Dans le toujours passionnant Q Magazine du mois d'avril, il y a un papier sur les Beatles dont on fête cette année les 50 ans d'existence. Jamais avant eux et plus jamais après eux, explique le magazine, des artistes auront une trajectoire similaire. Tout simplement parce que les Beatles allaient s'engager sur des voies parfaitement inexplorées jusqu'alors et dans lesquelles allèrent s'engouffrer toutes les générations de musiciens à venir. Il n'y a qu'à écouter leurs premiers singles et les comparer aux chansons des derniers albums pour mesurer le chemin parcouru. Or si le chemin est long en terme de qualité, il est très court en terme de temps : 1963 pour le premier album, 1970 pour le dernier, soit huit années d'existence pour laisser une empreinte indélébile sur l'histoire de la pop music. Leur secret, outre leur génie, est d'avoir répondu aux exigences de leur temps qui faisait qu'on sortait au moins un album par an. Dans leur cas, musiques de films incluses, il y en eut 12 ! Ca rejoint un autre article que j'avais lu dans Q Magazine, déjà évoqué ici, et dans lequel un manager juré célèbre d'un télécrochet anglais, disait que sa devise pour continuer à profiter du succès était "work the room". Soit, grosso merdo, être là, savoir se montrer présent. Interrogé sur la volonté d'une Adèle de faire un break le temps d'avoir son bébé, il répondait "Bullshit, qu'elle ait son bébé et qu'elle se remette au travail". Le travail en continu profite-t-il à la création ? Profite-t-il au business ? Profite-t-il tout court ? Pour reprendre deux artistes que je porte ou ai porté aux firmaments, la réponse est contrastée. Kate Bush a commencé en jouant la règle du jeu puisqu'elle a sorti deux albums en 78, une tournée et un mini live, en 1979, et un nouvel album en 1980. Mais à partir du moment où elle a elle même produit ses disques, en 1982, le temps s'est mis à s'allonger entre chacune de ses livraisons : 3 ans, 4 ans, puis finalement 12 ans (!). Mais c'est précisément dans ce ralentissement du temps qu'elle a pondu ses meilleurs albums. Jean-Louis Murat a lui aussi signé les meilleurs albums de sa carrière (à mon goût toujours, mais je ne vais pas le préciser à chaque fois, hein) au début de celle ci, quand il observait un laps de temps de 2 à 3 ans entre ses albums, alors que depuis le début du nouveau millénaire, la qualité de ses livraisons décroit au fur et à mesure que la cadence de sortie s'accélère (1 à 2 albums l'an). Dans les deux cas donc, même si cela n'arrive pas aux mêmes moments de leurs carrières respectives, plus ces artistes ont pris leurs temps, plus ils ont su livrer de la bonne came. Sans doute parce que tout le monde n'est pas les Beatles. Qu'un temps de maturation est nécessaire pour savoir séparer le bon grain de l'ivraie. Mais ne passe-t-on pas pour autant à côté de certaines choses ? Par exemple, toujours chez les gens que j'aime bien, il y avait eu trois ans entre Steve McQueen et From Langley Park to Memphis, album de 85 et 88 de Prefab Sprout. Or, on était passé d'un petit groupe fragile et délicat à une machine de guerre pop prête à conquérir les States. Que s'était-il passé entre les deux ? La réponse arriva en 1989 sous la forme de Protest songs, soit l'album que Prefab Sprout enregistra juste après Steve McQueen, en 1985, mais qui, précisément parce que son esprit fut jugé trop proche de ce dernier album, fut mis de côté et d'autres directions envisagées qui conduisirent à From Langley Park to Memphis. Bref, Protest songs, s'il n'est pas un album indispensable, est indispensable pour comprendre la carrière du groupe. De la même manière, ce n'est qu'en 2009 que parvint jusqu'à nous, Let's change the world with music qui aurait du être, en 1993, le successeur de Jordan : the comeback paru en 1990. Au lieu de quoi, il fallut attendre 1997 pour que Prefab Sprout délivre Andromeda heights. Plus encore que Protest songs, Let's change the world with music est un merveilleux album qui ne doit sa sortie qu'au fait que Paddy McAloon, après avoir failli perdre la vue en 2003, se soit mis à souffrir d'acouphènes terribles qui l'empêchent, depuis, de pratiquer convenablement de la musique. Son manager, pour lui venir en aide financièrement, lui proposa de sortir ce lost album. Et je peux lui dire merci tant je raffole de cet album ; même dans cette état embryonnaire de maquette, on devine très bien, si on connait le groupe, le monument qu'aurait pu devenir, par exemple, God watch over you.
Mais que ce soient Kate Bush, Jean-Louis Murat ou Prefab Sprout, le facteur temporel n'est pas le premier vecteur par lequel appréhender leur oeuvre. Par cette phrase pompeuse, je veux dire par là que, plus que marquer une année plutôt qu'une autre, leurs albums marquent plutôt tel stade dans leur carrière. Les albums des Beatles, même considérés "intemporels", replonge leurs auditeurs dans l'époque des sixties. Même s'ils ne l'ont pas vécu, cette musique est, pour n'importe quel auditeur, synonyme de cette époque.
Pourquoi j'écris tout ça ? Parce qu'il me semble qu'il faut tacher de discerner un bon morceau, un morceau sans lequel on ne peut pas vivre, qui nous apporte seulement sa beauté, d'un morceau qui nous ramène à une époque. Ce qui n'est pas spécialement facile puisque les morceaux de la dernière catégorie, en ramenant des souvenirs, peuvent procurer autant de plaisir que ceux de la première catégorie, voire plus si vous êtes, un tant soit peu, comme moi, nostalgique. Et il y a des artistes d'époque. J'avais écrit ici que je reviendrais sur les Eurythmics et la façon qu'ils ont, pour moi, de représenter, d'incarner les années 80. Or l'occasion se présente puisque, pour une raison ou une autre, je suis retombé l'autre jour sur une face B des Eurythmics (celle de There must be an angel) sortie en 1985 : Grown up girls. N'importe quel groupe n'aurait pas oublié cette chanson en face B ; ils l'auraient mis sur l'album et en auraient peut-être fait un single. Mais en 1985, Eurythmics étaient les rois du monde, leur créativité à son maximum et ils pouvaient tout se permettre.
Mais reprenons les choses dans l'ordre, chronologique s'entend. Quand Annie Lennox et Dave Stewart sortent le premier album de Eurythmics (mieux vaut éviter leur première expérience au sein des Tourists dont la vague heure de gloire fut une reprise du I only want to be with you de Dusty Springfield), les années 80 sont naissantes. Après la vague punk qui a fait tout exploser à la fin des années 70, on explore toutes les directions sans savoir véritablement où l'on va. En cela, In the garden est exemplaire, qui mélange, nous apprend Wikipedia, des influences krautrock, psychedelic, electropop. M'est avis qu'on peut rajouter un peu de tout dans la sauce. Ca donne un album pas désagréable (c'est même un de ceux que j'aime beaucoup réécouter) mais à la ligne pour le moins aussi floue que sa pochette (qu'on peut voir dans la "vidéo" ci-dessous). C'est un album que je ne découvrirais que deux ans après sa sortie. A l'époque, je me cherche aussi, musicalement, et n'ai pas encore trouvé Eurythmics auquel cas j'aurais sans doute déjà apprécié Take me to your heart.
En 1983, en revanche, je suis l'un des premiers à m'ébahir devant Sweet dreams. Comme tout le monde, vous me direz. Sauf que non : c'est fin 1982, dans Rockline, un des magazines des Enfants du rock, et plus exactement le magazine consacré à la new wave présenté par Bernard Lenoir - autant dire un moment de jouissance absolu pour moi à l'époque, que je découvre pour la première fois Annie Lennox à l'arrière d'une limousine ; si Love is a stranger est un flop, il est immédiatement pour moi un choc. J'allais acheter le maxi, et sa rythmique martiale allait en quelque sorte donner le la de la ligne musicale qu'allait désormais défendre mon émission de radio, soit un truc totalement dans son époque : la pop synthétique. J'imagine qu'en plus, cette fille qui pratique la confusion des genres et le retirage de perruques ad hoc a du on ne peut plus troubler le garçon que j'étais et qui se cherchait lui aussi (mais sans perruque).
Evidemment, après ce choc initial, j'allais attendre fébrilement l'album donc, Sweet dreams, qui sortit quelques mois plus tard avec le succès que l'on sait. Clairement ces sons synthétiques allaient marquer cette époque comme le confirme l'autre album des Eurythmics, sorti cette même année 1983, Touch, même si ce dernier se permet des incursions dans les cuivres (Right by your side) ou les cordes, comme dans Here comes the rain again.
