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jeudi 9 janvier 2014

Vive la France

Tant qu'à être coincé en France, autant en profiter pour écouter quelques titres français, ou du moins produits par des Français puisque le premier morceau de cette liste est en anglais. Je l'ai découvert hier par hasard hier sur une playlist de ma nièce, 11 ans, plus porté sur les tubes de Beyoncé qu'autre chose et que, par conséquent, je crois totalement quand elle me dit que le morceau est (était?) un gros tube en France. A vrai dire, puisque je n'y étais plus, je suis passé totalement à côté de la sortie, en France donc, de l'album d'Hollysiz. Tout juste avais-je entendu dire que le premier album de Cécile Cassel se distinguait du tout venant des autres albums des actrices chanteuses par sa qualité. Je ne sais pas si je goûterais tout l'album mais le single Come back to me, coincé quelque part entre The Gossip et Lilly Wood and the Prick, fait clairement son effet.



Après ce léger prélude, deux plus gros morceaux de la production discographique frenchy des semaines à venir. J'avais adoré le premier album de Cascadeur. Vu l'extrait (hélas très court) dévoilé en duo avec Christophe, ici on ne peut mieux employé, j'attends avec impatience l'album début février.



Planant, non ? Pour ceux qui n'en auraient pas assez, ce que je peux comprendre on peut aller sur Frak Yeah French Music, très joli blog découvert hier, écouter la version intégrale.
Plus planant, il n'y aura qu'un trip loin, très loin dans l'espace. Or, c'est ce que j'ai découvert hier aussi, en deux temps. Premier temps : France Inter diffusait hier le nouveau single de Florent Marchet. S'il y a une chose admirable chez Florent Marchet, c'est sa progression d'album en album : c'est toujours mieux. Il y avait par exemple sur son dernier album un duo sublime avec Jane Birkin dont je ne me lasse pas (et que, pour des raisons sans doute obscures, on est allé glisser sur des images de Lancia Thema, ci-dessous).



Après cette page de publicité donc, le nouveau Florent Marchet entendu hier.



C'est déjà très, très bien et prometteur. Mais, apprenant la sortie de l'album fin janvier (Bambi galaxy, rien que le titre fait très envie), me voici sur le Web à la recherche de cette chanson que je venais d'entendre pour la première fois quand je constate qu'il s'agit, en fait, du deuxième extrait dévoilé de l'album. Le premier, c'est Appolo 21, trip futuro spatial, un truc parlé totalement flippant, totalement barré, indispensable. Oui, vivement l'album.

lundi 4 février 2013

La terre du milieu

Hier, en écrivant mon post sur le matin, j'avais une autre chanson que je voulais poster parce qu'elle me semblait refléter ce moment joyeux que peut aussi être le matin, en jouant sur son homonyme "mâtin", soit espiègle ou turbulent vous dira le Robert. Cette chanson, c'est Le matin de Stephan Eicher. C'est très frustrant d'écrire sur la musique et de ne pouvoir vous la faire entendre : impossible de trouver le titre sur le Web et, quand j'ai voulu moi même l'y mettre via Soundcloud, un message m'a gentiment rappelé que je n'en possédais pas les droits, patati, patata. C'est d'autant plus rageant qu'il s'agit pour moi de mettre en lumière des disques un peu oubliés et qu'on a l'impression (le titre n'est pas disponible sur Itunes) que l'artiste, ou du moins, ses ayants droits préfèrent la voir rester dans l'ombre. Je ne peux donc qu'en proposer le lien sur Deezer en espérant qu'on ira cliquer dessus. Ca fait aussi partie des chansons qui ne sont pas dans ma discothèque mais que j'aimais programmer en radio à l'époque où l'on choisissait soi même ce qu'on voulait programmer. La chanson ayant été un petit tube et ayant l'avantage de durer 4'50, ce qui est très pratique quand l'une de vos rubriques est un peu courte, je ne m'en privais pas. Ben oui : j'avais beau programmer du Michel Sardou et du Frédéric François (je travaillais dans les locales de Radio France, je vous le rappelle), je faisais la balance avec des choses qui me correspondaient plus, où je pouvais trouver mon bonheur. Ca, c'est pour vous, ça, c'est pour moi. Ou plutôt, je la jouais façon Jacques Martin quand il nous faisait passer un "Bon dimanche, sous vos applaudissements" : il invitait aussi bien les désespérants de la chanson française (les deux précités, Mireille Mathieu, la liste est longue, à vous de la compléter) que, par exemple, un grand orchestre pour un morceau de musique classique. Une façon maline d'amener les auditeurs vers autre chose ; je vous passe ce que vous aimez, raison pour laquelle vous venez, mais j'en profite pour vous suggérer autre chose en espérant que vous repartirez avec. Une façon de miser sur l'intelligence de l'auditeur plutôt que de le laisser dans sa crasse. Stephan Eicher faisait clairement de la chanson populaire de qualité, la meilleure qui soit à la fin des années 80 et début des années 90. Déjeuner en paix, Pas d'ami comme toi sont des tubes dignes, si vous voyez ce que je veux dire. Mais ma préférence allait à Des hauts, des bas, dont j'ai par hasard, en cherchant donc ce foutu Matin sur Internet, trouver une excellente reprise faite par Florent Marchet et Gaëtan Roussel il y a deux ans et à côté de laquelle j'étais passé totalement à côté à l'époque.



