Il m'est arrivé un drôle de truc lors de mon récent voyage aux Etats Unis. Nous étions à Los Angeles quand mon copain, voulant me faire plaisir, m'abandonne (parce qu'il n'est pas aussi fan que moi et s'ennuie vite dans un magasin de disques) chez Amoeba Records. Amoeba doit être l'un des plus grands disquaires que j'ai visité même si la photo suivante ne rend pas forcément les dimensions dantesques du lieu.
Me voici donc dans ce qui pourrait être le paradis de n'importe quel amateur de musiques. Et c'eut été mon paradis si j'y étais allé quelques années plus tôt, c'est à dire avant la dématérialisation du support. Or, m'y voici totalement désorienté. Je passe d'un rayon à l'autre mais ne cherche vraiment rien, n'ayant, précisément, rien à chercher. Depuis le Web, c'est devenu si facile de combler ses désirs que le plus compliqué est d'en trouver de nouveaux. Des disques que vous aviez oublié qui ressurgissent dans votre mémoire et sur lesquels vous aimeriez bien remettre la main. Pas plus tard qu'hier, je me disais que ce serait bien de retomber sur l'album de Coati Mundi de1983 sur lequel je me souvenais avoir adoré un morceau plutôt curieux au milieu du reste, c'est à dire des trucs à la Kid Creole, Coati Mundi étant le percussioniste dudit Kid Creole. J'aurais mis des mois à le retrouver dans une solderie, voire des années. J'ai mis deux minutes à le retrouver sur le Net, ravi de retrouver Prisonner of my principles peu ou prou comme je l'avais laissé.
Le mieux, c'est évidemment d'arriver avec une liste. Quand vous n'avez pas de liste, vous finissez par vous noyer dans cet océan de CD, papillonnant mais ne vous arrêtant pas vraiment. Or c'est bien plus simple de s'arrêter quand on papillonne sur Internet. Ca peut paraître paradoxal tant les possibilités offertes par le Web démultiplient les choix d'un seul pauvre et petit (aussi grand soit-il) disquaire. Mais ces choix ne vous arrivent pas tous ensemble à travers la gueule contrairement à l'impression que vous pouvez avoir chez le disquaire. Il y a plus de choix, certes, mais il arrive par l'univers policé de quelques pages où seulement quelques uns sont possibles. A vous d'effectuer la ballade que vous désirerez faire à partir de ces possibilités initiales. Et le facteur temps n'existe plus ; pour revenir à Amoeba records, je savais que je n'avais que deux heures avant que mon copain revienne. Je peux avoir moins de temps sur le Web, mais je peux y revenir quand je le veux. Je ne veux pas avoir l'air de dénigrer les disquaires où j'ai passé de longues heures et continue à le faire parfois ; il y a, par exemple, un excellent disquaire à Princeton où j'adore me rendre mais peut-être, précisément, parce qu'il est plus petit et permet de me laisser croire que je peux en faire le tour complet, en explorer toutes les possibilités (ce qui est illusoire mais bon). Enfin, toujours est-il qu'après ma petite escapade à Los Angeles, je me suis dit que j'en avais fini avec ce qui s'apparente, parfois, à de la boulimie. Un truc à voir, pensais-je alors fugitivement, avec le temps qui passe, avec le fait d'avoir grandi, de ne plus se comporter en grand enfant. Et puis, dimanche, me voici sur le Web, papillonnant donc. Je crois que j'ai oublié de préciser un avantage incontestable de la toile sur le disquaire : on peut y écouter les disques. Je veux dire on peut TOUS les écouter. En cela, ça me rappelle le bon temps des radios libres et au-delà, le temps où les maisons de disques envoyaient toutes leurs nouveautés aux radios. On ouvrait les paquets comme, chaque jour, un nouveau cadeau de Noël avec les mêmes anticipations, les mêmes déceptions souvent, et les mêmes joies parfois. J'évoque des souvenirs, or c'est précisément pour ne pas systématiquement les évoquer ici que j'étais parti sur le Web dans l'espoir de trouver quelques nouveautés à poster dans ces pages ; mon voeu a été exaucé bien au-delà de mes espérances. J'y trouvais par exemple ce petit morceau électro entêtant du londonien Tourist aussitôt téléchargé.