Je n'ai évidemment pas choisi ce titre au hasard ; je veux dire, il y a plein de titres géniaux sur Touch et sans doute encore plus sur Sweet dreams. Et c'est bien pour ça que les Eurythmics sont super importants dans mon parcours et dans MES années 80. Parce que non seulement ils allaient caractériser mes goûts, la programmation de mes émissions, la décoration des murs de ma chambre, mais tout cela allait être légitimer par leur succès, Here comes the rain again, étant sans doute celui qui sera le plus important après Sweet dreams et avant le dernier Scud du même type qu'ils balanceront l'année suivante avec Sexcrime, un tube si énorme qu'il éclipsa totalement le vrai-faux album de la fausse vraie musique originale du film 1984 (la musique était sensée être pour le film mais elle fut finalement remplacée par un producteur ou réalisateur mal inspiré). C'est dommage parce que cet album compte nombre de petites perles à redécouvrir comme For the love of Big Brother
C'est rigolo parce que je me rappelle très bien de l'accueil réservé à cet album à l'époque de sa sortie : pas très bon, c'est le moins qu'on puisse dire. Et là encore on colle à la problématique de tous les groupes electropop (à l'époque, on disait synthpop, et c'était un peu comme un gros mot sous la plume de certains journalistes) : ces groupes, qu'ils s'appellent Eurythmics, Depeche Mode, Yazoo, Soft Cell, Blancmange, j'en passe et de très nombreux autres, avaient beau avoir conquis le monde, on les jaugeait toujours en tant que sous groupe, sous artiste, sous musique. Ces gens là ne pouvaient pas être de bons musiciens puisqu'ils utilisaient les synthés et les synthés, c'est bien connu, ça fait de la musique tout seul... Bref, devant tant de mauvaise foi de journalistes qui, pour la plupart, ne voulaient pas tourner la page du rock'n'roll BCBG (Basse Chant Batterie Guitares), sans doute parce que tourner cette page, c'était vieillir un peu, il fallait frapper un grand coup, et battre l'ennemi sur son propre terrain. En 1985, Eurythmics sortait ce qui fut considéré (et l'est toujours aujourd'hui) comme son meilleur album, Be yourself tonight, toutes guitares dehors via notamment le premier single qui rugit dès l'intro Would I lie to you.
C'est donc à cette époque que Eurythmics deviennent les rois du monde. Quand on réécoute l'album, on comprend pourquoi : les sept premiers titres de l'album sont des tueries (je suis un peu moins convaincu par les deux derniers). Or, on est en 1985, l'année de mes seize ans dont j'ai déjà parlé ici. Pour moi, c'est l'année la plus riche des années 80, avec un paquet d'albums merveilleux. Comme je l'ai déjà écrit toutefois, je ne sais pas s'il s'agit d'un regard objectif ou subjectif, puisque, précisément, j'ai seize ans, qui est un age où l'on se sent sans doute un peu aussi comme le roi du monde. Mais c'est ainsi : 1985, grand millésime. Et retour donc à des structures plus classiques où la guitare est l'élément central. Les Eurythmics pousseront d'ailleurs le bouchon un peu plus loin l'année suivante avec Revenge, leur album le plus rock'n'roll, parfait pour la scène (c'est à ce moment là que je les vois, Annie d'abord en long trench de cuir noir, avant de débarquer en soutien gorge tout de cuir itou mais rouge cette fois) mais qui, des années plus tard, ne me laisse pas grand chose ; de tous leurs albums, c'est le seul dont je ne n'ai numérisé aucune chanson. Là encore, c'est assez cohérent avec ma vision de l'année 1986 qui succédant à une année de rêve, ne pouvait qu'être une année de désillusion. Il faut attendre l'année suivante pour que la musique retrouve des couleurs, au moment où Eurythmics n'a plus rien à prouver et peut donc faire la synthèse de toutes ses influences. C'est l'album Savage qui reste pour moi, avec Sweet dreams, le meilleur album de Eurythmics. Il n'y a rien à jeter et même des morceaux que je trouvais pas évidents à l'époque m'apparaissent dans toute leur pertinence aujourd'hui comme le premier single (et l'incroyable vidéo) Beethoven (I love to listen to).
Alors il n'était plus question de juger les synthés. D'ailleurs c'était l'année où apparut "officiellement" la House music, Acid House pour être précis (via notamment le Pump up the volume de Maars), musique, pour le coup, où les synthés, où les machines étaient reines. Tout cela ouvrait le chemin de la décennie à venir. Alors que restait-il à faire musicalement ? Plus grand chose. Et c'est d'ailleurs ce que firent les Euryhtmics avec l'ironiquement titré Wee too are one, qui annonçait précisément leur séparation, alors même que se terminaient les années 80, en 1989. Allez, on va sauver Don't ask me why du désastre.
Les Eurythmics n'avaient plus rien à dire. Les années 80 n'avaient plus rien à dire. Don't ask me why... Il se trouve que l'année 1989 fut celle de mes vingt ans. J'ai toujours aimé la notion anglosaxonne de teenager, soit les années entre 13 et 19 ans. Mon adolescence est morte avec les années 80. 1989 est également la dernière année que j'ai passé chez ma mère. Et voilà à quoi me ramènent toutes ces années : à un temps où je vivais auprès d'elle, où elle vivait auprès de moi. Où elle vivait, tout simplement. Mais évoquer des souvenirs ne fait pas revivre le temps passé, il en donne juste l'impression. Des impressions délectables, mais aussi fugaces que le temps d'une chanson. Et c'est pour cela qu'un groupe comme Eurythmics est parfait : parce que leur oeuvre est la chronique de ces années là. Leur vie (je veux parler de celle d'un groupe, d'un artiste, bien souvent beaucoup plus courte que celle d'un être humain) a illustré ces années là et ils ont bien fait d'en profiter pour sortir presque un album tous les ans, comme on marquerait les pages d'un journal intime.
En débutant ce blog, je pensais moi aussi faire la chronique du temps présent quand, en fait, je dressais la chronique de jours passés, comme s'il suffisait de les évoquer pour les ressusciter. Mais rien ne revit. Même pas le souvenir : le souvenir vit au présent, en ce sens qu'il est ce qu'il nous reste du passé, et non pas le passé lui même si vous voyez ce que je veux dire. C'est d'en prendre conscience, sans doute, qui fait que le besoin d'écrire, ce blog en tout cas, m'ait un peu passé. Je n'y mets pas un point final mais sais désormais qu'il prendra d'autres formes, d'autres temps, d'autres mots. Un peu comme la fin d'un cycle qui coïncide (mais ce n'est sans doute pas une coïncidence) avec un moment où je suis en passe de me réinventer professionnellement et géographiquement. J'avais envie de terminer tout ça par une chanson du premier album d'Annie Lennox, Diva, paru en 1992 et qui reste pour moi, le véritable dernier album de Eurythmics, un album où l'on se quitte sur de bons souvenirs car tout, pour moi, est parfait sur l'album Diva. Ayant déjà posté par le passé The Gift, qui demeure à mes yeux et surtout mes oreilles, le meilleur morceau de l'album, je passais en revue les autres morceaux puis choisis finalement Primitive. Comme ça sonne un peu comme un morceau d'adieu (même si, je le répète, ceci n'est pas un point final), j'avais envie de savoir ce que disait ce morceau. Et comme souvent le sentiment que m'inspirait la chanson s'avère concordant avec mon propos, une illustration supplémentaire, s'il en fallait encore une, du pourquoi j'aime la musique, de ce que je ressens de la musique, de tout ce que j'ai essayé de mettre dans ces pages. Lennox y chante "For time will catch us in both hands /To blow away like grains of sand /Ashes to ashes rust to dust/ This is what becomes of us /
Sweetheart /Send me to sleep /Pray to God our hopes to keep / Take our fears and make us strong/ Lead us to where we belong / And let it all go by / All go by...".