C'est bien quand la chanson française que j'appellerais de qualité arrive à marquer des points, c'est à dire à faire un tube. Suis-je un vieux con pour penser que, hélas, c'est de moins en moins le cas ? Il suffit de voir comment Florent Marchet, justement, Jean-Louis Murat ou récemment Dominique Dalcan se sont retrouvés sans maison de disques alors que la qualité de leurs chansons n'est pas à remettre en cause. Plutôt la rentabilité. Savez-vous comment on choisit les chansons qui vont constituer le catalogue d'une radio aujourd'hui ? On réunit un panel d'auditeurs dans un auditorium et on leur fait écouter des chansons, choisies par les programmateurs des radios (ce qui déjà exclut un paquet de chansons) puis on leur demande d'indiquer s'ils aiment ou non. Mais, et c'est là où ça devient drôle (à condition de rire jaune), comme on ne peut pas réunir advitam aeternam ces braves gens, on ne leur propose que sept secondes de la chanson. Le "hook" comme on dit, soit le truc qui va capter l'auditeur, qui a, comme on le sait, la fâcheuse manie de zapper. Au bout de sept secondes. D'où ce temps ridicule. A ce petit jeu, par exemple, c'est Santana avec Europa qui obtient le plus grand indice de satisfaction. Le hook, c'est évidemment le début du morceau à la guitare électrique. Il faut dire que ça dure précisément sept secondes ! Le titre, lui, dure plus de 4 minutes. Moi, j'aimerais qu'il y ait un test où l'on regroupe ce même panel, qu'on leur passe le titre en entier et qu'ils disent à la fin stop ou encore, pour reprendre la formule RTLienne. Je suis bien persuadé que les résultats ne seraient pas tout à fait les mêmes. Voire opposé : je ne supporte plus ce morceau de Santana (si tant est que je l'ai supporté un jour) après de trop nombreuses programmations en radio. A quoi bon soigner ses chansons quand tout ce qu'on demande aujourd'hui à un artiste est d'être efficace. En sept secondes. Aujourd'hui la subtilité, la délicatesse du Danseur de java de Dominique Dalcan, que j'ai pourtant programmé à l'époque, n'aurait sans doute plus aucune chance de passer  en radio.



En plus, ça dure 4'50 ! C'est 1'20 en trop, coco ! C'est pas rentable. Ca me fait penser au petit discours de Pascale Ferrand quand elle avait reçu son César pour Lady Chatterley où elle déplorait la disparition de ces films qu'elle appelait moyens ; un peu comme au cinéma, où il n'y a plus de place que pour les poids lourds et les tout petits films, il n'y a place aujourd'hui dans la chanson que pour les touts petits ou les gros vendeurs. Gare à ceux du milieu. Heureusement, il y aura toujours des contre exemples pour me donner tort. Des maisons de disques comme Tôt ou Tard qui travaillent les artistes sur le long terme et finissent par avoir du succès (un tout petit peu mais succès quand même) comme avec Mathieu Boogaerts l'année dernière et, je leur et lui souhaite, avec Albin de la Simone cette année, dont Mes épaules est une petite merveille. C'est d'ailleurs produit par un de ces "moyens", Jipé Nataf, ex et futur chanteur des Innocents (ils se reforment cette année aussi), que l'on aperçoit dans le clip ci-dessous de Mes épaules. Encore une chanson que je ne peux pas proposer ici en entier et qu'il n'est possible d'écouter en intégralité que sur Deezer. Si ces artistes ne passent plus en radio et s'interdisent de fait la promotion par les amateurs de musiques comme moi, que sont les bloggeurs, où, demain, les entendra-t-on encore ?

lundi 29 octobre 2012

C'est déjà Noël

Coup sur coup, ce sont deux artistes qui fréquentent ma discothèque qui sortent un album de Noël : Cee Lo Green (le chanteur de Gnarls Barkley) et Tracey Thorn.


