Il m'est arrivé un drôle de truc lors de mon récent voyage aux Etats Unis. Nous étions à Los Angeles quand mon copain, voulant me faire plaisir, m'abandonne (parce qu'il n'est pas aussi fan que moi et s'ennuie vite dans un magasin de disques) chez Amoeba Records. Amoeba doit être l'un des plus grands disquaires que j'ai visité même si la photo suivante ne rend pas forcément les dimensions dantesques du lieu.
Me voici donc dans ce qui pourrait être le paradis de n'importe quel amateur de musiques. Et c'eut été mon paradis si j'y étais allé quelques années plus tôt, c'est à dire avant la dématérialisation du support. Or, m'y voici totalement désorienté. Je passe d'un rayon à l'autre mais ne cherche vraiment rien, n'ayant, précisément, rien à chercher. Depuis le Web, c'est devenu si facile de combler ses désirs que le plus compliqué est d'en trouver de nouveaux. Des disques que vous aviez oublié qui ressurgissent dans votre mémoire et sur lesquels vous aimeriez bien remettre la main. Pas plus tard qu'hier, je me disais que ce serait bien de retomber sur l'album de Coati Mundi de1983 sur lequel je me souvenais avoir adoré un morceau plutôt curieux au milieu du reste, c'est à dire des trucs à la Kid Creole, Coati Mundi étant le percussioniste dudit Kid Creole. J'aurais mis des mois à le retrouver dans une solderie, voire des années. J'ai mis deux minutes à le retrouver sur le Net, ravi de retrouver Prisonner of my principles peu ou prou comme je l'avais laissé.
Le mieux, c'est évidemment d'arriver avec une liste. Quand vous n'avez pas de liste, vous finissez par vous noyer dans cet océan de CD, papillonnant mais ne vous arrêtant pas vraiment. Or c'est bien plus simple de s'arrêter quand on papillonne sur Internet. Ca peut paraître paradoxal tant les possibilités offertes par le Web démultiplient les choix d'un seul pauvre et petit (aussi grand soit-il) disquaire. Mais ces choix ne vous arrivent pas tous ensemble à travers la gueule contrairement à l'impression que vous pouvez avoir chez le disquaire. Il y a plus de choix, certes, mais il arrive par l'univers policé de quelques pages où seulement quelques uns sont possibles. A vous d'effectuer la ballade que vous désirerez faire à partir de ces possibilités initiales. Et le facteur temps n'existe plus ; pour revenir à Amoeba records, je savais que je n'avais que deux heures avant que mon copain revienne. Je peux avoir moins de temps sur le Web, mais je peux y revenir quand je le veux. Je ne veux pas avoir l'air de dénigrer les disquaires où j'ai passé de longues heures et continue à le faire parfois ; il y a, par exemple, un excellent disquaire à Princeton où j'adore me rendre mais peut-être, précisément, parce qu'il est plus petit et permet de me laisser croire que je peux en faire le tour complet, en explorer toutes les possibilités (ce qui est illusoire mais bon). Enfin, toujours est-il qu'après ma petite escapade à Los Angeles, je me suis dit que j'en avais fini avec ce qui s'apparente, parfois, à de la boulimie. Un truc à voir, pensais-je alors fugitivement, avec le temps qui passe, avec le fait d'avoir grandi, de ne plus se comporter en grand enfant. Et puis, dimanche, me voici sur le Web, papillonnant donc. Je crois que j'ai oublié de préciser un avantage incontestable de la toile sur le disquaire : on peut y écouter les disques. Je veux dire on peut TOUS les écouter. En cela, ça me rappelle le bon temps des radios libres et au-delà, le temps où les maisons de disques envoyaient toutes leurs nouveautés aux radios. On ouvrait les paquets comme, chaque jour, un nouveau cadeau de Noël avec les mêmes anticipations, les mêmes déceptions souvent, et les mêmes joies parfois. J'évoque des souvenirs, or c'est précisément pour ne pas systématiquement les évoquer ici que j'étais parti sur le Web dans l'espoir de trouver quelques nouveautés à poster dans ces pages ; mon voeu a été exaucé bien au-delà de mes espérances. J'y trouvais par exemple ce petit morceau électro entêtant du londonien Tourist aussitôt téléchargé.
