pour moi, partie des meilleurs de l'année. Je sais bien tout ce que cela a de subjectif comme je l'ai déjà dit ici mais, après avoir constitué ma liste Best of 2012, il y a deux albums pour lesquels je n'ai pu choisir entre deux titres et les ai donc, toutes les deux (enfin toutes les quatres, vu qu'il y a deux albums), qualifiées. Vous aurez compris qu'il s'agit de mes injustes oubliés.
Vu l'engouement qu'ils provoquent sur le Net chez les bloggeurs, je ne pense pas que cela affecte réellement Miike Snow. Evidemment leur deuxième album est une déception par rapport au premier. Mais le premier était une telle merveille... Maintenant oubliez le un instant ce premier album et écouter Happy to you sans le comparer à l'incomparable. Cela reste, de loin, parmi les plus belles chansons de l'année, les plus accrocheuses comme Paddling out.



Ou simplement irrésistibles comme Bavarian #1 (Say you will)



Si j'ai une chose à reprocher à Miike Snow en 2012, c'est un live plutôt raté à Paris, sans doute accident de parcours dû à des conditions techniques effroyables dans le parcours d'un groupe sans faute sur scène à en croire les nombreuses éloges lues sur leurs prestations en directes.
Je n'ai absolument rien à reprocher à Patrick Watson, les seconds oubliés des listes, et, à en croire cette vidéo où le groupe canadien interprète en concert Lighthouse qui ouvre le très beau Adventures in your own backyard, je ne pense pas que j'aurais été déçu si j'avais eu la chance de les voir en live.



Pourquoi cet album ne figure ni dans le classement des Inrockuptibles, du New Musical Express ou de Rolling Stone relève pour moi du plus total du mystère. Mais finalement, vous savez quoi, c'est pas plus mal comme ça : on n'a pas envie de partager ce à quoi on tient le plus. Ou alors avec ceux qu'on aime. Comme je vous aime un peu, voici la deuxième chanson qui me fait fondre sur cet album. Une chanson qui pourrait n'être qu'une énième petite ballade folk si ce n'était les arrangements et ces choeurs célestes qui apparaissent à 1'40''. La chanson s'appelle Words in the fire. Des mots dans le feu. Parce qu'un jour tous ces classement sur papier finiront comme allume feu dans la cheminée. On aura tout oublié. Sauf la musique.



Cool : ça en fait quatre. Plus que 75 à venir.

* A tous ceux qui se disent : "Mais merde, ça me dit quelque chose ce titre" sans pour autant mettre le doigt dessus, voici la solution du problème. Pas sûr que vous remerciez pour autant.

mardi 16 octobre 2012

Suède, 12 points

D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours voulu voyager en Suède. Je ne sais pas d'où me vient cette obsession. J'ai tendance à la confondre avec mon goût pour Abba, mais, j'ai l'impression que c'est antérieur à ma découverte du groupe. Or deux récentes acquisitions me donnent envie de parler ici de ce pays. J'aurais pu parler, d'une manière plus générale, de la Scandinavie. Parce que les Norvégiens, Danois, Islandais et autre Finnois (si l'on parle de la Scandinavie au sens large) m'ont eux aussi apporté de nombreuses émotions musicales. Mais elles sont si nombreuses que, dans un louable effort de recentrer mon propos, je ne parlerais donc que de la Suède. D'autant qu'ouvrira prochainement un musée à Stockholm, qui, si je ne me trompe pas, devrait être consacré à la pop music de ce pays, à la demande (si je ne me trompe toujours pas) des membres du groupe Abba qui trouvait un peu limitatif de faire un musée seulement autour d'eux. Je ne saurais leur donner tort. D'ailleurs, je me suis toujours demandé si on donnait des cours de pop music à l'école pour qu'un pays qui ne compte que 9 millions d'habitants puisse à ce point compter dans les discothèques du monde entier, et, particulièrement, la mienne. Mon idée sur la question est que vous devez tellement vous faire chier bloqué par la neige en hiver qu'il n'y a qu'écouter et/ou faire de la musique pour faire passer le temps. Résultat des courses, si c'est la première fois que je vous parle de la Suède, c'est loin d'être la dernière.
D'autant que l'un des groupes les plus intéressants qui soit apparu ces dernières années vient de Suède : Miike Snow, qui, méritent à eux tout seul un post en entier. Aussi me permets-je pour aujourd'hui de balayer le sujet avec un remix plutôt chouette de leur Pretender qui vient de sortir, signé Deniz Koyu.