Un morceau qui n'est pas sans me rappeler cette approche un peu si ce n'est conceptuelle, disons intelligente de faire de la dance music electro partagée par ses compatriotes de Disclosure ou Alunageorge l'année dernière. Disclosure et Alunageorge, deux duos qui après des singles impeccables, font naître tous les espoirs pour leur premier album prévu cette année, et qui comblent les rêves de tous les bloggeurs du monde entier en s'associant et White noise répond à toutes les attentes que suscitait cette collaboration.
Je tombais sous le charme du remix par Flume du titre Higher de Ta-Ku, aux sonorités clairement hip hop mais qui met de si bonne humeur qu'il m'était difficile là encore de ne pas le télécharger.
Et même si l'humeur est plus sombre sur ce remix du Skyfall d'Adele, un peu comme si la chanteuse avait quitté le devant de la scène où elle incarne une Shirley Bassey des temps modernes pour gagner les backrooms, le remix signé Soul Circuit est si réussi qu'il eut été dommage de m'en priver (d'autant qu'il est comme les autres en téléchargement gratuit).
Après il y a eu un autre titre, puis un autre, puis encore un autre, et un autre, et un autre... Et j'arrivais à vingt cinq nouveaux titres dans ma discothèque. Une nouvelle crise de boulimie. Une preuve tangible que ma crise d'adolescence n'est pas totalement passée. Car voyez-vous, ce que je désignerais globalement de pop music a ce pouvoir de faire ressortir mes boutons d'acné (c'est heureusement, enfin je l'espère, une image). Une bonne pop song peut me faire perdre toute mesure, un truc précisément adulte que je ne peux pas avoir si j'ai dix sept ans. C'est précisément l'âge de Chlöe Howl. Oui, avec des trémas sur le "o" parce qu'on se démarque comme on peut quand on a dix sept ans. J'ai lu quelque part que Chlöe Howl était l'une des premières (et sans doute pas la dernière) tentatives par une maison de disque de trouver une nouvelle Adèle. Mais une Adèle, avec qui elle partage, si ce n'est la voix, du moins des intonations, qui écouterait Lilly Allen et Foster The People en boucle ; sa chanson reprend, limite plagiat, tout le monde le dit et tout le monde a raison, le gimmick de Pumped up kicks. Bref, c'est pas d'une originalité folle, c'est léger, ce n'est pas l'oeuvre du siècle. Je sais tout ça. Mais malgré tout ça, malgré les vingt quatre autres titres téléchargés et les autres, je suis en boucle totale sur No strings. Je ne peux plus m'en passer. Peut-être que ça s'arrêtera quand tout le monde écoutera (ce que je lui souhaite) Chlöe Howl et que, du coup, sa chanson aura fini de m'entraîner aussi haut qu'une bulle. De champagne, de savon et qui fera "pop!" quand elle éclatera comme un bouton d'acné. Peut-être qu'un jour, qui sait, je n'aurais plus dix sept ans. Ou, du moins, j'aurais fini d'y croire.
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mardi 29 janvier 2013
mardi 2 octobre 2012
Reprise
Ceci n'est sans doute que le premier post d'une longue série tant, comme d'autres mélomanes, je suis fasciné par les reprises, rangées sous la seule appellation "cover" dans ma discothèque. Attention, pour être étiquetée "cover", il faut bien sûr que l'original soit identifiable sous ses nouveaux atours ; je veux dire par là que si un artiste enregistre une version d'une chanson qu'on ne connaît pas, on aura bien du mal à l'étiqueter "reprise". Ce sera la nouvelle chanson de Truc et non pas la chanson de Machin reprise par Truc. Remplaçons les Machin et Truc pour que tout cela vous parle d'avantage : en 1981, un duo anglais a la bonne (ou mauvaise - ça dépend de quel point de vue on se place) idée de reprendre la face B d'un single sorti en 1964, single qui n'était rentré dans les charts ni en Grande Bretagne, ni aux Etats Unis, signé d'une certaine Gloria Jones, dont l'heure de gloire n'allait arriver qu'une décennie plus tard, et encore, par personne interposée, puisqu'elle fut la petite amie de Marc Bolan de T-Rex jusqu'à sa mort en 1977. Récemment, au cours d'une lecture aléatoire de ma discothèque, mon copain a découvert la chanson, ignorant qu'il s'agissait de l'original et pensant, comme beaucoup sans doute, qu'il s'agissait d'une reprise. Dans l'ordre, ci-dessous, on trouve donc, pour ceux qui ne le savent pas encore, l'original de Gloria Jones, PUIS la reprise, et non le contraire.