Un morceau qui n'est pas sans me rappeler cette approche un peu si ce n'est conceptuelle, disons intelligente de faire de la dance music electro partagée par ses compatriotes de Disclosure ou Alunageorge l'année dernière. Disclosure et Alunageorge, deux duos qui après des singles impeccables, font naître tous les espoirs pour leur premier album prévu cette année, et qui comblent les rêves de tous les bloggeurs du monde entier en s'associant et White noise répond à toutes les attentes que suscitait cette collaboration.
Je tombais sous le charme du remix par Flume du titre Higher de Ta-Ku, aux sonorités clairement hip hop mais qui met de si bonne humeur qu'il m'était difficile là encore de ne pas le télécharger.
Et même si l'humeur est plus sombre sur ce remix du Skyfall d'Adele, un peu comme si la chanteuse avait quitté le devant de la scène où elle incarne une Shirley Bassey des temps modernes pour gagner les backrooms, le remix signé Soul Circuit est si réussi qu'il eut été dommage de m'en priver (d'autant qu'il est comme les autres en téléchargement gratuit).
Après il y a eu un autre titre, puis un autre, puis encore un autre, et un autre, et un autre... Et j'arrivais à vingt cinq nouveaux titres dans ma discothèque. Une nouvelle crise de boulimie. Une preuve tangible que ma crise d'adolescence n'est pas totalement passée. Car voyez-vous, ce que je désignerais globalement de pop music a ce pouvoir de faire ressortir mes boutons d'acné (c'est heureusement, enfin je l'espère, une image). Une bonne pop song peut me faire perdre toute mesure, un truc précisément adulte que je ne peux pas avoir si j'ai dix sept ans. C'est précisément l'âge de Chlöe Howl. Oui, avec des trémas sur le "o" parce qu'on se démarque comme on peut quand on a dix sept ans. J'ai lu quelque part que Chlöe Howl était l'une des premières (et sans doute pas la dernière) tentatives par une maison de disque de trouver une nouvelle Adèle. Mais une Adèle, avec qui elle partage, si ce n'est la voix, du moins des intonations, qui écouterait Lilly Allen et Foster The People en boucle ; sa chanson reprend, limite plagiat, tout le monde le dit et tout le monde a raison, le gimmick de Pumped up kicks. Bref, c'est pas d'une originalité folle, c'est léger, ce n'est pas l'oeuvre du siècle. Je sais tout ça. Mais malgré tout ça, malgré les vingt quatre autres titres téléchargés et les autres, je suis en boucle totale sur No strings. Je ne peux plus m'en passer. Peut-être que ça s'arrêtera quand tout le monde écoutera (ce que je lui souhaite) Chlöe Howl et que, du coup, sa chanson aura fini de m'entraîner aussi haut qu'une bulle. De champagne, de savon et qui fera "pop!" quand elle éclatera comme un bouton d'acné. Peut-être qu'un jour, qui sait, je n'aurais plus dix sept ans. Ou, du moins, j'aurais fini d'y croire.
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mardi 29 janvier 2013
mardi 8 janvier 2013
2012 de A à Z (en terminant de B à A)
Ceci est le dernier (ouf!) post d'une série qui a démarré ici, puis là, puis ici, puis là, puis ici, puis là.
Paul Buchanan Mid air
Paul Buchanan est le chanteur du Blue Nile, groupe cultissime dont j'avais parlé ici. Mid Air est aussi le nom de son premier album solo sorti l'année dernière et qui ne fait rien d'autre que prolonger la formule déjà trouvée avec son groupe. On y retrouve sa voix intense ("la plus belle voix masculine que je connaisse" avait déclaré Peter Gabriel justifiant son choix pour le projet Ovo) et cette large part accordée au(x) silence(s) qui hante sa musique. A ce sujet, je vous conseille la chronique de l'album par les Inrockuptibles qui explique l'importance du bonhomme, de sa musique et donc, de cet album.
