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mardi 8 janvier 2013

2012 de A à Z (en terminant de B à A)

Ceci est le dernier (ouf!) post d'une série qui a démarré ici, puis , puis ici, puis , puis ici, puis .

Paul Buchanan Mid air
Paul Buchanan est le chanteur du Blue Nile, groupe cultissime dont j'avais parlé ici. Mid Air est aussi le nom de son premier album solo sorti l'année dernière et qui ne fait rien d'autre que prolonger la formule déjà trouvée avec son groupe. On y retrouve sa voix intense ("la plus belle voix masculine que je connaisse" avait déclaré Peter Gabriel justifiant son choix pour le projet Ovo) et cette large part accordée au(x) silence(s) qui hante sa musique. A ce sujet, je vous conseille la chronique de l'album par les Inrockuptibles qui explique l'importance du bonhomme, de sa musique et donc, de cet album.



Brodka Dancing Shoes
Découverte alors que je cherchais des artistes polonais pour un ami lecteur, cette petite sucrerie pop s'est incrustée dans un coin de mon crane qu'elle n'a pas quitté depuis. Miss (Monika) Brodka pourrait bientôt voir son auditoire élargi, le single de cette starlette en son pays sortant dans le reste du monde (via ce remix, pas mal aussi mais nettement plus dance, de ses compatriotes de Kamp!).



Peter Broderick It starts here
J'ai déjà dit ici tout le bien que je pensais de Peter Broderick et de cet album en particulier, album ô combien particulier puisqu'il est aussi un site internet, œuvre d'un multi-instrumentiste artisan/artiste totalement à part dans le paysage musical. Fortement conseillé. Au cas où vous n'auriez pas cliqué sur le lien amenant à son site, le refrain de cette chanson vous indique le chemin soit : "http:(calling)//(slash slash)www.(dot)itstartshear.(dot)com"



Breton Jostle
C'est à ma soeur que je dois de m'être intéressé à Breton. Pas à l'album, Other people's problems, pas mal mais dont je ne ferais pas des folies, mais bien plus à ce morceau qui lui filait une pêche pas possible. Merci ma soeur donc car c'est vrai que cette chanson et son gimmick qui court tout du long et semble joué au kazoo ne peut que vous entraîner, au minimum, à sautiller, au mieux, à sauter en l'air jusqu'à plus soif.



Mathieu Boogaerts Avant que je m'ennuie
Déjà abordé dans cette page, l'énigme Mathieu Boogaerts consiste à pondre grosso modo la même musique qu'à ses débuts il y a presque vingt ans et de s'inscrire pourtant totalement dans son époque. Seule différence, il a peut-être d'avantage encore déshabillé (au sens propre dans son clip) sa musique pour en livrer la quintessence et l'un des (le?) meilleurs albums français de l'année.



Bondax Wet summer
Duo anglais électronique dans l'air du temps, Bondax gagne à être connu et ne tardera sans doute pas à l'être quand ils sortiront leur premier album. Jusqu'à présent, il n'y a eu que des singles comme ce magnifique, calme, charnel, ensoleillé, mais hélas trop court Wet Summer



Sarah Blasko Fool
Ca fait déjà un petit moment que je suis cette Australienne, star en son pays dont elle peine, hélas, à dépasser les frontières. A vrai dire, Sarah Blasko est arrivé sur le fil dans ce classement. Son nouvel album I awake ne révèle en effet sa très belle écriture très classique qu'avec le temps mais il mérite vraiment qu'on le lui consacre (le temps) tant il révèle de beautés à l'arrivée.



Bear in Heaven Sinful nature
Plein de réminiscences new wave voire cold wave, l'album de Bear in Heaven, I love you, it's cool plaira à tous ceux qui aiment les sonorités eighties. Premier single, Sinful nature est d'autant plus cool qu'il est en téléchargement gratuit ci-dessous.



Beacon Feeling's gone
Des synthé rêveurs, une voix évanescente, il ne m'en fallait pas plus pour espérer beaucoup de ce  quartet de Brooklyn. For now, leur EP n'a pas répondu à toutes les attentes que suscitait Feeling's gone. For now, pour l'instant donc ; j'attends l'album pour me prononcer et garde cette chanson au nombre des plus jolies douceurs synthétiques livrées l'année dernière.