jeudi 25 avril 2013
dimanche 14 avril 2013
The sun is shining
J'avais prévu d'écrire un truc super long où j'aurais expliqué, par exemple, pourquoi ça a été super long avant que je réécrive quelques lignes. Mais voilà, il fait beau. Du vrai beau. Ce truc énorme qui ne m'était pas arrivé depuis au moins six mois en France. Or, tout le monde le sait, on n'a pas encore inventé l'ordinateur facile d'utilisation à l'extérieur. Ou alors faut se mettre à l'ombre pour pouvoir lire l'écran. Mais puisque je vous dis que c'est le soleil qui m'appelle. Je remets à plus tard toute velléité d'écriture. It's a lovely day / And the sun is shining (Blaze-1997)
lundi 1 avril 2013
Vous reprendrez bien un peu de fromage
J'ai vu il y a quelques jours un épisode de la série Glee intitulé Guilty pleasures, soit plaisirs coupables, qu'on qualifie aussi ici de péchés mignons. Et je m'étonne de n'avoir pas fait plus tôt un post sur ce sujet tant ces plaisirs coupables définissent aussi grandement l'auditeur que nous sommes. Mais bon, tout est dans le nom, plaisirs coupables, et j'imagine que, tels les héros de Glee, il est plus facile d'avouer ses "bons goûts" que ses mauvais. Or, dans cet épisode de Glee, le premier aveu de plaisir coupable portait sur le groupe Wham! Le point d'exclamation, je dois le préciser tout de suite, n'a rien à voir avec la surprise, un "Oh mon Dieu !" ou "Non, mais vous imaginez"! Non, Wham!, comme je viens à nouveau de l'écrire, s'écrit bien avec un point d'exclamation à la fin. Wham!, avant d'être le nom du groupe de George Michael, est une interjection comme vous allez très vite, si ce n'était pas encore fait, vous en rendre compte. Car, si dans Glee, on parlait de Wham! pour Wake me up before you go-go, que je trouve proprement imbitable, il se trouve que quelques jours avant le visionnage de la série, par un curieux hasard de circonstances (mais le hasard en est-il vraiment un), je me retrouvais moi-même devant une vidéo de Wham! sur Youtube. Avant que l'on ne m'accuse, monsieur le président, j'aimerais expliquer pour ma défense que c'est Youtube avec ses propositions, vous savez ces trucs que l'on trouve à droite ou en bas de la vidéo pour laquelle vous étiez là à l'origine, qui m'a mené là. Youtube ayant remarqué que je cherchais souvent des choses des années 80, il m'ont proposé Wham! Je me souviens avoir vraiment découvert Wham! à leur début et même d'avoir programmé en radio ce Wham rap! (Enjoy what you do). Et du coup, j'avais envie de savoir ce qui m'avait plu là-dedans, voire qui pourrait encore me plaire. Or j'apprécie encore le son très funky de l'ensemble mais je sais bien, et c'est là que c'est indéfendable et donc, votre honneur, coupable, que l'ensemble, précisément est quand même plutôt pas bon : ce rap de petit blanc garçon coiffeur qui veut faire croire qu'il serait un bad boy juste parce qu'il met un blouson noir, ah! ah! ah! Côté humour, je conseille d'ailleurs les premières paroles de cette chanson : "Hey everybody / Take a look at me / I've got street credibility". Euh, comment te dire George ? Ceci étant dit, bien bourré, je pense toutefois que je pourrais encore être un des premiers sur le dancefloor à faire le playback du refrain : "Wham! (d'où le nom donc)/ Bam! /I am /The man!"
Rassurons tout de suite ceux qui s'inquièteraient : je n'ai pas le Wham! Rap dans ma discothèque. Mais vous avez des raisons de vous inquiéter dans la mesure où ce n'est pas la première fois que Wham! est l'objet d'un de mes plaisirs coupables. Deux ans plus tard, George Michael qui au moins avait compris qu'il n'était pas un rapper récidivait au sein du groupe avec une bluette synthétique tout aussi indéfendable et non moins, en ce qui me concerne, indéfectible : Everything she wants. Et oui, votre honneur, j'ai Everything she wants dans ma discothèque. Je dirais même plus : j'ai Everything she wants dans ma discothèque! Wham! Bam!
Ca y est, je l'ai dit. Dans l'épisode de Glee, il s'agissait d'ailleurs de faire son coming out de plaisir coupable. Et c'est un peu ça quand on y songe. Et le pire, ou le mieux, c'est quand la personne à qui vous racontez ça a exactement le même pêché mignon. Comme si un mauvais goût en point commun vous rapprochait plus d'une personne que le "bon goût". Dans les pays anglosaxons, on dirait de ces deux titres que c'est du cheese, ce que je trouve plus approprié que notre trop réducteur : "c'est de la merde". Car le fromage, ça sent pas bon, ça fait grossir, mais quand même, au final, un bon calendos. Et quelle association avec le vin, ce que j'ai déjà démontré en rappelant que, bien bourré, on était les premiers à se précipiter sur du cheese. Il y a quelques temps de ça dans l'excellent Q Magazine, je lisais l'interview d'un type que je ne connaissais pas et qui se trouve être, en Grande Bretagne, l'un des jurés de X Factor. Avant cela, il avait été le manager de plusieurs artistes cheesy. Et, dans un discours d'une lucidité folle, qu'on pouvait confondre, sans prendre de recul, avec du cynisme, il parlait de l'industrie du fromage. Il disait qu'il y aurait toujours une clientèle pour le fromage et que, lorsqu'on était producteur, il s'agissait non seulement de faire son boulot le mieux possible mais aussi de savoir ce que vous êtes en train de faire. C'est à dire du cheese et pas de l'art. C'est évidemment tout le problème des artistes cheesy qui aimeraient, passé un certain délais, qu'on oublie l'étiquette cheesy pour ne conserver que celle d'artiste. Pour reprendre le cas Wham!, c'est exactement ce qui s'est passé lorsque George Michael en rupture du groupe qui l'avait lancé a sorti l'album Faith en 1989. Je n'ai d'ailleurs pas très bien compris l'emballement critique qui a accompagné la sortie de l'album tant, franchement, ça ne changeait pas grand chose par rapport à ses premières aventures discographiques. Ca ne prouvait qu'une chose en fait : que George Michael était un très bon producteur de fromages. J'aurais aussi pu dire chewing gum tant ces chansons foncièrement sucrées peuvent s'avérer aussi collantes à votre esprit qu'une de ces friandises à votre semelle. Et même des années après. Tenez aujourd'hui, il me suffit de trois notes de piano et d'un "Oh baby !" pour me plonger dans l'ambiance ci-dessous.
Britney Spears : au moins 60% de matières grasses (au propre comme au figuré d'ailleurs aujourd'hui). Après reste à bien faire la différence entre un bon titre cheesy et de la bonne musique. Vous ne pouvez prendre du fromage QUE SI vous avez un régime équilibré sinon vous risquez l'obésité. C'est précisément ce que je reproche à certains journalistes qui ont fait, par exemple, de Gangnam Style l'un des meilleurs titres de l'année dernière. Faire d'une daube un plat du jour, passe, mais la transformer en un met raffiné juste parce que tout le monde aime ça, non. Donc, affichons nos mauvais goûts, consommons du fromage, mais sachons par pitié faire la différence. Ce qui n'est pas forcément évident, et dans les deux sens. Car si le producteur de fromages sait que sa production n'a de sens que si elle est consommée, bref si le titre a du succès, on peut avoir tendance à croire que, parce qu'un titre a du succès, il est forcément cheesy. Pour reprendre l'épisode de Glee, le personnage de Blaine fait son coming out de plaisir coupable autour d'un titre de Phil Collins, dont il est de bon ton, semble-t-il, de plaisanter. C'est vrai que Phil Collins n'a jamais vraiment été ma came : pour moi, il fait partie de ces artistes que tout le monde aime, un peu facile à écouter précisément parce que sa musique n'est pas trop compliquée. Mais il s'agit plus du cas d'un cas d'artiste MOR, comme surnomme les Anglosaxons ces artistes Middle Of the Road, qui ne font pas de vague et ne sont pas surprenants pour un sou, un truc (le MOR) sur lequel je reviendrais une autre fois. Ca ne veut pas forcément dire que c'est mauvais, sans surprise, c'est tout. Dans Glee, Blaine chantait Against all odds. C'est une chanson d'amour. Une chanson d'amour, c'est forcément sans surprise. Un truc doux et lent sur lequel on dit je t'aime, tu m'aimes, tu me manques, ne me quitte pas... A ce compte là, toutes les chansons d'amour serait cheesy. L'amour même serait cheesy. Or, réécoutez Against all odds, surtout dans la version dépouillé qu'en donne Darren Criss (Blaine) dans Glee. C'est juste une belle chanson, pas la peine d'en faire tout un fromage.
Rassurons tout de suite ceux qui s'inquièteraient : je n'ai pas le Wham! Rap dans ma discothèque. Mais vous avez des raisons de vous inquiéter dans la mesure où ce n'est pas la première fois que Wham! est l'objet d'un de mes plaisirs coupables. Deux ans plus tard, George Michael qui au moins avait compris qu'il n'était pas un rapper récidivait au sein du groupe avec une bluette synthétique tout aussi indéfendable et non moins, en ce qui me concerne, indéfectible : Everything she wants. Et oui, votre honneur, j'ai Everything she wants dans ma discothèque. Je dirais même plus : j'ai Everything she wants dans ma discothèque! Wham! Bam!