Brodka Dancing Shoes
Découverte alors que je cherchais des artistes polonais pour un ami lecteur, cette petite sucrerie pop s'est incrustée dans un coin de mon crane qu'elle n'a pas quitté depuis. Miss (Monika) Brodka pourrait bientôt voir son auditoire élargi, le single de cette starlette en son pays sortant dans le reste du monde (via ce remix, pas mal aussi mais nettement plus dance, de ses compatriotes de Kamp!).
Peter Broderick It starts here
J'ai déjà dit ici tout le bien que je pensais de Peter Broderick et de cet album en particulier, album ô combien particulier puisqu'il est aussi un site internet, œuvre d'un multi-instrumentiste artisan/artiste totalement à part dans le paysage musical. Fortement conseillé. Au cas où vous n'auriez pas cliqué sur le lien amenant à son site, le refrain de cette chanson vous indique le chemin soit : "http:(calling)//(slash slash)www.(dot)itstartshear.(dot)com"
Breton Jostle
C'est à ma soeur que je dois de m'être intéressé à Breton. Pas à l'album, Other people's problems, pas mal mais dont je ne ferais pas des folies, mais bien plus à ce morceau qui lui filait une pêche pas possible. Merci ma soeur donc car c'est vrai que cette chanson et son gimmick qui court tout du long et semble joué au kazoo ne peut que vous entraîner, au minimum, à sautiller, au mieux, à sauter en l'air jusqu'à plus soif.
Mathieu Boogaerts Avant que je m'ennuie
Déjà abordé dans cette page, l'énigme Mathieu Boogaerts consiste à pondre grosso modo la même musique qu'à ses débuts il y a presque vingt ans et de s'inscrire pourtant totalement dans son époque. Seule différence, il a peut-être d'avantage encore déshabillé (au sens propre dans son clip) sa musique pour en livrer la quintessence et l'un des (le?) meilleurs albums français de l'année.
Bondax Wet summer
Duo anglais électronique dans l'air du temps, Bondax gagne à être connu et ne tardera sans doute pas à l'être quand ils sortiront leur premier album. Jusqu'à présent, il n'y a eu que des singles comme ce magnifique, calme, charnel, ensoleillé, mais hélas trop court Wet Summer
Sarah Blasko Fool
Ca fait déjà un petit moment que je suis cette Australienne, star en son pays dont elle peine, hélas, à dépasser les frontières. A vrai dire, Sarah Blasko est arrivé sur le fil dans ce classement. Son nouvel album I awake ne révèle en effet sa très belle écriture très classique qu'avec le temps mais il mérite vraiment qu'on le lui consacre (le temps) tant il révèle de beautés à l'arrivée.
Bear in Heaven Sinful nature
Plein de réminiscences new wave voire cold wave, l'album de Bear in Heaven, I love you, it's cool plaira à tous ceux qui aiment les sonorités eighties. Premier single, Sinful nature est d'autant plus cool qu'il est en téléchargement gratuit ci-dessous.
Beacon Feeling's gone
Des synthé rêveurs, une voix évanescente, il ne m'en fallait pas plus pour espérer beaucoup de ce quartet de Brooklyn. For now, leur EP n'a pas répondu à toutes les attentes que suscitait Feeling's gone. For now, pour l'instant donc ; j'attends l'album pour me prononcer et garde cette chanson au nombre des plus jolies douceurs synthétiques livrées l'année dernière.