Bat for Lashes Laura
Encore une qui s'est déshabillée totalement en 2012. Pas seulement sur la pochette de son album dont j'ai déjà parlé ici, mais au sens figuré puisqu'elle a livré les chansons de son troisième album, The haunted man, sans les précieux arrangements dont elle ornait, jusqu'à présent, sa production. Son album le plus commercial pour les uns, le plus réussi, en ce qui me concerne. Quant à Laura, si vous n'avez pas les poils quand vous l'écoutez, votre cas, pour moi, est désespéré.



Paul Banks The base
Premier album solo de Paul Banks, le chanteur d'Interpol, sous son nom (il en avait déjà sorti un il y a trois ans sous un pseudo), Banks est plutôt bien fichu et plaira à tous les amateurs d'Interpol. C'est d'ailleurs ma principale réserve concernant cette album et plus particulièrement The base, pour laquelle j'affiche une nette préférence : pourquoi livrer ça en solo quand c'est précisément exactement la même chose qu'il fait (très bien) avec son groupe ? J'aurais l'occasion d'y revenir. En attendant on peut aussi télécharger The base ici.



AlunaGeorge You know you like it
AlunaGeorge vient de rater de peu le Sound of 2013, décerné chaque année par les auditeurs de la BBC, au groupe leur semblant le plus prometteur pour l'année à venir. Ils sont arrivés deuxième. Je les aurais mis à la première place tant il est clair qu'AlunaGeorge, duo londonien à la dance inspirée, va faire parler de lui en 2013 quand ils sortiront leur premier album. Clair à l'écoute de leurs premiers single comme Your drums, your love, élu deuxième (encore n°2!) chanson de l'année pour les Inrockuptibles et auquel je préfère le plus enjoué You know you like it. Yes I do.



Alt-J Δ Dissolve me
Et le meilleur pour la fin, ce qui, d'une part, ne surprendra pas ceux qui ont déjà lu ceci ou simplement ceux qui s'intéressent à la musique (l'album d'Alt J est dans TOUS les classements de fin d'année), et, d'autre part, n'est du qu'au hasard d'un classement alphabétique inversé. Mais le hasard fait bien les choses. An awesome wave s'inscrit au panthéon des grands albums rock en donnant une impression de familiarité à une formule qui fait pourtant largement avancer le schmilblik par rapport à ses camarades de promo. En cela Alt J poursuit des chemins empruntés par Radiohead, Grizzly Bear, Sigur Ros et quelques autres qui œuvrent au service d'une musique savante mais jamais chiante dans laquelle on rentre avec la plus grande facilité, et dont ils sont les seuls détenteurs de la formule. D'ailleurs en tapant alt J sur un Mac, on obtient donc Δ, pyramide dont, j'espère, on n'a pas fini de découvrir tous les secrets, le plus dur, étant, comme on le sait de donner une suite à ce genre d'album, surtout quant il s'agit du premier.

jeudi 20 septembre 2012

D'où viens-tu Basile ?

Je me dois, déjà, d'expliquer le titre de ce post. Il m'est venu naturellement puisque je vais tacher de démontrer ici (et ça va pas être de la tarte, vous pouvez me croire) que l'on n'écoute pas la musique de la même façon selon l'endroit d'où l'on vient, l'endroit pouvant être dans l'espace comme dans le temps, voire dans la société, mais là je sens que je vous perds. Et m'est revenue la petite comptine "D'où viens-tu, Basile/ Sur ton beau cheval perché ?". Sauf que non, ce brave Basile ne vient pas mais va comme j'ai pu m'en apercevoir en consultant les paroles de la chanson signée tout de même Loulou Gasté pour Line Renaud et là, je sens que je vous perds encore. Tout ça pour vous dire qu'il n'y a que moi qui pouvait titrer "D'où viens-tu, Basile" même si je doute que l'on puisse ainsi m'identifier.
Si j'en suis arrivé là, c'est à cause de Terry Hall évoqué ici. Outre ses chansons pour les Specials, Fun Boy Three, Colourfield ou Bananarama, Terry Hall est l'auteur d'un tube entêtant pour qui, comme moi, écoutait les radios libres à leur éclosion. Et là je me dois de préciser l'endroit car la radio de Marseille d'alors était bien différente de celle de Lille, surtout quand on habitait, comme moi, à Royan. Chacune de ses stations était animée par des gens passionnés de musique avec leur goût bien à eux, ce qui fait qu'en ces temps bénis du non formaté, on pouvait entendre tout et n'importe quoi sur les radios selon l'endroit où vous viviez. Et l'un  des premiers tubes propre à Royan, en ce sens qu'il était n°1 au hit parade de Royan Fréquence, quand je ne l'entendais nulle part dans le hit parade de Jean Lou Laffont sur Europe 1, c'était Our lips are sealed des Go-Go's.