Ca y est, je l'ai dit. Dans l'épisode de Glee, il s'agissait d'ailleurs de faire son coming out de plaisir coupable. Et c'est un peu ça quand on y songe. Et le pire, ou le mieux, c'est quand la personne à qui vous racontez ça a exactement le même pêché mignon. Comme si un mauvais goût en point commun vous rapprochait plus d'une personne que le "bon goût". Dans les pays anglosaxons, on dirait de ces deux titres que c'est du cheese, ce que je trouve plus approprié que notre trop réducteur : "c'est de la merde". Car le fromage, ça sent pas bon, ça fait grossir, mais quand même, au final, un bon calendos. Et quelle association avec le vin, ce que j'ai déjà démontré en rappelant que, bien bourré, on était les premiers à se précipiter sur du cheese. Il y a quelques temps de ça dans l'excellent Q Magazine, je lisais l'interview d'un type que je ne connaissais pas et qui se trouve être, en Grande Bretagne, l'un des jurés de X Factor. Avant cela, il avait été le manager de plusieurs artistes cheesy. Et, dans un discours d'une lucidité folle, qu'on pouvait confondre, sans prendre de recul, avec du cynisme, il parlait de l'industrie du fromage. Il disait qu'il y aurait toujours une clientèle pour le fromage et que, lorsqu'on était producteur, il s'agissait non seulement de faire son boulot le mieux possible mais aussi de savoir ce que vous êtes en train de faire. C'est à dire du cheese et pas de l'art. C'est évidemment tout le problème des artistes cheesy qui aimeraient, passé un certain délais, qu'on oublie l'étiquette cheesy pour ne conserver que celle d'artiste. Pour reprendre le cas Wham!, c'est exactement ce qui s'est passé lorsque George Michael en rupture du groupe qui l'avait lancé a sorti l'album Faith en 1989. Je n'ai d'ailleurs pas très bien compris l'emballement critique qui a accompagné la sortie de l'album tant, franchement, ça ne changeait pas grand chose par rapport à ses premières aventures discographiques. Ca ne prouvait qu'une chose en fait : que George Michael était un très bon producteur de fromages. J'aurais aussi pu dire chewing gum tant ces chansons foncièrement sucrées peuvent s'avérer aussi collantes à votre esprit qu'une de ces friandises à votre semelle. Et même des années après. Tenez aujourd'hui, il me suffit de trois notes de piano et d'un "Oh baby !" pour me plonger dans l'ambiance ci-dessous.
Britney Spears : au moins 60% de matières grasses (au propre comme au figuré d'ailleurs aujourd'hui). Après reste à bien faire la différence entre un bon titre cheesy et de la bonne musique. Vous ne pouvez prendre du fromage QUE SI vous avez un régime équilibré sinon vous risquez l'obésité. C'est précisément ce que je reproche à certains journalistes qui ont fait, par exemple, de Gangnam Style l'un des meilleurs titres de l'année dernière. Faire d'une daube un plat du jour, passe, mais la transformer en un met raffiné juste parce que tout le monde aime ça, non. Donc, affichons nos mauvais goûts, consommons du fromage, mais sachons par pitié faire la différence. Ce qui n'est pas forcément évident, et dans les deux sens. Car si le producteur de fromages sait que sa production n'a de sens que si elle est consommée, bref si le titre a du succès, on peut avoir tendance à croire que, parce qu'un titre a du succès, il est forcément cheesy. Pour reprendre l'épisode de Glee, le personnage de Blaine fait son coming out de plaisir coupable autour d'un titre de Phil Collins, dont il est de bon ton, semble-t-il, de plaisanter. C'est vrai que Phil Collins n'a jamais vraiment été ma came : pour moi, il fait partie de ces artistes que tout le monde aime, un peu facile à écouter précisément parce que sa musique n'est pas trop compliquée. Mais il s'agit plus du cas d'un cas d'artiste MOR, comme surnomme les Anglosaxons ces artistes Middle Of the Road, qui ne font pas de vague et ne sont pas surprenants pour un sou, un truc (le MOR) sur lequel je reviendrais une autre fois. Ca ne veut pas forcément dire que c'est mauvais, sans surprise, c'est tout. Dans Glee, Blaine chantait Against all odds. C'est une chanson d'amour. Une chanson d'amour, c'est forcément sans surprise. Un truc doux et lent sur lequel on dit je t'aime, tu m'aimes, tu me manques, ne me quitte pas... A ce compte là, toutes les chansons d'amour serait cheesy. L'amour même serait cheesy. Or, réécoutez Against all odds, surtout dans la version dépouillé qu'en donne Darren Criss (Blaine) dans Glee. C'est juste une belle chanson, pas la peine d'en faire tout un fromage.
mercredi 27 mars 2013
You and me both
Il y a un morceau sur le premier album de Team Ghost qui s'appelle Things are sometimes tragic. De manière assez ironique, je trouve que c'est là que l'album, Rituals, prend vraiment son envol. C'est pas que ce soit à ce moment que les choses deviennent, comme l'indique le titre, tragic, mais c'est alors que, littéralement, la musique s'envole, gagne en espace, devient littéralement planante, très proche, dans l'esprit et le son, du meilleur de M83. L'ironie dans tout ça ? C'est que c'est Nicolas Fromageau, qui fut durant deux albums, la moitié de M83, qui a fondé Team Ghost. Or, c'est au M83 d'aujourd'hui plus qu'à celui qui débuta, sous la forme d'un duo donc, en 2001, que ressemble la présente formation de Nicolas Fromageau quand elle est, à mon goût, à son meilleur comme sur ce Things are sometimes tragic et, grosso modo, sur la moitié de l'album. J'imagine que, sur l'autre partie, un peu plus furieuse, sauvage et foutraque, Team Ghost a voulu montrer qu'ils étaient un vrai groupe de rock. Capables de jouer en live comme je les ai entendus, hier, sur France Inter. C'est d'ailleurs assez drôle car l'invité de l'émission, le sympathique, au demeurant, François Berléand, amené à se prononcer sur la performance du groupe, dit qu'il aimait ça, parce que c'était du rock et pas de la techno, qu'il détestait. Or la musique de Team Ghost doit bien plus aux musiques électroniques qu'au rock'n'roll, comme on peut l'entendre même sur Dead film stars, pas forcément le meilleur morceau mais un de ceux disponibles sur le Net puisque sorti en single.
D'ailleurs c'est peut-être parce que, dans ces moments là, Team Ghost ressemble moins à M83 (mais moins ne veut pas dire pas du tout) que ces titres là sortent en single. Pourtant, d'une certaine manière, Nicolas Fromageau pourrait tout aussi bien revendiquer la paternité du son puisque le premier album du duo d'alors, sorti très confidentiellement en 2001, portait déjà en jachère tout ce qui allait faire la marque M83 : des morceaux qui doivent autant au shoegaze qu'à l'electro, planants, mystérieux et capable aussi d'une subite euphorie capable de vous mettre en transe. Je me souviens très bien par exemple avoir écouté en boucle Sitting qui est d'ailleurs et pas du tout bizarrement le seul titre du premier album que reprenait en live M83 quand je les ai vus en concert l'an dernier.
Mais si les deux premiers albums réalisés en commun (M83 puis Dead Cities, Red Seas & Lost Ghost) m'ont plu, ce n'est précisément que lorsque M83 est devenu le seul jouet d'Anthony Gonzalez que ma passion pour le groupe a débuté. Soit avec l'album Before the dawn heals us qui reprenait tout ce que j'aimais chez eux avant mais poussait largement le bouchon plus loin, agrandissait son panorama. Comme si la petite graine que j'avais chéri donnait enfin de vraies fleurs. Je ne sais plus exactement quand Anthony Gonzalez a quitté la France pour s'installer à Los Angeles. J'aime à penser que c'est précisément au moment de cet album qui voyait les choses en beaucoup plus grand. Surtout, contrairement aux deux premiers albums, M83 faisait appel à des vocalistes. Enfin c'est ce que j'ai longtemps cru en écoutant Don't save us from the flames.
En fait de vocaliste, Anthony Gonzalez avait seulement donné de la voix. Sa voix. Car c'est lui qui chante comme je ne m'en apercevrais finalement qu'en allant le voir en live. Est-ce à ce sujet que le duo s'est séparé ? L'emploi de la voix ? Ou bien, plus basiquement, en ont-ils juste eu marre l'un de l'autre après leur première tournée ? Je n'en sais fichtre rien. Je trouve juste étonnant que, des années après, ces deux là, qui s'étaient sans doute bien trouvés, fassent peu ou prou la même musique, avec, comme je le mentionnais et le précise à nouveau un net avantage pour M83 qui, à mon goût, signe un sans faute depuis trois albums, raison pour laquelle je ne choisirais pas, pour illustrer mon penchant un des titres de l'ô combien acclamé (et à juste raison) Hurry up, we're dreaming (j'ai déjà posté il n'y a pas si longtemps Midnight City) mais plutôt l'immense Couleurs de l'album précédent (qui est le morceau que reprenait en rappel le groupe dans un déchainement euphorique - le mien et celui du reste des spectateurs tant c'est l'un des meilleurs groupes live que j'ai vu ces dernières années).
