Si vous avez manqué le début, vous allez ici puis là.
RAC Hollywood (featuring Penguin Prison)
RAC pour Remix Artist Collective, ce qui n'est pas tout à fait vrai puisque derrière ce "collectif" se cache un remixeur de Portland qui s'est associé à un autre artiste connu pour ses remixes, Penguin Prison. Sauf que ni l'un, ni l'autre ne font ici dans le remix : il s'agit de la première composition de RAC sur laquelle Penguin Prison pose sa voix. Il était déjà très bon dans ses remixes ; son premier single, un peu étonnant car pas si electro que ça ni, finalement, très enlevé au niveau du rythme, comparé à ce qu'il avait livré dans ses remixes, est néanmoins une complète réussite. J'ajoute que s'il est téléchargeable gratuitement, c'est parce qu'il est produit par le Green Label Sound, né à l'initiative de la marque de soda Mountain Dew pour aider les artistes émergents en produisant leurs premiers efforts avant de les proposer en ligne. De la pub intelligente donc. Buvez Mountain Dew, direction Hollywood.
Queens of the Stone Age Make it wit chu (Virgin Magnetic Material remix)
Cette chanson ne date pas de l'année dernière mais le remix, si. J'en avais déjà parlé ici puis vous ai reparlé de son auteur là. Si Virgin Magnetic Material, Israélien de son état, est LE DJ devant lequel je me prosterne cette année, ce n'est pas seulement parce qu'il partage, à en voir la liste des artistes qu'il remixe (beaucoup de choses des années 80 notamment) nombre de mes goûts, mais surtout parce que je suis totalement accro de ses beats lourds, de ce rythme martial et irrésistible. Make it wit chu est à mon goût l'une de ses plus grandes réussites mais allez voir sa page Soundcloud, y a rien à jeter.
Purity Ring Fineshrine
Même si tout ce qui relie les titres entre eux sur cette page n'est rien d'autre que l'année 2012 et l'ordre alphabétique, force est de constater que ce troisième titre confirme ce qui pourrait être une tendance de l'année dernière en matière de musique électronique : le rythme s'est ralenti. Ici, c'est un rythme hip hop avec les synthés poussés à fond comme dans une cathédrale par monsieur sur la voix mutine de madame (puisqu'il s'agit d'un duo mixte et Canadien). L'album est aussi recommandable mais cette chanson (qu'on peut télécharger ici) en est, de loin, le sommet.
POP ETC Live it up
J'aurais sans doute l'occasion de réécrire sur POP ETC qui aura sans doute été le groupe avec lequel on aura été le plus injuste en 2012. Il faut dire qu'avant de s'appeler POP ETC, le groupe s'appelait The Morning Benders. Le monde entier ADORAIT l'indie pop rock des Morning Benders, à classer à côté de Grizzly Bear ou Death Cab For Cutie, deux groupes dont ils ont assuré les premières parties. Or, à la faveur de son déménagement de la côte Ouest à la côte Est, Chris Chu, chanteur et leader des Morning Benders, décide de rebaptiser son groupe POP ETC, de montrer son goût pour les synthés et la r'n'b. Pas forcément une bonne idée pour la critique et ses anciens fans qui lui sont tombés dessus. Moi, je trouve que son sens de la mélodie est toujours là, que Live it up, c'est une petite douceur lumineuse et que le meilleur est à venir.
Poolside Slow down
Je l'ai déjà dit ici et là, vous allez me dire, puisqu'il l'a déjà dit (et ça fait un paquet qu'il a déjà dit), pourquoi il se répète. D'abord, ça montre bien que j'ai quelques obsessions musicales et d'autre part ça permet d'enfoncer le clou, histoire de vous rappeler que Pacific standard time, l'album de Poolside est une tuerie et l'un des albums les plus sous estimés de l'année dernière. Slow down est un très bon reflet de la production du duo Californien, qu'on peut, au passage, télécharger ici.
PAPA Put me to work
Ben oui, celui là aussi, je vous l'ai déjà dit (ici) et j'espère que vous m'avez bien écouté la première fois où je vous conseillais de télécharger le morceau tant qu'il était en diffusion gratuite, ce qui, prédisais-je alors, ne pouvait durer. La madame Irma en moi avait vu juste mais que rien ne vous empêche, si vous avez raté le coche, de vous rattraper en allant acheter la chanson sur Itunes car ce serait dommage de se priver de la chanson rock la plus énergique et la plus prometteuses de l'année dernière.