A part le clip (sic ou sick à l'anglaise d'ailleurs), ce que je trouve très triste concernant Soft Cell (et c'est là où reprendre un morceau inconnu n'était peut-être pas une si bonne idée que ça), c'est que tout le monde, je dis bien TOUT LE MONDE les prend pour les créateurs de Tainted love. Leur chanson la plus connue, voire leur seule chanson connue (en tout cas, dans le monde), c'est Tainted love au point où, quand on la voit chanter à la Nouvelle Star ou The Voice, personne ne s'étonne de voir inscrit leur nom à côté de la chanson. Le problème, outre que les droits d'auteur ne sont pas allés dans leurs poches mais dans celles d'Ed Cobb, c'est que Tainted love a totalement éclipsé le reste de la carrière de Soft Cell et leurs talents (à Marc Almond, le chanteur, comme à Dave Ball, son comparse aux claviers) pourtant immenses d'auteur/compositeur. Soft Cell reste pour moi l'un des très, très grand groupe des années 80, voire le meilleur. Et c'est pourquoi, je suis très reconnaissant à David Gray, d'avoir à son tour repris une chanson de Soft Cell sur son album White ladder, dans ce qui est l'une des techniques les plus communes de la reprise : le dépouillement. Prenez donc l'original, que je trouve déjà magnifique, mais que vous allez sans doute trouver daté avec ses claviers vintage, et cette façon très cabaret qu'avait Marc Almond de chanter qui, je le sais, peut en irriter plus d'un (sans compter qu'on dirait un peu Dustin Hoffman dans Tootsie, question look).
Maintenant donc, enlevez tout le décorum. Reprenez la substantifique moelle de la chanson, texte et mélodie, et, pour ça, vous n'aurez besoin que d'une guitare et d'une voix : celles de David Gray.
D'un seul coup, la chanson devient sublime. Oui mais non, vous répondrais-je, la chanson étant sublime à la base, pour moi. C'est peut-être ça d'ailleurs, le secret d'une reprise réussie : que l'artiste vous fasse découvrir la beauté d'une chanson, ou, tout du moins, la beauté qu'il y a découverte. Car je ne pense pas qu'on puisse reprendre une chanson sans en être fan à la base. Fan, mais pas trop, car après, vous risquez le sacrilège : toucher l'intouchable, la chanson parfaite. C'est du moins la théorie que j'avais sur la question jusqu'à ce que Théo Bleckmann, jazzman gay allemand installé à New York, commette "l'irréparable" : faire un album entier de chansons de Kate Bush dont j'ai déjà dit ici l'importance à mes yeux. Eh bien, même si je ne suis pas un grand amateur de jazz, je trouve l'album plutôt réussi et, mieux, la reprise de Running up that hill, monument de la dame, hautement recommandable dans la version de monsieur (on pourrait croire, à nouveau qu'il s'agit d'une version dépouillée mais à 4'30'', tout change).