J'en étais là de mes réflexions quand, hier, au Grand Journal de Canal Plus, je vis Depeche Mode (à qui, comme tant d'autres, M83 doit beaucoup) qui venait annoncer leur nouvel album et leur tournée. Je ne reviendrais pas sur les liftings de tous les membres du groupe qui me rappellent le pire d'Indochine mais je regardais avec attention les visages de Dave Gahan et Martin Gore quand l'animatrice leur demandait s'ils se retrouvaient souvent en dehors des tournées et des disques. Jamais, fut leur réponse. Quiconque connaît un peu le groupe connaissait déjà la réponse puisqu'on sait que ces deux là ne s'apprécient que modérément. Ce ne doit pas être évident de chanter les chansons de Martin Gore pour Dave Gahan tout comme ça ne doit pas l'être pour Gore de ne voir ses chansons exister QUE lorsque Gahan les chante. C'est d'autant plus injuste que Martin Gore est un bon chanteur comme on peut l'entendre sur certaines chansons de Depeche Mode comme A question of lust, One Caress et, ma préférée en ce qui le concerne, Home.
Mais, malgré la voix céleste, proche d'un enfant de choeur de Martin Gore, pour le public, rien à faire : Depeche Mode a la voix de Dave Gahan. On sait finalement comment les choses se sont "arrangées" puisque après deux albums en solo de Dave Gahan, le chanteur a été autorisé à, lui aussi, écrire des chansons pour le groupe, toujours minoritaires, mais parfois réussies comme Broken sur l'album qui vient de sortir ou I want it all sur Playing the Angel.
Reste que le vrai génie de Depeche Mode, c'est Martin Gore. Qui n'est rien sans Dave Gahan. Ces deux là doivent faire contre mauvaise fortune bon gré. Pour exister artistiquement, ils doivent faire équipe. L'un ne va pas sans l'autre quand bien même l'un et l'autre ne se vont pas. C'est assez pathétique. Oui, Things are sometimes tragic. D'où le titre de ce post, également titre de cet album de Yazoo, formé par Alison Moyet et Vince Clarke, membre fondateur de... Depeche Mode, titre à l'ironie grinçante qui reflétait l'état d'esprit du duo alors (ils étaient sur le point de se séparer) et qu'illustrait une pochette sur laquelle se mordaient à mort deux dalmatiens (souvenez-vous, j'en avais déjà parlé ici).
D'ailleurs c'est peut-être parce que, dans ces moments là, Team Ghost ressemble moins à M83 (mais moins ne veut pas dire pas du tout) que ces titres là sortent en single. Pourtant, d'une certaine manière, Nicolas Fromageau pourrait tout aussi bien revendiquer la paternité du son puisque le premier album du duo d'alors, sorti très confidentiellement en 2001, portait déjà en jachère tout ce qui allait faire la marque M83 : des morceaux qui doivent autant au shoegaze qu'à l'electro, planants, mystérieux et capable aussi d'une subite euphorie capable de vous mettre en transe. Je me souviens très bien par exemple avoir écouté en boucle Sitting qui est d'ailleurs et pas du tout bizarrement le seul titre du premier album que reprenait en live M83 quand je les ai vus en concert l'an dernier.
Mais si les deux premiers albums réalisés en commun (M83 puis Dead Cities, Red Seas & Lost Ghost) m'ont plu, ce n'est précisément que lorsque M83 est devenu le seul jouet d'Anthony Gonzalez que ma passion pour le groupe a débuté. Soit avec l'album Before the dawn heals us qui reprenait tout ce que j'aimais chez eux avant mais poussait largement le bouchon plus loin, agrandissait son panorama. Comme si la petite graine que j'avais chéri donnait enfin de vraies fleurs. Je ne sais plus exactement quand Anthony Gonzalez a quitté la France pour s'installer à Los Angeles. J'aime à penser que c'est précisément au moment de cet album qui voyait les choses en beaucoup plus grand. Surtout, contrairement aux deux premiers albums, M83 faisait appel à des vocalistes. Enfin c'est ce que j'ai longtemps cru en écoutant Don't save us from the flames.
En fait de vocaliste, Anthony Gonzalez avait seulement donné de la voix. Sa voix. Car c'est lui qui chante comme je ne m'en apercevrais finalement qu'en allant le voir en live. Est-ce à ce sujet que le duo s'est séparé ? L'emploi de la voix ? Ou bien, plus basiquement, en ont-ils juste eu marre l'un de l'autre après leur première tournée ? Je n'en sais fichtre rien. Je trouve juste étonnant que, des années après, ces deux là, qui s'étaient sans doute bien trouvés, fassent peu ou prou la même musique, avec, comme je le mentionnais et le précise à nouveau un net avantage pour M83 qui, à mon goût, signe un sans faute depuis trois albums, raison pour laquelle je ne choisirais pas, pour illustrer mon penchant un des titres de l'ô combien acclamé (et à juste raison) Hurry up, we're dreaming (j'ai déjà posté il n'y a pas si longtemps Midnight City) mais plutôt l'immense Couleurs de l'album précédent (qui est le morceau que reprenait en rappel le groupe dans un déchainement euphorique - le mien et celui du reste des spectateurs tant c'est l'un des meilleurs groupes live que j'ai vu ces dernières années).
J'en étais là de mes réflexions quand, hier, au Grand Journal de Canal Plus, je vis Depeche Mode (à qui, comme tant d'autres, M83 doit beaucoup) qui venait annoncer leur nouvel album et leur tournée. Je ne reviendrais pas sur les liftings de tous les membres du groupe qui me rappellent le pire d'Indochine mais je regardais avec attention les visages de Dave Gahan et Martin Gore quand l'animatrice leur demandait s'ils se retrouvaient souvent en dehors des tournées et des disques. Jamais, fut leur réponse. Quiconque connaît un peu le groupe connaissait déjà la réponse puisqu'on sait que ces deux là ne s'apprécient que modérément. Ce ne doit pas être évident de chanter les chansons de Martin Gore pour Dave Gahan tout comme ça ne doit pas l'être pour Gore de ne voir ses chansons exister QUE lorsque Gahan les chante. C'est d'autant plus injuste que Martin Gore est un bon chanteur comme on peut l'entendre sur certaines chansons de Depeche Mode comme A question of lust, One Caress et, ma préférée en ce qui le concerne, Home.
Mais, malgré la voix céleste, proche d'un enfant de choeur de Martin Gore, pour le public, rien à faire : Depeche Mode a la voix de Dave Gahan. On sait finalement comment les choses se sont "arrangées" puisque après deux albums en solo de Dave Gahan, le chanteur a été autorisé à, lui aussi, écrire des chansons pour le groupe, toujours minoritaires, mais parfois réussies comme Broken sur l'album qui vient de sortir ou I want it all sur Playing the Angel.
Reste que le vrai génie de Depeche Mode, c'est Martin Gore. Qui n'est rien sans Dave Gahan. Ces deux là doivent faire contre mauvaise fortune bon gré. Pour exister artistiquement, ils doivent faire équipe. L'un ne va pas sans l'autre quand bien même l'un et l'autre ne se vont pas. C'est assez pathétique. Oui, Things are sometimes tragic. D'où le titre de ce post, également titre de cet album de Yazoo, formé par Alison Moyet et Vince Clarke, membre fondateur de... Depeche Mode, titre à l'ironie grinçante qui reflétait l'état d'esprit du duo alors (ils étaient sur le point de se séparer) et qu'illustrait une pochette sur laquelle se mordaient à mort deux dalmatiens (souvenez-vous, j'en avais déjà parlé ici).
dimanche 24 mars 2013
Dimanche, instantané
Depuis les débuts de ce blog, je m'obstine à vouloir toujours rassembler les morceaux sous une thématique pour ne pas faire de ce blog un blog comme les autres. Je m'interdis de juste balancer un titre en disant que c'est vachement bien et point. Je rappelle pour les retardataires que ça ne s'appelle pas C'est Une Vie pour rien puisque précisément je me plais à y relater ce qui fait de moi l'auditeur que je suis aujourd'hui et non l'auditeur que vous êtes, par exemple. C'est peut-être là que je me plante un peu car finalement vous dire d'écouter aujourd'hui, Comet par Hey Champ, qui a pris d'assaut le Web en quelques jours à peine, c'est aussi parler de ça.
C'est juste un morceau cool à écouter le dimanche, un truc d'after, même si pour qu'il y ait un after, il faut qu'il y ait eu un before qui n'est plus d'actualité de nos jours. De mon actualité, s'entend. Mais le dimanche a quelque chose de spécial précisément parce qu'il était dans le passé et parce qu'il continue d'être aujourd'hui, un jour lazy, paresseux où la seule dance possible consiste à taper du pied en attendant que le lundi, terrible et angoissant, n'arrive. Un jour pour soi, pour moi, pour toi, For you.
J'ai du mal à retrouver le nom de ce blog que je consultais fébrilement le dimanche matin et qui, précisément, s'était fait une spécialité de ces morceaux cool comme ce remix d'Evi Vine par le fabuleux Napoleon. Toujours est-il qu'un jour, le programmateur de ces sunday mornings finit par tirer sa révérence. Mais mon envie pour ce type de morceau le dimanche demeure. Des trucs pas prise de tête, doux, pas foncièrement indispensables, mais qui vous enveloppe comme une bonne doudoune. Du coton. Un peu comme celui qui enrobe le son de La Main sur For so long.