J'ai découvert Little Dragon, comme beaucoup j'imagine, sur l'album Plastic Beach de Gorillaz et sur le morceau Empire ants. C'est mon titre préféré de l'album ; j'adore la façon dont la petite plainte presque acoustique de Damon Albarn devient à la moitié du morceau une ritournelle synthétique envoûtante où plane la voix de Yukini Nagano, la chanteuse de Little Dragon. Je me suis donc précipité sur leur album Ritual Union, l'année dernière, pensant qu'après la rampe de lancement Gorillaz (dont ils ont aussi assuré les premières parties de concert), ils ne pourraient que s'envoler. Ritual Union n'est pas un mauvais album. Pas un excellent non plus. Je n'ai pas eu envie de m'y attarder sans doute parce qu'il n'y avait pas LE morceau qui fait qu'on se retourne, un peu comme sur une jolie fille. Ou un joli garçon. Et puis, il y a quelques semaines, alors que j'écoutais Radio Nova, je tombe en arrêt sur un titre. Je reconnais la voix mais suis incapable de dire d'où elle vient. Je pars sur le site de Nova et me dis : ça y est, Little Dragon tient enfin LE titre. Son tube. Et même si ce n'est que chez moi, je peux vous assurer, au nombre de ses lectures sur mon Itunes qu'ici, Sunshine est un tube.



On pourrait croire, passés ces deux premiers titres, que j'aime les Suédois uniquement dans le registre synth pop. Mais dans un style plus rock, j'aime aussi beaucoup The Mary Onettes. On pourra m'objecter que les Mary Onettes sont de très bons copieurs mais pas des créateurs. Je m'en tape un peu quand l'imitation est à ce point réussie. Je les avais découvert avec le très bon Puzzles, il y a trois ans, où ils m'évoquaient Echo & The Bunnymen, période The Killing Moon.  Mais sur leur dernier EP en date, Love Forever, paru en début d'année, je pense plutôt aux Lotus Eaters. Ce n'est une nouvelle fois pas une raison de bouder le plaisir que procure Love's taking strange ways (bon, j'aime aussi beaucoup A broken heart is a brilliant start mais fallait bien choisir).



L'autre actualité suédoise qui m'a amené ici, c'est la sortie imminente du nouvel album d'El Perro Del Mar, qui comme son nom ne l'indique pas du tout, est en fait le projet de l'unique Sarah Assbring. L'album s'appelle Pale fire, sortira en novembre (mais n'allez pas dire que je l'ai déjà écouté et qu'il est très bien) et est précédé par le single Walk on by. J'aurais d'ailleurs pu, ici, vous poster la chanson mais je préfère vous poster A Change Of Heart, sorti il y a trois ans, et à côté de laquelle, il serait dommage de passer. C'est d'ailleurs ce que j'aurais fait si l'excellent blog musical Said The Gramophone n'avait classé, en 2009, cette chanson en deuxième place de leur best of de l'année, la décrivant comme "un Fleetwood Mac satiné et désespéré". Jolie image, très jolie chanson.



Alors évidemment, vous allez me dire que les Suédois trichent un peu puisqu'ils n'utilisent pas leur langue maternelle quand, à l'instar d'El Perro Del Mar, ils ne vont pas carrément nous faire croire qu'ils sortent de je ne sais quel pays latin. C'est d'ailleurs un reproche qu'on pourrait faire aussi à Veronica Maggio. Or Veronica chante, elle, en Suédois. Là, dans votre tête,il y a peut-être des images du chef cuisinier Suédois du Muppet Show qui se forment. Je le sais parce qu'elles y étaient en ce qui me concerne. Je ne sais foutrement pas de quoi parle Veronica Maggio dans Finns det en så finns det flera (à vos souhaits) mais je sais qu'elle me met à chaque fois que je l'entends d'humeur très joyeuse. Et de reprendre en choeur Finns det en så finns det flera qui est un peu une formule magique façon Supercalifragilisticexpiadélicieux de Mary Poppins.