Bat for Lashes Laura
Encore une qui s'est déshabillée totalement en 2012. Pas seulement sur la pochette de son album dont j'ai déjà parlé ici, mais au sens figuré puisqu'elle a livré les chansons de son troisième album, The haunted man, sans les précieux arrangements dont elle ornait, jusqu'à présent, sa production. Son album le plus commercial pour les uns, le plus réussi, en ce qui me concerne. Quant à Laura, si vous n'avez pas les poils quand vous l'écoutez, votre cas, pour moi, est désespéré.
Paul Banks The base
Premier album solo de Paul Banks, le chanteur d'Interpol, sous son nom (il en avait déjà sorti un il y a trois ans sous un pseudo), Banks est plutôt bien fichu et plaira à tous les amateurs d'Interpol. C'est d'ailleurs ma principale réserve concernant cette album et plus particulièrement The base, pour laquelle j'affiche une nette préférence : pourquoi livrer ça en solo quand c'est précisément exactement la même chose qu'il fait (très bien) avec son groupe ? J'aurais l'occasion d'y revenir. En attendant on peut aussi télécharger The base ici.
AlunaGeorge You know you like it
AlunaGeorge vient de rater de peu le Sound of 2013, décerné chaque année par les auditeurs de la BBC, au groupe leur semblant le plus prometteur pour l'année à venir. Ils sont arrivés deuxième. Je les aurais mis à la première place tant il est clair qu'AlunaGeorge, duo londonien à la dance inspirée, va faire parler de lui en 2013 quand ils sortiront leur premier album. Clair à l'écoute de leurs premiers single comme Your drums, your love, élu deuxième (encore n°2!) chanson de l'année pour les Inrockuptibles et auquel je préfère le plus enjoué You know you like it. Yes I do.
Alt-J Δ Dissolve me
Et le meilleur pour la fin, ce qui, d'une part, ne surprendra pas ceux qui ont déjà lu ceci ou simplement ceux qui s'intéressent à la musique (l'album d'Alt J est dans TOUS les classements de fin d'année), et, d'autre part, n'est du qu'au hasard d'un classement alphabétique inversé. Mais le hasard fait bien les choses. An awesome wave s'inscrit au panthéon des grands albums rock en donnant une impression de familiarité à une formule qui fait pourtant largement avancer le schmilblik par rapport à ses camarades de promo. En cela Alt J poursuit des chemins empruntés par Radiohead, Grizzly Bear, Sigur Ros et quelques autres qui œuvrent au service d'une musique savante mais jamais chiante dans laquelle on rentre avec la plus grande facilité, et dont ils sont les seuls détenteurs de la formule. D'ailleurs en tapant alt J sur un Mac, on obtient donc Δ, pyramide dont, j'espère, on n'a pas fini de découvrir tous les secrets, le plus dur, étant, comme on le sait de donner une suite à ce genre d'album, surtout quant il s'agit du premier.
Paul Buchanan Mid air
Paul Buchanan est le chanteur du Blue Nile, groupe cultissime dont j'avais parlé ici. Mid Air est aussi le nom de son premier album solo sorti l'année dernière et qui ne fait rien d'autre que prolonger la formule déjà trouvée avec son groupe. On y retrouve sa voix intense ("la plus belle voix masculine que je connaisse" avait déclaré Peter Gabriel justifiant son choix pour le projet Ovo) et cette large part accordée au(x) silence(s) qui hante sa musique. A ce sujet, je vous conseille la chronique de l'album par les Inrockuptibles qui explique l'importance du bonhomme, de sa musique et donc, de cet album.
Brodka Dancing Shoes
Découverte alors que je cherchais des artistes polonais pour un ami lecteur, cette petite sucrerie pop s'est incrustée dans un coin de mon crane qu'elle n'a pas quitté depuis. Miss (Monika) Brodka pourrait bientôt voir son auditoire élargi, le single de cette starlette en son pays sortant dans le reste du monde (via ce remix, pas mal aussi mais nettement plus dance, de ses compatriotes de Kamp!).