Puisque je ne cesse de m'égarer, rappelons que cette chanson désignée, excusez du peu, comme l'une des 100 meilleures chansons pop de tous les temps par Rolling Stone, et dont je vous invite à découvrir l'histoire, fut l'objet d'une reprise à mon avis meilleure que l'originale par ce même Terry  Hall avec ses Fun Boy Three deux ans plus tard.



Cette chanson veut donc dire beaucoup pour moi, dans mon parcours musical, mais elle ne veut sans doute pas dire grand chose, ou du moins pas autant, à quelqu'un qui aura entendu autre chose à la radio à la même époque. Histoire d'appuyer un peu plus ma démonstration, voici le titre qui succéda aux Gogo's à la tête du hit parade de Royan Fréquence, et qui, pour le coup, ne fut connu qu'à Royan (et peut-être un peu en Belgique, Jo Lemaire étant belge) : Jo Lemaire + Flouze Voices in the silence.

06 Voices in the silence by Cestunevie.com

Toujours dans ces titres marquants, à ce moment et à cet endroit (faut croire qu'il y avait un axe Royan-Bruxelles), Action Man des Polyphonic Size (produit par Jean-Jacques Burnel des Stranglers)



Et ma démonstration ne serait pas totalement parfaite sans ce qui allait marquer tout ado ayant grandi dans les années 80 dans la région de Royan, la chanson allant être joué (très) longtemps dans toutes les discothèques du coin : le célébrissime Adieu Paris des Fils de Joie.



Si vous avez grandi ailleurs, à une autre époque ou non, vous avez sans doute vos propre Jo Lemaire, Polyphonic Size et autre Fils de Joie mais ce sont ceux-là, entre autres, qui ont fait de moi le mélomane unique que je suis aujourd'hui. Unique au sens où nous sommes tous différents quand il s'agit de musiques et de notre rapport à elle. Et que nos choix révèlent souvent notre personnalité. Je vous invite, pour vous en convaincre, à vous soumettre au test Six songs of me lancé par le Guardian. En 6 questions (quel est le premier disque que vous avez acheté ? Quelle chanson vous fait toujours danser ? Quelle chanson vous ramène à votre enfance ? Quelle est la chanson d'amour parfaite ? Quelle chanson voulez-vous qu'on joue à vos funérailles ? Et une chanson qui fait de vous, vous !), ce test dresse si ce n'est un  portrait, une belle esquisse de ce que vous êtes musicalement.
Tout ça, évidemment, respire un peu la naphtaline. Et histoire de revenir à aujourd'hui et de retomber sur mes pieds, on m'a demandé récemment pour un film de voyage en Pologne de dénicher des titres pour la bande son. Seulement, voyez-vous, la pop polonaise, euh, comment dire ? Vous en connaissez, vous, des groupes polonais ? Cela veut-il dire qu'il n'existe pas de bonne musique en Pologne ? Non, ça veut juste dire que je n'y vis pas et que forcément l'impact qu'aura sur moi Brodka sera bien moindre que celui qu'elle pourra avoir sur n'importe quel teenager d'aujourd'hui à Varsovie ou Cracovie.

DANCING SHOES - BRODKA (muz. B. Dziedzic, M. Brodka / sł. M. Brodka, Q. Carenzo) by Kayax Label