Je ne suis toujours pas parti en Suède. Il faudra quand même que je me renseigne pour connaître le prix du vol pour Stockholm.

jeudi 4 octobre 2012

(Se) Reprendre

Le problème, je m'en rends bien compte au fur et à mesure que les jours passent, c'est de savoir pour qui j'écris. Enfin plutôt de me rappeler pourquoi j'écris ; c'est à dire autant pour moi que pour toi, lecteur anonyme ou non, mais lecteur quand même qui fait qu'aujourd'hui, j'ai tendance à choisir mes sujets en fonction de ce que je vais bien pouvoir avoir à raconter dessus, de la façon dont je vais le faire ou comment mon introduction va m'amener à ma conclusion. Pourtant, le plus intéressant, je l'ai déjà formulé d'une manière ou d'une autre, c'est ce rapport intime et particulier que j'entretiens avec la musique ; c'est uniquement dans l'exploration de cet aspect très personnel que j'arriverais à t'intéresser, ô lecteur, et non en recherchant le mot qui va faire mouche. En même temps, je viens de passer, on va pas dire quelques minutes mais quelques secondes à trouver "et non en recherchant le mot qui va faire mouche" et j'étais assez content de moi  après l'avoir trouvé car il résumait bien ma pensée. Que tu as sans doute du mal, ami lecteur, à trouver clair ce matin ; logique, je suis parti dans ce papier bille en tête, sans même savoir de quoi j'allais parler puisque, précisément, j'avais envie de parler de trop de choses à la fois et que tout ça se bouscule à présent sur les touches de mon clavier.
Ceci étant posé, je vais finalement repartir sur le sujet des reprises pour la simple et bonne raison qu'il me permet de placer le titre de ce post et que c'est exactement ce qu'il faut que je fasse à ce moment précis de ce post. Me reprendre donc. Il y a trois ans, débarquait LaRoux avec son premier album. A priori, LaRoux avait tout pour me plaire puisqu'elle reprenait tous les codes des années 80 revendiquant l'influence de Human League, OMD, Eurythmics, Depeche Mode, Erasure sur sa musique électronique. J'aurais du donc immédiatement tombé sous le charme de Bulletproof, par exemple.



Eh ben non. Je ne dis pas que ça ne m'avait pas plu l'espace des trois minutes que dure la chanson mais, très vite, je trouvais ça léger. Je trouvais les claviers trop "cheap", limite caricaturaux par rapport à ceux auxquels ils se référaient et la voix de LaRoux, aussi agressive à mes oreilles que son maquillage ; j'avais du mal à voir revenir le fluo. Plus que tout et avant même de découvrir (pas plus tard que... ce matin!) dans la note biographique de LaRoux qu'il s'agit non pas d'une chanteuse, mais d'un duo, LaRoux me faisait par trop penser à une autre de leurs références : Yazoo. Yazoo en moins bien, évidemment. En deux albums, Yazoo a réussi une carrière exemplaire. Les synthés sont peut-être les mêmes mais la voix, putain, la voix ! Alison Moyet, merde ! L'Adèle de son temps, si voulez mon avis.