Peter Broderick It starts here
J'ai déjà dit ici tout le bien que je pensais de Peter Broderick et de cet album en particulier, album ô combien particulier puisqu'il est aussi un site internet, œuvre d'un multi-instrumentiste artisan/artiste totalement à part dans le paysage musical. Fortement conseillé. Au cas où vous n'auriez pas cliqué sur le lien amenant à son site, le refrain de cette chanson vous indique le chemin soit : "http:(calling)//(slash slash)www.(dot)itstartshear.(dot)com"
Breton Jostle
C'est à ma soeur que je dois de m'être intéressé à Breton. Pas à l'album, Other people's problems, pas mal mais dont je ne ferais pas des folies, mais bien plus à ce morceau qui lui filait une pêche pas possible. Merci ma soeur donc car c'est vrai que cette chanson et son gimmick qui court tout du long et semble joué au kazoo ne peut que vous entraîner, au minimum, à sautiller, au mieux, à sauter en l'air jusqu'à plus soif.
Mathieu Boogaerts Avant que je m'ennuie
Déjà abordé dans cette page, l'énigme Mathieu Boogaerts consiste à pondre grosso modo la même musique qu'à ses débuts il y a presque vingt ans et de s'inscrire pourtant totalement dans son époque. Seule différence, il a peut-être d'avantage encore déshabillé (au sens propre dans son clip) sa musique pour en livrer la quintessence et l'un des (le?) meilleurs albums français de l'année.
Bondax Wet summer
Duo anglais électronique dans l'air du temps, Bondax gagne à être connu et ne tardera sans doute pas à l'être quand ils sortiront leur premier album. Jusqu'à présent, il n'y a eu que des singles comme ce magnifique, calme, charnel, ensoleillé, mais hélas trop court Wet Summer
Sarah Blasko Fool
Ca fait déjà un petit moment que je suis cette Australienne, star en son pays dont elle peine, hélas, à dépasser les frontières. A vrai dire, Sarah Blasko est arrivé sur le fil dans ce classement. Son nouvel album I awake ne révèle en effet sa très belle écriture très classique qu'avec le temps mais il mérite vraiment qu'on le lui consacre (le temps) tant il révèle de beautés à l'arrivée.
Bear in Heaven Sinful nature
Plein de réminiscences new wave voire cold wave, l'album de Bear in Heaven, I love you, it's cool plaira à tous ceux qui aiment les sonorités eighties. Premier single, Sinful nature est d'autant plus cool qu'il est en téléchargement gratuit ci-dessous.
Beacon Feeling's gone
Des synthé rêveurs, une voix évanescente, il ne m'en fallait pas plus pour espérer beaucoup de ce quartet de Brooklyn. For now, leur EP n'a pas répondu à toutes les attentes que suscitait Feeling's gone. For now, pour l'instant donc ; j'attends l'album pour me prononcer et garde cette chanson au nombre des plus jolies douceurs synthétiques livrées l'année dernière.
Bat for Lashes Laura
Encore une qui s'est déshabillée totalement en 2012. Pas seulement sur la pochette de son album dont j'ai déjà parlé ici, mais au sens figuré puisqu'elle a livré les chansons de son troisième album, The haunted man, sans les précieux arrangements dont elle ornait, jusqu'à présent, sa production. Son album le plus commercial pour les uns, le plus réussi, en ce qui me concerne. Quant à Laura, si vous n'avez pas les poils quand vous l'écoutez, votre cas, pour moi, est désespéré.
Paul Banks The base
Premier album solo de Paul Banks, le chanteur d'Interpol, sous son nom (il en avait déjà sorti un il y a trois ans sous un pseudo), Banks est plutôt bien fichu et plaira à tous les amateurs d'Interpol. C'est d'ailleurs ma principale réserve concernant cette album et plus particulièrement The base, pour laquelle j'affiche une nette préférence : pourquoi livrer ça en solo quand c'est précisément exactement la même chose qu'il fait (très bien) avec son groupe ? J'aurais l'occasion d'y revenir. En attendant on peut aussi télécharger The base ici.