Il n'y a rien d'extraordinaire à ça : Noël, c'est dans deux mois et la chanson, voire, donc, l'abum de chansons de Noël, c'est une tradition très anglo-saxonne. Je me souviens parfaitement de mon premier voyage à New York qui correspondait avec la première semaine de décembre. Dans toutes les boutiques où j'entrais, j'ai bien dit TOUTES, il y avait de la musique de Noël. Selon les lieux, c'était du Noël R'nb, soul, jazz, rock, classique, funk, electro, mais du Noël, toujours du Noël. Au bout d'une semaine, je n'en pouvais plus. Comme n'en pourront plus d'ailleurs, tous ceux qui vivent  au Royaume Uni ou aux Etats Unis dans peu de temps. Aussi, avant que ça ne vous sorte par les oreilles, voici, tant que vous pourrez les apprécier, quelques chansons qui changent du Petit Papa Noël de Tino Rossi.
Le problème du répertoire de Noël français tient d'ailleurs tout entier dans ce seul titre. L'omnipotence de la scie de Tino Rossi fait qu'on va jusqu'à oublier que d'autres chanteurs se sont frottés avec un tout autre talent à la période : Florent Marchet dans l'album pourtant intitulé en anglais Noël's songs le rappelle via des reprises de chansons autrement mieux foutues que l'on devait à l'origine à Nougaro, Barbara ou Piaf.


Mais ma chanson française préférée de Noël, qui fait d'ailleurs partie des chansons reprises par Marchet, c'est sans conteste Noël à la maison. On la doit à un Jean-Louis Murat au top de sa forme, soit au début des années 90, avec son alors habituel Denis Clavaizolle aux claviers. De sa forme musicale, s'entend, parce que, quand on écoute Murat, on a plutôt toujours l'impression qu'il est en petite forme, si vous voyez ce que je veux dire. Le morceau commence par quelques secondes d'ambiance sonore où l'on entend quelqu'un scier du bois (Charles Ingalls dans La petite maison dans la prairie ?) avant que la voix plaintive de Murat ne s'avance sur un traîneau de grelots.



Magique. Du coup, facile de passer à la chanson suivante, d'autant qu'elle vient de mon autre idole musicale : Kate Bush pour December will be magic again. C'est une chanson qu'elle avait enregistré pour deux shows de Noël en 1979 et qui s'est retrouvée sur disque un an plus tard. Sur le Web, c'est précisément les deux premières versions qu'on trouve souvent. Beaucoup moins celle du disque, que je préfère nettement avec l'arrivée triomphante des grelots sur le refrain.


Kate Bush "December Will Be Magic Again" (1980) from Derek Langille on Vimeo.

Parce que c'est ça, l'ingrédient indispensable à toute bonne chanson de Noël : les grelots, ces mêmes grelots qu'on trouvera fatigants à la fin du mois de décembre mais qui, dès qu'on les entend, vous plonge dans une ambiance sapin, guirlande et papiers cadeau. Je ne sais pas vraiment s'il s'agit de grelots ce qu'on entend sur l'intro en fade in (qui apparaît progressivement, pour les non anglophones) des Pretenders. Mais même s'il ne s'agit pas de cela, le son les évoque (tout comme le xylophone plus loin dans la chanson) et vous plonge de la même façon dans l'ambiance pour une des chansons de Noël les plus inspirées qui soit : 2000 Miles.



Ceux qui me connaissent se doutent bien que je n'allais pas me contenter de vous montrer la pochette de l'album de Tracey Thorn, connaissant mon admiration pour l'artiste, ma vénération pour sa voix. Sister Winter est l'une, peut-être LA plus belle chanson de Noël que je connaisse. C'est une reprise d'une chanson de Sufjan Stevens qu'il avait, lui aussi, écrit pour un album de Noël. La version originale débute par sa petite voix fragile seulement accompagnée de la guitare - typiquement Sufjan Stevens  - pour s'achever sur une fanfare un peu foutraque - typiquement Sufjan aussi. J'aime beaucoup Sufjan Stevens. Il n'empêche que sa version sonne comme un brouillon de celle de Tracey Thorn. La progression s'y fait par l'ajout successifs de couches au morceau jusqu'à l'arrivée en apothéose... des grelots. Je suis ravi de voir que cette chanson se trouve sur l'album de Tracey Thorn ; ce qui me ravit moins, c'est que ce soit, de loin, la meilleure chanson de l'album. Car la chanson ne date pas de cette année mais d'il y a deux ans : Tracey Thorn l'avait offerte sur son site au moment de la disparition de sa mère, ce qui colle assez bien au thème de la chanson : ce coeur brisé qui tient quand même à souhaiter un joyeux Noël à tous ses amis. Permettez-moi ainsi d'en faire autant. Demain, je vous présente mes voeux et après demain, on fêtera Pâques.