Ca peut donner une impression d'automne ou d'hiver, ces dimanches emmitouflés, mais je crois que ce sentiment dominical demeure au printemps ou à l'été où l'on remplace les couvertures par les rayons du soleil allongé sur une chaise longue au jardin, avec cette même soif d'apaisement par la musique, tranquille, comme celle de l'américan Astronauts etc..., dont je vous renvoie sur la page Soundcloud pour découvrir et télécharger gratos d'autres de ses merveilles, de type Sideswiped.
Oui, encore une fois, tout ça n'est pas bien sérieux, n'a pas vraiment de conséquence sur l'auditeur que je suis sur le long terme mais ça en dit beaucoup sur l'instant. Et finalement qu'est-ce qu'une vie si ce n'est une suite d'instants ?
C'est juste un morceau cool à écouter le dimanche, un truc d'after, même si pour qu'il y ait un after, il faut qu'il y ait eu un before qui n'est plus d'actualité de nos jours. De mon actualité, s'entend. Mais le dimanche a quelque chose de spécial précisément parce qu'il était dans le passé et parce qu'il continue d'être aujourd'hui, un jour lazy, paresseux où la seule dance possible consiste à taper du pied en attendant que le lundi, terrible et angoissant, n'arrive. Un jour pour soi, pour moi, pour toi, For you.
J'ai du mal à retrouver le nom de ce blog que je consultais fébrilement le dimanche matin et qui, précisément, s'était fait une spécialité de ces morceaux cool comme ce remix d'Evi Vine par le fabuleux Napoleon. Toujours est-il qu'un jour, le programmateur de ces sunday mornings finit par tirer sa révérence. Mais mon envie pour ce type de morceau le dimanche demeure. Des trucs pas prise de tête, doux, pas foncièrement indispensables, mais qui vous enveloppe comme une bonne doudoune. Du coton. Un peu comme celui qui enrobe le son de La Main sur For so long.
Ca peut donner une impression d'automne ou d'hiver, ces dimanches emmitouflés, mais je crois que ce sentiment dominical demeure au printemps ou à l'été où l'on remplace les couvertures par les rayons du soleil allongé sur une chaise longue au jardin, avec cette même soif d'apaisement par la musique, tranquille, comme celle de l'américan Astronauts etc..., dont je vous renvoie sur la page Soundcloud pour découvrir et télécharger gratos d'autres de ses merveilles, de type Sideswiped.
Oui, encore une fois, tout ça n'est pas bien sérieux, n'a pas vraiment de conséquence sur l'auditeur que je suis sur le long terme mais ça en dit beaucoup sur l'instant. Et finalement qu'est-ce qu'une vie si ce n'est une suite d'instants ?
lundi 18 mars 2013
Les choses en grand
Pour revenir deux secondes sur mon précédent post, ma bonne impression sur le single de Zazie se confirme sur l'album également nommé Cyclo, le meilleur de la dame depuis... Disons son meilleur tout court. Voilà : deux secondes. Et pas plus, et même si l'album est top, parce qu'il faut passer au reste. Le printemps est là. Non, pas au dessus de nos têtes mais dans les bacs. Va falloir d'ailleurs penser sérieusement à changer d'expression parce que les bacs des disquaires, eux mêmes, ont disparu. Alors que dit-on des nouveaux albums ? Qu'ils sont dans les tuyaux ? C'est moins joli comme image. En tout cas, c'est l'encombrement comme chaque année à cette même période pour le meilleur et pour le pire. Je ne veux pas, par là, parler (allitération même pas faite exprès) de la qualité des albums mais du fait qu'ils sont si nombreux à sortir ces jours-ci que, forcément, il y aura des cadavres sur le champ de bataille : des anonymes qui le resteront, parce que même s'ils auront bien fait leur boulot, ils n'auront pas cette curieuse lettre de recommandation qu'on demande de nos jours : le buzz. Buzz, qui tel le personnage du même nom dans Toy Story, ne dure que le temps d'un éclair mais bon... Les éclairs aussi peuvent s'avérer foudroyants. Bref, tout ça pour dire que les albums de Zazie donc mais aussi Woodkid, John Grant, Daughter, Night Works, Napoleon, Bastille (oui, on est très porté sur l'histoire de France, côté pseudo en Grande Bretagne en ce moment), Youth Lagoon, Kavinsky, Albin de la Simone, Johnny Marr se sont disputés les faveurs de mes oreilles ces derniers jours. Finalement heureusement que parmi tout ça se trouvent de réelles déceptions, des albums qu'on range dès le premier jour : ce sera ça de moins à devoir intégrer dans son disque dur, au propre comme au figuré, genre l'album d'Atoms For Peace, le "supergroupe" de Thom Yorke, le chanteur de Radiohead, autour de Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers, et du producteur Nigel Godrich, que, perso, je ne trouve pas super du tout, ou alors super prise de tête (voir ici). Je pourrais vous livrer ça tel quel, ce que je suis d'ailleurs en train de faire, mais préfère, comme d'habitude donner un peu de cohérence à l'ensemble. De toutes façons, il me faudra un peu de temps pour assimiler tout ça, trouver des mots à mettre sur les sons, et trouver les sons tout court, tant ces morceaux, qui viennent de paraître, ne sont pas forcément tous présents sur mes sources en illustrations (Soundcloud, Youtube, Daily Motion...).
Mais, si comme les chroniqueurs de mode, il me fallait donner une tendance à la saison qui s'annonce, je dirais qu'on y voit les choses en grand, panorama, façon cinéma. D'ailleurs, avant toute chose, c'est de cinéma que j'ai envie de parler car, même s'il n'a, pour l'instant, composé qu'une bande originale de film (pour Another Happy Day en 2011), il est clair que la musique d'Olafur Arnalds appelle les images et donc le grand écran. Olafur Arnalds, comme son nom l'indique et l'indiquerait encore mieux si j'arrivais à mettre un accent sur le O, est islandais. Il a même acquis dans son pays, nous indique cette fois sa note biographique Wikipedia, une renommée comparable à celle de ses compatriotes Björk et Sigùr Ros avec lesquels il a tourné il y a cinq ans. Mais comment en arrivais-je à Olafur ? Car, comme vous le savez, ou ne le savez pas, ce qui, en la matière, revient au même, Olafur Arnalds n'a pas créé (encore, du moins, et à ma connaissance) le buzz. Eh bien, il se trouve que, mon attrait vers les musiques du nord de l'Europe aidant forcément, ma curiosité a été plus que titillée par un type qui s'appelle Olafur. Rajoutez à ça une pochette immaculée où apparaît, comme dans les nuages, la silhouette en gris dudit Olafur et le titre de son album, For now I am winter, et il fallait que j'écoute au moins un titre pour en avoir le coeur net. Un titre plus tard, il me fallait tout l'album de la même façon qu'un album plus tard, il me fallait tout ce qu'avait pu enregistrer Olafur Arnalds jusqu'à présent. Je ne sais d'ailleurs plus quel est le titre qui m'a persuadé de prolonger ma ballade en For now I am winter tant tous les morceaux de cet album sont absolument fantastiques. Prenons Only the winds qui représente assez bien l'album.
Le piano prédomine, accompagné d'un quatuor de cordes, dont les mouvements sont amplifiés parfois par un grand orchestre, le tout enjolivé de délicates enluminures électroniques. Vous trouverez tout ça expliqué dans la vidéo qu'Olafur Arnalds a fait pour expliquer la petite application qu'on trouve sur son site et qui permet précisément de décortiquer ce morceau ; allez y, mettez les boutons sur on et off, privilégiez des pistes, c'est plutôt rigolo. Arnalds n'est pas chanteur mais musicien. Sur certains titres de l'album, un chanteur, Arnor Dan, prête sa voix. Sûr qu'au prochain album, s'il le souhaite, Olafur Arnalds pourra débaucher tous les chanteurs qu'il voudra. Un peu à la façon de Craig Armstrong. D'ailleurs, clairement, c'est à Craig Armstrong que m'a fait penser Olafur Arnalds : même façon d'alterner instrumentaux et chansons, même façon mélancolique d'user et abuser des cordes et du piano pour produire une grande émotion, même façon d'y ajouter une bonne pincée d'électronique. Rappel aux ignares : c'est à Craig Armstrong que Massive Attack avait fait appel pour les arrangements de cordes sur l'album Protection, Armstrong allant même jusqu'à cosigner deux morceaux dont le Weather Storm dont il livra sa propre version plus tard sur son premier album signé par le label de, bouclons la boucle, Massive Attack.