AlunaGeorge You know you like it
AlunaGeorge vient de rater de peu le Sound of 2013, décerné chaque année par les auditeurs de la BBC, au groupe leur semblant le plus prometteur pour l'année à venir. Ils sont arrivés deuxième. Je les aurais mis à la première place tant il est clair qu'AlunaGeorge, duo londonien à la dance inspirée, va faire parler de lui en 2013 quand ils sortiront leur premier album. Clair à l'écoute de leurs premiers single comme Your drums, your love, élu deuxième (encore n°2!) chanson de l'année pour les Inrockuptibles et auquel je préfère le plus enjoué You know you like it. Yes I do.
Alt-J Δ Dissolve me
Et le meilleur pour la fin, ce qui, d'une part, ne surprendra pas ceux qui ont déjà lu ceci ou simplement ceux qui s'intéressent à la musique (l'album d'Alt J est dans TOUS les classements de fin d'année), et, d'autre part, n'est du qu'au hasard d'un classement alphabétique inversé. Mais le hasard fait bien les choses. An awesome wave s'inscrit au panthéon des grands albums rock en donnant une impression de familiarité à une formule qui fait pourtant largement avancer le schmilblik par rapport à ses camarades de promo. En cela Alt J poursuit des chemins empruntés par Radiohead, Grizzly Bear, Sigur Ros et quelques autres qui œuvrent au service d'une musique savante mais jamais chiante dans laquelle on rentre avec la plus grande facilité, et dont ils sont les seuls détenteurs de la formule. D'ailleurs en tapant alt J sur un Mac, on obtient donc Δ, pyramide dont, j'espère, on n'a pas fini de découvrir tous les secrets, le plus dur, étant, comme on le sait de donner une suite à ce genre d'album, surtout quant il s'agit du premier.
lundi 1 octobre 2012
Masculin / Féminin
Après avoir quelque peu alourdi l'atmosphère ici, j'avais aujourd'hui envie d'être (beaucoup) plus léger. Et de me décider à vous parler de la chanson de "pouf", dont j'ai fait une catégorie de ma discothèque même si j'ai déjà dit ici tout le mal que je pensais des catégories mais bon, on n'est pas à une contradiction près, hein ? Pouf ne correspond pas à ce gros coussin sur lequel vous pouvez vous assoir car il va être question de danser. Non, Pouf, très gentiment (si, si, je vous assure qu'en l'occurence, c'est très gentiment) est un diminutif personnel de pouffiasse soit, selon le Robert, une "femme, fille que l'on trouve vulgaire ou ridicule". Ou les deux, serais-je tenté de rajouter. La chanson de pouf, c'est celle qui va faire se lever sur la piste de danse toutes les femmes/filles, avec sans doute un petit verre dans le nez mais pas encore tout à fait saoules, avec l'irrésistible envie de dandiner du popotin. A l'inverse du hard, musique qu'on présente, comme une musique testostéronée (une musique couillue, si vous préférez, mais ça revient au même), la chanson de pouf est une musique "oestrogénée". Evidemment, la chanson de pouf est mineur ; mais même dans un registre mineur, elle peut engendrer des chefs d'oeuvre, comme le Can't get you out of my head de Kylie Minogue, maître étalon, si vous voulez mon avis de la chanson de pouf.
La chanson de pouf a un côté gnangnan et ce doit être pour ça que, depuis la création de cette chanson, on parle de Kylie Minogue et de ses "na na na" alors que, après une longue étude sur la question, Kylie Minogue fait "la la la", ce qui, vous en conviendrez, n'est pas vraiment pareil, et nous éloigne du sujet, j'en conviens mais pas tout à fait. La chanson de pouf, pour accrocher, doit contenir l'un de ces hooks (un crochet, précisément, en anglais) qui sont à la base de l'essentiel de ce qui est diffusé sur les radios formatés de nos jours. Un vrai hameçon pour ferrer l'auditeur. Le hook, c'est souvent un "na na na" ou un "wo wo wo", mais tout autre onomatopée fait l'affaire du moment qu'elle devient rythmique ou mélodique. D'ailleurs, le hook n'est pas seulement chanté, il peut simplement être mélodique, c'est le cas du "toup toup toup" synthétique qu'on entend dès le début et presque tout du long du Dove de Moony, une de mes chansons de pouf favorites.