Niki & the Dove The drummer
Une pythie folk qui n'est pas sans rappeler Stevie Nicks associée à un petit bidouilleur electro ingénieux, le tout né sous le ciel de la Suède (Ah ! la Suède...). Leurs compatriotes de Miike Snow leur ont confié leurs premières parties ; je les aurais aimé rien que pour ça mais leur album est une vraie réussite et là encore je vous le recommande chaudement. The drummer qui m'évoque une version contemporaine du Sat in your lap de Kate Bush me parle forcément plus que d'autres et ma tricherie (la chanson date de 2011) n'en est pas vraiment une tant, encore une fois, ce choix est pour mettre en lumière l'album Instinct, sorti cette année (enfin, l'année dernière, mais je vais pas vous refaire le coup à chaque fois, hein). Ah ! Un dernier truc : j'avais déjà parlé d'eux (avec un autre titre de l'album) ici. Oui, encore !
Night Works I tried so hard
Bon, on va aller vite vu que celui ci, on vous en avait, aussi, eh oui, déjà parlé là (finalement, ça sert à rien ce best of, vont pester les uns et les autres, mais je vous l'avais bien dit, non ?). Une boucle de piano qui vous hante jusqu'au bout de la nuit, un moment pour lequel semble avoir été composée cette complainte de l'ex bassiste de Metronomy, qui le place en un coup sur la liste des plus grands espoirs de l'année 2013.
Napoleon With you on my mind
Il y a un truc formidable aujourd'hui via Soundcloud (et autres outils du Net mais, en l’occurrence, Soundcloud) : on peut laisser des commentaires sur les morceaux aux artistes qui s'ils sont polis et pas trop occupés, pas trop connus donc, risquent de vous répondre. C'est exactement ce qui s'est passé avec Napoleon que je suis sur Soundcloud depuis que j'ai appris que derrière ce pseudo se cachait la moitié du groupe Bent. Concernant ce morceau, je lui écrivis : "J'ai toujours pensé que Bent était l'un des groupes les plus beaux et des plus sous estimés groupes du monde. Je vous dois certains de mes plus merveilleux rêves musicaux. Ce morceau est définitivement l'un d'entre eux". Très poliment, Napoleon m'a répondu : "Thanks. Deeply appreciated". J'aurais pu écrire la même chose de With you on my mind.
The Mary Onettes A breaking heart is a brilliant start
OK, ils ont un nom à con (Monsieur et Madame Onette ont une fille, ils l'appellent Marie - rires garantis chez les moins de cinq ans). Mais faut comprendre aussi : ils sont Suédois (Ah ! La Suède...) Et puisqu'on en est là : oui, je vous en ai déjà parlé (ici). J'y disais d'ailleurs combien il m'ait été difficile de choisir entre Love's taking strange ways et cette chanson, toutes deux figurant au générique de leur excellent EP Love forever sorti l'année dernière. Dans leur exploration du son des années 80, leur obsession depuis leurs débuts, ils font revivre cette fois (mais le savent-ils seulement) les Lotus Eaters (promis : je vous en parle un de ces jours si vous ne connaissez pas) avec cette même émotion à fleur de peau. J'attends avec impatience leur troisième album prévu en mars.
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samedi 5 janvier 2013
samedi 20 octobre 2012
Hypnose
De la même façon que le nouveau logo de ce blog (d'ailleurs merci pour tous vos messages de félicitations, non, j'déconne, y'en a eu qu'un, mais merci quand même) mais surtout son arrière plan peut entraîner des réactions hypnotiques, il en va évidemment de même pour la musique. Et, pour cela, la musique a un instrument qui peut s'apparenter au pendule de l'hypnotiseur : la boucle. Ca marche pour la plupart des musiques électroniques et ce n'est pas un hasard si l'un de ses sous genres est la Trance, la transe désignant un état physique proche de l'hypnose. Mais loin de moi ces considérations médicales, et je vous épargnerais, ce matin du moins, parce que y aura bien un moment où vous y aurez droit, les morceaux Trance de mes jeunes années dopées. Non, si je vous parle de boucle, c'est pour deux jolis morceaux apparus sur le Net. Pas plus tard qu'hier je tombe sur Satin Jackets, un duo allemand, qui a judicieusement intitulé son titre You make me feel good et pour débuter le week-end, avouez que ça tombe plutôt bien.