Alors c'est quoi une bonne reprise ? Sans doute un truc qui fait vivre un peu les deux artistes en même temps, un truc où chacun peut trouver sa place, façon "moi, je chante et je fais les arrangements, toi, tu écris et tu composes". Un donnant donnant où la nostalgie du souvenir (l'original) le dispute à l'attrait de l'inconnu (la reprise), si vous voyez ce que je veux dire. Ou alors une séance réussie de relooking. Enfin, à vos yeux, évidemment. Bon, je sens qu'il faut encore que je m'explique ; vous avez tous vu une de ces émissions de relooking où l'on prend une personne mal fagotée, où on l'envoie chez le coiffeur, le maquilleur et le styliste, pour la redécouvrir, splendide à la fin. C'est la même personne mais c'est aussi une autre. Il arrive toutefois que vous ne soyez pas d'accord avec Cristina Cordula, et que, non, ma chérie, le résultat n'est pas "magnifaïk". Je sais très bien, par exemple, ce que certains d'entre vous penseront de la reprise de Rolling in the deep d'Adele par Mike Posner, présenté comme le nouveau Justin Timberlake. C'est un peu comme si on enlevait la belle robe de soirée noire d'une très belle dame soul pour lui mettre une mini jupe, des talons hauts et des trucs clinquants : et alors ? J'ai quand même le droit de la trouver plus fun comme ça, d'autant que Mike Posner a la bonne idée de sampler la voix d'Adele (il n'est pas à la hauteur, et il le sait très bien) pour les moments de bravoure de sa reprise.
Evidemment, tout cela a débuté par une reprise que j'ai entendue ces jours-ci et que je ne sais plus très bien comment amener à ce moment de la conversation si ce n'est, précisément, en disant qu'elle est à la base de cette conversation. Chet Faker est un Australien qui, outre le fait qu'il ait trouvé l'un des meilleurs noms de scène qu'il m'ait été de découvrir ces dernières année, a sorti un premier EP plutôt pas mal. Le problème, c'est que le meilleur morceau est une reprise du groupe Blackstreet dont je vous épargne l'original tant celui-ci est éloigné de ce que j'écoute d'habitude. Pas un mauvais morceau (Radio Nova en a fait un de ses classiques) mais morceau soul et rap, genres qui ne rencontrent chez moi qu'un écho limité. Chet Faker a agi sur la chanson avec une autre technique connue en matière de reprise : le décalage. Soit donc une chanson qui appartient à un univers et que l'on fait pénétrer dans un autre. Le sien en l'occurence. En espérant qu'en faisant pénétrer cet chanson dans son univers, elle ne finisse pas par bouffer tout l'espace de Chet Faker. Vu l'engouement qu'elle provoque sur le Web (et chez moi en particulier), c'est plutôt mal barré.
A part le clip (sic ou sick à l'anglaise d'ailleurs), ce que je trouve très triste concernant Soft Cell (et c'est là où reprendre un morceau inconnu n'était peut-être pas une si bonne idée que ça), c'est que tout le monde, je dis bien TOUT LE MONDE les prend pour les créateurs de Tainted love. Leur chanson la plus connue, voire leur seule chanson connue (en tout cas, dans le monde), c'est Tainted love au point où, quand on la voit chanter à la Nouvelle Star ou The Voice, personne ne s'étonne de voir inscrit leur nom à côté de la chanson. Le problème, outre que les droits d'auteur ne sont pas allés dans leurs poches mais dans celles d'Ed Cobb, c'est que Tainted love a totalement éclipsé le reste de la carrière de Soft Cell et leurs talents (à Marc Almond, le chanteur, comme à Dave Ball, son comparse aux claviers) pourtant immenses d'auteur/compositeur. Soft Cell reste pour moi l'un des très, très grand groupe des années 80, voire le meilleur. Et c'est pourquoi, je suis très reconnaissant à David Gray, d'avoir à son tour repris une chanson de Soft Cell sur son album White ladder, dans ce qui est l'une des techniques les plus communes de la reprise : le dépouillement. Prenez donc l'original, que je trouve déjà magnifique, mais que vous allez sans doute trouver daté avec ses claviers vintage, et cette façon très cabaret qu'avait Marc Almond de chanter qui, je le sais, peut en irriter plus d'un (sans compter qu'on dirait un peu Dustin Hoffman dans Tootsie, question look).