Vous aurez remarqué que la chanson de pouf est systématiquement chantée par une fille. Elles s'adressent aux filles, leur faisant soudain croire qu'elles sont entre elles, ce qui est presque vrai car jetez ces chansons sur le dancefloor (leur élément) et vous verrez sans doute peu de garçons s'y presser. Mais peu ne veut pas dire pas du tout. Oublions le garçon qui a voulu faire plaisir à sa copine et est allé danser sur la chanson préférée de celle-ci ; passons au reste des garçons. Pour danser, et surtout danser là-dessus, il faut clairement assumer sa part féminine. Or, donc, cette musique s'adresse aussi aux gays. Je ne suis pas en train de faire des gays dans leur ensemble (mettre un label sur des personnes, c'est un peu comme catégoriser la musique, si vous voyez ce que je veux dire) une bande de grandes folles. Mais contrairement à l'hétéro de base tendance gros beauf, le gay laissera volontiers vibrer cette corde qui correspond à sa part féminine (entendu que nous avons TOUS une part masculine ET féminine). Attention, mesdames et mesdemoiselles, le métrosexuel se dissimule sous la même enveloppe mais c'est pour mieux vous appater, le métrosexuel n'étant qu'un gros dragueur ayant remarqué comme les gays sont systématiquement entourés de femmes (ou le contraire). Je dis tout ça d'autant plus volontiers qu'évidemment, je suis gay. Et bien plus à mon aise entourée de filles que de garçons. Et cette identité là, tout comme mon environnement, mon histoire, fait de moi, aussi, l'auditeur que je suis. Franchement, si je n'avais pas été gay, aurais-je été aussi sensible au Believe de Cher ?
Tout ça pour en arriver à un constat, la musique, à l'instar de ses interprètes, à l'instar de vous et moi, a, elle aussi, sa part masculine et sa part féminine, la chanson de pouf étant à 100% féminine. Je ne peux pas dire tout à fait la même chose d'AlunaGeorge, puisque comme le nom de ce duo londonien l'indique, la belle Aluna Francis est accompagnée du musicien George Reid, et donc on n'est pas tout à fait entre filles, d'autant que George, passionné de machines, est un grand fan de Radiohead, du rock plus masculin que féminin me semble-t-il. Mais George est galant homme et sait se retirer quand sa musique est toute à la gloire d'Aluna, comme dans ce You know you like it, où Aluna apparaît démultipliée.
Ca a les codes de la chanson de pouf, le goût de la chanson de pouf, la couleur de la chanson de pouf (d'ailleurs quand j'ai posté la chanson sur Facebook, le nombre de "like" féminins était étonnant) mais s'en dégage quand même une classe qui n'est pas tout à fait compatible avec la chanson de pouf (d'où quelques "like", quand même, d'auditeurs mélomanes que je ne peux soupçonner, un seul instant d'être des homosexuels encore au placard). La classe, ça ne va pas avec la chanson de pouf, la vulgarité, je vous le rappelle, faisant indéniablement partie du registre (et relisez tout ça, si vous n'avez pas encore compris). Voilà pourquoi on attendra avec impatience le premier album d'AlunaGeorge prévu pour 2013 alors qu'on se tape de savoir ce que devient Cher.