En guise d'entrée, avouez que c'est agréable. Mais passons au plat de résistance : ce qui est incroyable dans ces morceaux, en tout cas ceux réussis, c'est qu'on ne peut plus se détacher de cette boucle. Ou plus particulièrement d'un motif de la boucle. On est fasciné, on en veut toujours plus, on ne veut surtout pas que ça s'arrête dans un break et on est soulagé quand ça réapparaît plus loin dans le morceau. En cela le morceau de Night Works I tried so hard ne cesse de me parler au sens où je n'en aurais jamais assez de ce piano mélancolique qui débute et clôt le morceau.
Ca peut sembler on ne peut plus simple ce morceau : tu trouves le bon motif et tu le boucles, c'est pas sorcier. Sauf que trouver le bon motif, celui qui ne cessera de fasciner, n'est pas donné à tout le monde. Le fait que derrière Night Works se cache le premier bassiste de Metronomy ne m'étonne absolument pas. Il faut être musicien pour pondre un truc pareil, aussi simplissime que cela pourra paraître à certains. A qui je dis : "Tu la boucles !" Jeu de mots, merci Maître Capello et je remets dix francs dans le nourrain. Remarquez, dans le style jeu de mots à deux balles, mais involontaire j'imagine, une personne a commenté le titre de Nightworks sur Youtube en écrivant : "En boucle dans mon casque". Toutefois, cela illustre bien l'effet hypnotique d'un titre comme celui-ci. Un effet qu'on peut remettre sur le dos du remix de Don't Understand du Danois Tomas Barfod par les Anglais d'Abstraxion. Cette fois c'est la voix qui vous entrâine ne cessant de répéter tel un mantra : "And I'm walking in dream / And I'm walking so fast".
J'en profite, au passage, pour vous conseiller le très bon album de Tomas Barfod pour qui, évidemment, s'intéresse aux musiques électroniques. En même temps, si vous ne vous intéressez pas aux musiques électroniques, vous n'êtes sans doute pas en train de lire ces lignes. Ou alors vous vous faites du mal. Masochiste ! Ou bien encore vous êtes hypnotisé. Aussi hypnotiques soient-elles, ces musiques ne pourront jamais m'ordonner de dormir profondément. Pour une bonne raison, c'est que je ne peux pas m'endormir en musique. Evidemment, ça m'est arrivé, un peu comateux, de tomber après une certaine heure disons avancée de la soirée, alors que la musique hurlait encore des baffles. Mais jamais la musique ne m'a bercé au point de m'endormir. Il semblerait que l'écoute d'un morceau, même à volume minimum chez moi, laisse invariablement ma conscience sur "on". Sauf pour UN disque. Je mets "un" en capitale, car il n'y a bien que ce disque qui ait cet effet et on atteint des sommets, ce disque étant l'un de ceux que j'ai le plus écouté, le plus usé de ma vie ; et ce n'est pas parce qu'il est le seul à avoir cet effet soporifique, au premier degré du terme, qu'il l'est, au second degré. The Guardian, qui l'a classé dans sa liste des 1000 albums à écouter avant de mourir, en parle comme d'un "chef d'oeuvre intemporel d'une insondable beauté". Je sens que j'ai assez fait monter la sauce pour briser la le suspense : Mesdames et Messieurs, roulement de tambour, voici 76:14 de Global Communication.
Sorti en 1994, ce disque est considéré pour beaucoup comme l'un des plus beaux albums d'Ambient. Pour moi, c'est LE plus beau et c'est presque dommage de le réduire à un genre. Son titre, c'est sa durée, soit à peu près le maximum de ce que vous pouviez rentrer sur un CD, ce me semble ; Mark Pritchard et Tom Middleton, les deux têtes pensantes de Global Communication, n'avaient pas voulu lui donner de titre (pas plus qu'à chacun des morceaux qui le composent qui, eux aussi, portent leur minutage en guise de nom) de manière à laisser les auditeurs libres d'interpréter comme bon leur semble leur musique. Mon morceau préférée, c'est sans doute le deuxième, le préféré d'ailleurs, je m'en rends compte en allant sur le Web, de beaucoup de personnes qui ont écouté cet album. Il s'ouvre et se ferme par un lent battement métronomique qui pourrait tout aussi bien être le son de la trotteuse d'une horloge. D'ailleurs pour moi, elle s'apparente exactement à ce bruit : petit garçon, on me faisait dormir, chez mes grands parents, dans un lit installé au salon où trônait une horloge qui avait la même sonnerie que Big Ben. Tous les quarts d'heure, elle se manifestait et, entre deux quarts d'heure, toutes les secondes, émettait ce bruit un rien stressant puisque je savais que je n'avais que quinze minutes pour m'endormir. Rien ne prédisposait donc ce bruit à devenir un ingrédient phare d'une de mes chansons, c'est le cas de le dire, de chevet. D'ailleurs, ce bruit, me semble-t-il, renvoie tout le monde au temps qui passe. Mais ce qui pourrait être anxiogène ailleurs est ici étrangement réconfortant. On est littéralement bercé, passant au ralenti d'un motif à un autre. Car, c'est là où Global Communication fait très fort, ce n'est pas à un motif qu'il vous attache mais à plusieurs qui reviennent en boucles, se liant, se déliant, envoûtant, hypnotisant. Autant vous dire, que si vous avez commencé la journée du bon pied avec le premier morceau de cette page, vous risquez de la voir se terminer bien vite. Plus exactement dans 14 minutes et 31 secondes, qui vous laisseront, sans doute, quelque peu engourdi. Si vous aimez, faites passer, faites tourner.