Maintenant donc, enlevez tout le décorum. Reprenez la substantifique moelle de la chanson, texte et mélodie, et, pour ça, vous n'aurez besoin que d'une guitare et d'une voix : celles de David Gray.
D'un seul coup, la chanson devient sublime. Oui mais non, vous répondrais-je, la chanson étant sublime à la base, pour moi. C'est peut-être ça d'ailleurs, le secret d'une reprise réussie : que l'artiste vous fasse découvrir la beauté d'une chanson, ou, tout du moins, la beauté qu'il y a découverte. Car je ne pense pas qu'on puisse reprendre une chanson sans en être fan à la base. Fan, mais pas trop, car après, vous risquez le sacrilège : toucher l'intouchable, la chanson parfaite. C'est du moins la théorie que j'avais sur la question jusqu'à ce que Théo Bleckmann, jazzman gay allemand installé à New York, commette "l'irréparable" : faire un album entier de chansons de Kate Bush dont j'ai déjà dit ici l'importance à mes yeux. Eh bien, même si je ne suis pas un grand amateur de jazz, je trouve l'album plutôt réussi et, mieux, la reprise de Running up that hill, monument de la dame, hautement recommandable dans la version de monsieur (on pourrait croire, à nouveau qu'il s'agit d'une version dépouillée mais à 4'30'', tout change).
Alors c'est quoi une bonne reprise ? Sans doute un truc qui fait vivre un peu les deux artistes en même temps, un truc où chacun peut trouver sa place, façon "moi, je chante et je fais les arrangements, toi, tu écris et tu composes". Un donnant donnant où la nostalgie du souvenir (l'original) le dispute à l'attrait de l'inconnu (la reprise), si vous voyez ce que je veux dire. Ou alors une séance réussie de relooking. Enfin, à vos yeux, évidemment. Bon, je sens qu'il faut encore que je m'explique ; vous avez tous vu une de ces émissions de relooking où l'on prend une personne mal fagotée, où on l'envoie chez le coiffeur, le maquilleur et le styliste, pour la redécouvrir, splendide à la fin. C'est la même personne mais c'est aussi une autre. Il arrive toutefois que vous ne soyez pas d'accord avec Cristina Cordula, et que, non, ma chérie, le résultat n'est pas "magnifaïk". Je sais très bien, par exemple, ce que certains d'entre vous penseront de la reprise de Rolling in the deep d'Adele par Mike Posner, présenté comme le nouveau Justin Timberlake. C'est un peu comme si on enlevait la belle robe de soirée noire d'une très belle dame soul pour lui mettre une mini jupe, des talons hauts et des trucs clinquants : et alors ? J'ai quand même le droit de la trouver plus fun comme ça, d'autant que Mike Posner a la bonne idée de sampler la voix d'Adele (il n'est pas à la hauteur, et il le sait très bien) pour les moments de bravoure de sa reprise.
Evidemment, tout cela a débuté par une reprise que j'ai entendue ces jours-ci et que je ne sais plus très bien comment amener à ce moment de la conversation si ce n'est, précisément, en disant qu'elle est à la base de cette conversation. Chet Faker est un Australien qui, outre le fait qu'il ait trouvé l'un des meilleurs noms de scène qu'il m'ait été de découvrir ces dernières année, a sorti un premier EP plutôt pas mal. Le problème, c'est que le meilleur morceau est une reprise du groupe Blackstreet dont je vous épargne l'original tant celui-ci est éloigné de ce que j'écoute d'habitude. Pas un mauvais morceau (Radio Nova en a fait un de ses classiques) mais morceau soul et rap, genres qui ne rencontrent chez moi qu'un écho limité. Chet Faker a agi sur la chanson avec une autre technique connue en matière de reprise : le décalage. Soit donc une chanson qui appartient à un univers et que l'on fait pénétrer dans un autre. Le sien en l'occurence. En espérant qu'en faisant pénétrer cet chanson dans son univers, elle ne finisse pas par bouffer tout l'espace de Chet Faker. Vu l'engouement qu'elle provoque sur le Web (et chez moi en particulier), c'est plutôt mal barré.
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