La chanson de pouf a un côté gnangnan et ce doit être pour ça que, depuis la création de cette chanson, on parle de Kylie Minogue et de ses "na na na" alors que, après une longue étude sur la question, Kylie Minogue fait "la la la", ce qui, vous en conviendrez, n'est pas vraiment pareil, et nous éloigne du sujet, j'en conviens mais pas tout à fait. La chanson de pouf, pour accrocher, doit contenir l'un de ces hooks (un crochet, précisément, en anglais) qui sont à la base de l'essentiel de ce qui est diffusé sur les radios formatés de nos jours. Un vrai hameçon pour ferrer l'auditeur. Le hook, c'est souvent un "na na na" ou un "wo wo wo", mais tout autre onomatopée fait l'affaire du moment qu'elle devient rythmique ou mélodique. D'ailleurs, le hook n'est pas seulement chanté, il peut simplement être mélodique, c'est le cas du "toup toup toup" synthétique qu'on entend dès le début et presque tout du long du Dove de Moony, une de mes chansons de pouf favorites.
Vous aurez remarqué que la chanson de pouf est systématiquement chantée par une fille. Elles s'adressent aux filles, leur faisant soudain croire qu'elles sont entre elles, ce qui est presque vrai car jetez ces chansons sur le dancefloor (leur élément) et vous verrez sans doute peu de garçons s'y presser. Mais peu ne veut pas dire pas du tout. Oublions le garçon qui a voulu faire plaisir à sa copine et est allé danser sur la chanson préférée de celle-ci ; passons au reste des garçons. Pour danser, et surtout danser là-dessus, il faut clairement assumer sa part féminine. Or, donc, cette musique s'adresse aussi aux gays. Je ne suis pas en train de faire des gays dans leur ensemble (mettre un label sur des personnes, c'est un peu comme catégoriser la musique, si vous voyez ce que je veux dire) une bande de grandes folles. Mais contrairement à l'hétéro de base tendance gros beauf, le gay laissera volontiers vibrer cette corde qui correspond à sa part féminine (entendu que nous avons TOUS une part masculine ET féminine). Attention, mesdames et mesdemoiselles, le métrosexuel se dissimule sous la même enveloppe mais c'est pour mieux vous appater, le métrosexuel n'étant qu'un gros dragueur ayant remarqué comme les gays sont systématiquement entourés de femmes (ou le contraire). Je dis tout ça d'autant plus volontiers qu'évidemment, je suis gay. Et bien plus à mon aise entourée de filles que de garçons. Et cette identité là, tout comme mon environnement, mon histoire, fait de moi, aussi, l'auditeur que je suis. Franchement, si je n'avais pas été gay, aurais-je été aussi sensible au Believe de Cher ?
Tout ça pour en arriver à un constat, la musique, à l'instar de ses interprètes, à l'instar de vous et moi, a, elle aussi, sa part masculine et sa part féminine, la chanson de pouf étant à 100% féminine. Je ne peux pas dire tout à fait la même chose d'AlunaGeorge, puisque comme le nom de ce duo londonien l'indique, la belle Aluna Francis est accompagnée du musicien George Reid, et donc on n'est pas tout à fait entre filles, d'autant que George, passionné de machines, est un grand fan de Radiohead, du rock plus masculin que féminin me semble-t-il. Mais George est galant homme et sait se retirer quand sa musique est toute à la gloire d'Aluna, comme dans ce You know you like it, où Aluna apparaît démultipliée.
Ca a les codes de la chanson de pouf, le goût de la chanson de pouf, la couleur de la chanson de pouf (d'ailleurs quand j'ai posté la chanson sur Facebook, le nombre de "like" féminins était étonnant) mais s'en dégage quand même une classe qui n'est pas tout à fait compatible avec la chanson de pouf (d'où quelques "like", quand même, d'auditeurs mélomanes que je ne peux soupçonner, un seul instant d'être des homosexuels encore au placard). La classe, ça ne va pas avec la chanson de pouf, la vulgarité, je vous le rappelle, faisant indéniablement partie du registre (et relisez tout ça, si vous n'avez pas encore compris). Voilà pourquoi on attendra avec impatience le premier album d'AlunaGeorge prévu pour 2013 alors qu'on se tape de savoir ce que devient Cher.
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