Entre parenthèses, les plus attentifs d'entre vous auront vu que le texte en incrustation annonce Nobody's Diary par Yaz et non Yazoo, ce qui veut dire que c'est une vidéo américaine, Yazoo ayant été obligé de se débaptiser aux US où un autre groupe portait déjà son nom. Entre nouvelles parenthèses, vous aurez aussi remarqué que j'ai préféré Nobody's diary à Don't go, le deuxième album de Yazoo, You and me both, étant à mes yeux et surtout mes oreilles le meilleur. C'est d'ailleurs dingue, pour ouvrir une troisième parenthèse, d'avoir ainsi appelé l'album : You and me both donc, soit Toi et Moi Ensemble avec, sur la pochette, deux Dalmatiens en train de se livrer à ce qui ressemble à une bataille à mort, ambiance lourde confirmée par le fait que sur l'album, Alison Moyet et Vince Clarke, signait à tour de rôle de chacune des chansons sans qu'une seule fois leurs noms n'apparaissent ensemble, le tout finissant, comme on le sait (et si vous ne savez pas je vous l'apprends) par la séparation du duo. Fermez les parenthèses. Mon histoire avec LaRoux aurait pu donc s'en tenir aux affaires classées. Mais il y a trois ans également, le Web a été envahi par cette version de Lou Barlow. Lou Barlow est un musicien américain à des lieues de LaRoux, non seulement géographiquement, mais surtout, bien sûr, par son registre musical puisqu'il fut membre de Dinosaur Jr. et Sebadoh, qui, pour le dire vite, ne manquent pas de faire beaucoup de bruit avec des grosses guitares. Mais Lou Barlow sait aussi débrancher sa guitare, la preuve :



Me devais-je donc de revoir mon jugement sur LaRoux après cette interprétation qui m'a littéralement scotché et m'a fait voir à quelle point "this song is great" comme le dit lui même Lou. D'autant que peu de temps après je tombais sur cette petite ritournelle qui sut plus d'une fois me faire taper du pied (et c'est encore le cas aujourd'hui) signé d'un petit groupe électro de Boston, Yes Giantess, qui pour remercier LaRoux, qui leur avait laissé faire leur première partie lors de leur tournée américaine, reprenait I'm not your toy.

Yes Giantess - I'm not your toy by Cestunevie.com

Mieux encore, Miike Snow, que je vénérais alors à l'aune de ce qui reste l'un des meilleurs albums de ces dernières années, reprenait à son tour en live In for the kill, autre chanson de LaRoux, avec le même effet de séduction.



Me suis-je donc totalement trompé sur LaRoux ? Plus ou moins, dans les plus, on mettra que je suis passé à côté de chansons quand même sacrément bien écrite dont heureusement des fans, comme je l'expliquais ici, ont su me montrer la beauté. Je pense aussi avoir agi en vieux con et c'est là que je vois que je n'ai plus 16 ans : si je commence à m'embarquer dans le c'était mieux avant, ou, ça a déjà été fait avant, ce n'est plus la peine de continuer d'écouter de la musique car ça fait un moment, finalement, qu'on n'invente plus grand chose (mais est-ce que c'est déjà pas un peu "vieux con" d'écrire ça ?). Je veux dire que si j'avais eu l'innocence de mes 16 ans en découvrant LaRoux, j'aurais sans doute trouvé ça génial et peu me serait importé qu'un autre groupe eut fait exactement la même chose près de trente ans plus tôt. En mieux. Ben oui, permettez moi de persister quand même dans ma (vieille?) connerie. Parce que bon, d'accord, LaRoux écrit de très bonnes chansons mais Elly Jackson, c'est le nom de la chanteuse de LaRoux n'a pas une voix, comment dirais-je, amicale. On dirait qu'elle aboie, ou pire, qu'elle va mordre quand elle chante. Prenez la même chanson, Bulletproof, enlevez la voix et remplacez la par celle d'un morveux qui vient de découvrir le Tune In ou tout autre logiciel qui permet de chanter juste à n'importe quel crétin. (car, ne vous y trompez pas, Curtis Drew, dont vous trouverez l'interprétation de cette chanson ici, n'est pas un grand chanteur mais simplement un ado d'aujourd'hui obsédé par son image, Katy Perry et/ou Mariah Carey et qui passe son temps à poster des vidéos sur le Web) et vous obtenez une chanson autrement plus audible. Bon, OK : une chanson autrement plus audible pour moi. Mais je vous l'ai dit dès le départ que je parlais de moi, non ?