Oui, un grand orchestre, tout de suite, ça en jette. Forcément, le nombre aidant, le morceau rentre dans une autre dimension. Plus ample. C'est finalement ce même genre d'emphase, pourrait-on dire, auquel aspire Woodkid, la sensation du moment. En matière de buzz, on a d'ailleurs droit à un champion : deux singles et son nom est sur toutes les lèvres avant la sortie, aujourd'hui, de son album qui donnait lieu ce matin à une journée spéciale sur France Inter où, en plus d'être l'invité de l'émission de Pascale Clark, Woodkid avait "rhabillé" toute l'antenne en créant des jingles spéciaux. Je ne dis pas que le monsieur n'a pas de talent. Au contraire, j'ai été, comme d'autres, totalement subjugué par la beauté de son titre inaugural, Iron, sorti il y a deux ans maintenant, que ce soit le son ou l'image, puisqu'il est également le metteur en image de son clip.
C'est d'ailleurs aussi parce qu'il met en scène les clips de la très hype Lana Del Rey que cette même hype a rejailli sur lui. Ce qui en fait un artiste total (il dessine aussi les pochettes de ses disques), ce qui va très bien à l'époque, mais représente quand même un gros changement quand on pense qu'on aime pas trop, ou du moins qu'on aimait pas trop, en France en tout cas, mélanger les casquettes, ce dont plus d'un acteur(/trice) chanteur(/euse) peut attester. Donc, soit : Woodkid a du talent à revendre et mérite tout le bruit qu'il y a autour de lui (l'album est hautement recommandable). Mais dans ce bruit, pourquoi n'ai-je pas entendu une voix pour dire qu'on avait déjà eu, en France, quelqu'un qui lui aussi aimait utiliser force cordes et trompettes avec autant de classe ? Sans doute parce que c'est moins hype d'oser déclarer sa flamme à William Sheller. Or, si l'on écoute Excalibur par exemple, l'air de famille m'apparaît clairement. Mais peut-être n'est-ce que moi ?
Je ne voulais surtout pas finir sur ce morceau de Sheller parce que, même si je le trouve très réussi, je peux comprendre qu'on puisse le trouver "too much". Comme trop de cordes, trop d'orchestrations, trop d'emphase, bref, trop de tout. Or William Sheller n'est jamais meilleur (souvenez-vous d'Un homme heureux) que lorsqu'il est seul au piano. Et c'est précisément ce qu'il partage avec tous les artistes de cette page. Craig Armstrong a beau être un orchestrateur et arrangeur de cordes génial, il a livré ses dernières mélodies au piano. Enlevez les cordes et les arrangements d'Olafur Arnalds et les mélodies restent magnifiques accompagnées du seul piano. Même Woodkid n'a pas besoin de tout ça puisqu'avec une seule guitare, sur Brooklyn, il sait se montrer très touchant. Tout ces artistes, me semble-t-il, partagent un même talent. Immense. Aussi n'y a-t-il pas de mal, pour eux, à voir les choses en grand. Même si, comme sur son fort bien nommé album Epures en 2004, Sheller montrait qu'il n'est pas toujours la peine d'en rajouter.
Mais, si comme les chroniqueurs de mode, il me fallait donner une tendance à la saison qui s'annonce, je dirais qu'on y voit les choses en grand, panorama, façon cinéma. D'ailleurs, avant toute chose, c'est de cinéma que j'ai envie de parler car, même s'il n'a, pour l'instant, composé qu'une bande originale de film (pour Another Happy Day en 2011), il est clair que la musique d'Olafur Arnalds appelle les images et donc le grand écran. Olafur Arnalds, comme son nom l'indique et l'indiquerait encore mieux si j'arrivais à mettre un accent sur le O, est islandais. Il a même acquis dans son pays, nous indique cette fois sa note biographique Wikipedia, une renommée comparable à celle de ses compatriotes Björk et Sigùr Ros avec lesquels il a tourné il y a cinq ans. Mais comment en arrivais-je à Olafur ? Car, comme vous le savez, ou ne le savez pas, ce qui, en la matière, revient au même, Olafur Arnalds n'a pas créé (encore, du moins, et à ma connaissance) le buzz. Eh bien, il se trouve que, mon attrait vers les musiques du nord de l'Europe aidant forcément, ma curiosité a été plus que titillée par un type qui s'appelle Olafur. Rajoutez à ça une pochette immaculée où apparaît, comme dans les nuages, la silhouette en gris dudit Olafur et le titre de son album, For now I am winter, et il fallait que j'écoute au moins un titre pour en avoir le coeur net. Un titre plus tard, il me fallait tout l'album de la même façon qu'un album plus tard, il me fallait tout ce qu'avait pu enregistrer Olafur Arnalds jusqu'à présent. Je ne sais d'ailleurs plus quel est le titre qui m'a persuadé de prolonger ma ballade en For now I am winter tant tous les morceaux de cet album sont absolument fantastiques. Prenons Only the winds qui représente assez bien l'album.
Le piano prédomine, accompagné d'un quatuor de cordes, dont les mouvements sont amplifiés parfois par un grand orchestre, le tout enjolivé de délicates enluminures électroniques. Vous trouverez tout ça expliqué dans la vidéo qu'Olafur Arnalds a fait pour expliquer la petite application qu'on trouve sur son site et qui permet précisément de décortiquer ce morceau ; allez y, mettez les boutons sur on et off, privilégiez des pistes, c'est plutôt rigolo. Arnalds n'est pas chanteur mais musicien. Sur certains titres de l'album, un chanteur, Arnor Dan, prête sa voix. Sûr qu'au prochain album, s'il le souhaite, Olafur Arnalds pourra débaucher tous les chanteurs qu'il voudra. Un peu à la façon de Craig Armstrong. D'ailleurs, clairement, c'est à Craig Armstrong que m'a fait penser Olafur Arnalds : même façon d'alterner instrumentaux et chansons, même façon mélancolique d'user et abuser des cordes et du piano pour produire une grande émotion, même façon d'y ajouter une bonne pincée d'électronique. Rappel aux ignares : c'est à Craig Armstrong que Massive Attack avait fait appel pour les arrangements de cordes sur l'album Protection, Armstrong allant même jusqu'à cosigner deux morceaux dont le Weather Storm dont il livra sa propre version plus tard sur son premier album signé par le label de, bouclons la boucle, Massive Attack.
Oui, un grand orchestre, tout de suite, ça en jette. Forcément, le nombre aidant, le morceau rentre dans une autre dimension. Plus ample. C'est finalement ce même genre d'emphase, pourrait-on dire, auquel aspire Woodkid, la sensation du moment. En matière de buzz, on a d'ailleurs droit à un champion : deux singles et son nom est sur toutes les lèvres avant la sortie, aujourd'hui, de son album qui donnait lieu ce matin à une journée spéciale sur France Inter où, en plus d'être l'invité de l'émission de Pascale Clark, Woodkid avait "rhabillé" toute l'antenne en créant des jingles spéciaux. Je ne dis pas que le monsieur n'a pas de talent. Au contraire, j'ai été, comme d'autres, totalement subjugué par la beauté de son titre inaugural, Iron, sorti il y a deux ans maintenant, que ce soit le son ou l'image, puisqu'il est également le metteur en image de son clip.
C'est d'ailleurs aussi parce qu'il met en scène les clips de la très hype Lana Del Rey que cette même hype a rejailli sur lui. Ce qui en fait un artiste total (il dessine aussi les pochettes de ses disques), ce qui va très bien à l'époque, mais représente quand même un gros changement quand on pense qu'on aime pas trop, ou du moins qu'on aimait pas trop, en France en tout cas, mélanger les casquettes, ce dont plus d'un acteur(/trice) chanteur(/euse) peut attester. Donc, soit : Woodkid a du talent à revendre et mérite tout le bruit qu'il y a autour de lui (l'album est hautement recommandable). Mais dans ce bruit, pourquoi n'ai-je pas entendu une voix pour dire qu'on avait déjà eu, en France, quelqu'un qui lui aussi aimait utiliser force cordes et trompettes avec autant de classe ? Sans doute parce que c'est moins hype d'oser déclarer sa flamme à William Sheller. Or, si l'on écoute Excalibur par exemple, l'air de famille m'apparaît clairement. Mais peut-être n'est-ce que moi ?