En guise d'entrée, avouez que c'est agréable. Mais passons au plat de résistance : ce qui est incroyable dans ces morceaux, en tout cas ceux réussis, c'est qu'on ne peut plus se détacher de cette boucle. Ou plus particulièrement d'un motif de la boucle. On est fasciné, on en veut toujours plus, on ne veut surtout pas que ça s'arrête dans un break et on est soulagé quand ça réapparaît plus loin dans le morceau. En cela le morceau de Night Works I tried so hard ne cesse de me parler au sens où je n'en aurais jamais assez de ce piano mélancolique qui débute et clôt le morceau.
Ca peut sembler on ne peut plus simple ce morceau : tu trouves le bon motif et tu le boucles, c'est pas sorcier. Sauf que trouver le bon motif, celui qui ne cessera de fasciner, n'est pas donné à tout le monde. Le fait que derrière Night Works se cache le premier bassiste de Metronomy ne m'étonne absolument pas. Il faut être musicien pour pondre un truc pareil, aussi simplissime que cela pourra paraître à certains. A qui je dis : "Tu la boucles !" Jeu de mots, merci Maître Capello et je remets dix francs dans le nourrain. Remarquez, dans le style jeu de mots à deux balles, mais involontaire j'imagine, une personne a commenté le titre de Nightworks sur Youtube en écrivant : "En boucle dans mon casque". Toutefois, cela illustre bien l'effet hypnotique d'un titre comme celui-ci. Un effet qu'on peut remettre sur le dos du remix de Don't Understand du Danois Tomas Barfod par les Anglais d'Abstraxion. Cette fois c'est la voix qui vous entrâine ne cessant de répéter tel un mantra : "And I'm walking in dream / And I'm walking so fast".
J'en profite, au passage, pour vous conseiller le très bon album de Tomas Barfod pour qui, évidemment, s'intéresse aux musiques électroniques. En même temps, si vous ne vous intéressez pas aux musiques électroniques, vous n'êtes sans doute pas en train de lire ces lignes. Ou alors vous vous faites du mal. Masochiste ! Ou bien encore vous êtes hypnotisé. Aussi hypnotiques soient-elles, ces musiques ne pourront jamais m'ordonner de dormir profondément. Pour une bonne raison, c'est que je ne peux pas m'endormir en musique. Evidemment, ça m'est arrivé, un peu comateux, de tomber après une certaine heure disons avancée de la soirée, alors que la musique hurlait encore des baffles. Mais jamais la musique ne m'a bercé au point de m'endormir. Il semblerait que l'écoute d'un morceau, même à volume minimum chez moi, laisse invariablement ma conscience sur "on". Sauf pour UN disque. Je mets "un" en capitale, car il n'y a bien que ce disque qui ait cet effet et on atteint des sommets, ce disque étant l'un de ceux que j'ai le plus écouté, le plus usé de ma vie ; et ce n'est pas parce qu'il est le seul à avoir cet effet soporifique, au premier degré du terme, qu'il l'est, au second degré. The Guardian, qui l'a classé dans sa liste des 1000 albums à écouter avant de mourir, en parle comme d'un "chef d'oeuvre intemporel d'une insondable beauté". Je sens que j'ai assez fait monter la sauce pour briser la le suspense : Mesdames et Messieurs, roulement de tambour, voici 76:14 de Global Communication.
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