Je ne voulais surtout pas finir sur ce morceau de Sheller parce que, même si je le trouve très réussi, je peux comprendre qu'on puisse le trouver "too much". Comme trop de cordes, trop d'orchestrations, trop d'emphase, bref, trop de tout. Or William Sheller n'est jamais meilleur (souvenez-vous d'Un homme heureux) que lorsqu'il est seul au piano. Et c'est précisément ce qu'il partage avec tous les artistes de cette page. Craig Armstrong a beau être un orchestrateur et arrangeur de cordes génial, il a livré ses dernières mélodies au piano. Enlevez les cordes et les arrangements d'Olafur Arnalds et les mélodies restent magnifiques accompagnées du seul piano. Même Woodkid n'a pas besoin de tout ça puisqu'avec une seule guitare, sur Brooklyn, il sait se montrer très touchant. Tout ces artistes, me semble-t-il, partagent un même talent. Immense. Aussi n'y a-t-il pas de mal, pour eux, à voir les choses en grand. Même si, comme sur son fort bien nommé album Epures en 2004, Sheller montrait qu'il n'est pas toujours la peine d'en rajouter.
mercredi 13 mars 2013
Une fille qui chante à la radio
Je ne sais pas pourquoi j'admire tant d'artistes féminines. Ou bien si. Pour plusieurs raisons. Les femmes ont été trop longtemps absentes de la musique, et des arts en général, pour que dès que parvienne leur sensibilité féminine, on soit, pour qui est à la recherche de nouveauté, subjugué ; ça rejoint plus ou moins ce que j'avais écrit lors de mon dernier post. Ensuite, je ne pense pas qu'être élevé parmi des femmes comme ce fut mon cas, entre trois sœurs et ma mère, ne laisse pas de trace. Enfin, puisque l'on parle de mère, peut-être le chant d'une femme rappelle-t-il à mon inconscient celui de ma mère, enfant, voire avant. Pour toutes ces raisons là, quand une femme s'attaque à un registre aussi balisée que la variété, j'attends d'elle quelque chose d'original, une nouvelle voie. Et pour tout ça, je suis un grand fan de Zazie. Je n'apprécie pas tout son répertoire, mais toujours, en tout cas, cette façon qu'elle a de chercher autre chose, un truc moins commun que ses pairs masculins, ou, tout du moins, différent. Cette démarche, cette recherche là, souvent plus que ses fruits, me passionne. Même à ses tout débuts, quand sa silhouette d'artiste était encore mal dessinée, elle était allée enregistrer son premier album dans les studios Real World, de son idole, Peter Gabriel. Et même si le résultat est encore très approximatif, on peut lui reconnaître l'audace d'un single comme Je, tu, ils.
Zazie - Je tu ils par val6210
Mais Zazie s'est réellement fait une place et une identité dans la variété française via son deuxième album, Zen. Comme tout le monde, ou, comme beaucoup de monde, c'est Larsen qui m'a amené à l'album, que je trouve une chanson pop parfaite. Mais l'album comporte bien d'autres perles. Des choses peut-être plus intimes, plus fragiles et donc, paradoxalement, plus fortes. Les moutons qui venait conclure l'album en forme de morceau caché est à mon sens l'un des rares exemples réussis de rencontre entre l'ambient et la chanson française. J'envoie valser est une chanson pleine de grâce et je suis d'ailleurs assez bluffé par le sort qui lui fut réservé puisque, même si elle n'est jamais sortie en single, elle est systématiquement reprise dans tous les télécrochets par des aspirants à la gloire. Allez faire un tour sur Youtube et voyez le nombre de covers de cette chanson, c'est assez bluffant. Un standard en somme. Je t'aime mais est un joli hommage à Gainsbourg même si son plus bel hommage en la matière sera la chanson qu'elle écrivit plus tard pour Jane Birkin, C'est comme ça. Mais somme toute, Zazie n'est jamais plus touchante que sur La la la enregistrée, comme marqué sur le livret du disque, en une prise dans sa cuisine, d'où ce son un peu cracra avec des plops sur les P, mais qu'importe quand l'émotion est là.
C'est d'ailleurs à cette émotion qu'elle sait véhiculer que je me suis rattaché quand ses compositions ne me convenaient plus, comme sur les albums suivants, Made in live et La zizanie, et leurs guitares un peu trop présentes à mon goût. Car, c'est là un des points forts de Zazie, il y a toujours, sur ses albums, une chanson qui va emporter mon adhésion. En l'occurrence, c'était, pour le premier, Chanson d'ami, et, sur le second, Sur toi, deux chansons qui savent toujours m'émouvoir ; une histoire d'accord mineur sans doute, même si je ne suis pas assez musicien pour pouvoir me prononcer de manière certaine. C'est ce type de chanson, plus ou moins mélancolique, qui ancrent définitivement ses disques dans ma collection et, allais je dire de manière un peu emphatique, dans mon coeur ; des chansons comme Slow, J'arrive, Je vous aime ou Ca.
Zazie l'Amour "ça" ne s'oublie pas, c'est fort... par alizoh8
Pour en revenir à Youtube, en faisant les recherches sur ce post, j'ai trouvé une flopée, à chaque fois, de reprises amateurs de chaque chanson de Zazie. Pour deux raisons me semble-t-il. D'abord parce que je ne suis pas le seul à être touché par ses chansons. Mais aussi parce qu'elle paraissent, comme leur interprète, accessibles. Comme si c'était facile de chanter du Zazie, ce que je ne démens pas puisque moi même, je chante à tue tête sur ses chansons. Mais cette facilité apparente ne doit pas cacher la complexité que Zazie cherche à apporter à ses chansons, via des arrangements plus subtils que dans la plupart de la variétoche grand public qui passe généralement à la radio. Pour l'album Rodéo, elle est par exemple aller chercher Philippe Paradis, dont les claviers venaient d'illuminer les deux derniers albums de Christophe encensés par la critique. C'est d'ailleurs resté son compagnon, ce qui pourrait paraître accessoire et purement people, mais donne la direction à son travail depuis. Elle est toujours à la recherche et pas dans la seule redite de ce qu'elle a déjà pu faire. C'est ce qui la différencie, par exemple, de Pascal Obispo auquel on l'a beaucoup associée au début, précisément parce qu'elle s'y était associée au début de sa carrière puis par la suite, via le single Mes meilleurs ennemis. Mais si l'un comme l'autre ont amené, au début des 90's, un petit vent frais, seule Zazie a su conserver la fraîcheur de sa production. Parce qu'elle a toujours cherché, parce qu'elle cherche toujours. Quitte à se planter comme pour le projet Za7ie ou elle avait conçu sept titres sur sept thématiques pour chacun des sept jours de la semaine, ce qui est bien plus que ne peut supporter un auditeur et qui n'est surtout pas digne d'une artiste qui se doit, précisément, de faire le tri entre des morceaux qui auraient du rester des maquettes et d'autres qu'il s'agissait d'aboutir. Résultat : un gros gloubiboulga. Mais ça donne aussi de belles réussites même si ce ne sont pas celles qui font les plus gros succès ; je trouve curieux par exemple que Je suis un homme, plutôt fade à mon goût, ait été un si gros tube, alors que FM Air fut un flop retentissant, quand bien même cette chanson, bourrée de clin d'oeil à son répertoire (c'était la chanson inédite de son best of), était autrement plus réussie et culottée. Il y a notamment ce break à 2'20 que je trouve toujours sublime avec ces étranges sonorités de claviers. Oui, des sonorités étranges de claviers, on en a déjà entendues, et des plus téméraires, ailleurs, mais là, encore une fois, c'est au beau milieu d'une chanson de variété, un truc, comme le dit le titre, qui passe à la radio. Et c'est quand même bien plus gonflé (trop sans doute, à en juger par le succès du titre) que ce que font les autres, au milieu desquels elle évolue.
Zazie - Fm Air (HQ) par wonderful-life1989
L'annonce de son nouvel album m'a fait plaisir, non seulement parce que j'ai de la tendresse pour le personnage et, donc, certaines de ses chansons, mais aussi, mais surtout, parce que c'est la même démarche qui l'attire : chercher, toujours et encore, pour rendre sa musique unique dans le contexte dans lequel elle évolue. Pour faire entendre une voix féminine originale au sein d'une varièt' encore trop souvent (comme tout le reste) dominé par les mâles, de sa voix qu'elle a, et c'est très joli, de plus en plus voilée (la clope, j'imagine). Comme d'habitude, ce ne sera pas toujours très réussi (le premier single, Les contraires, ne m'a fait ni chaud ni froid) mais ça paiera quand ce le sera, comme sur Cyclo, titre de l'album à venir, et, en attendant, titre de cette chanson qui ne cesse de tourner en boucle, ici, depuis que je l'ai découverte.
Zazie - Je tu ils par val6210
Mais Zazie s'est réellement fait une place et une identité dans la variété française via son deuxième album, Zen. Comme tout le monde, ou, comme beaucoup de monde, c'est Larsen qui m'a amené à l'album, que je trouve une chanson pop parfaite. Mais l'album comporte bien d'autres perles. Des choses peut-être plus intimes, plus fragiles et donc, paradoxalement, plus fortes. Les moutons qui venait conclure l'album en forme de morceau caché est à mon sens l'un des rares exemples réussis de rencontre entre l'ambient et la chanson française. J'envoie valser est une chanson pleine de grâce et je suis d'ailleurs assez bluffé par le sort qui lui fut réservé puisque, même si elle n'est jamais sortie en single, elle est systématiquement reprise dans tous les télécrochets par des aspirants à la gloire. Allez faire un tour sur Youtube et voyez le nombre de covers de cette chanson, c'est assez bluffant. Un standard en somme. Je t'aime mais est un joli hommage à Gainsbourg même si son plus bel hommage en la matière sera la chanson qu'elle écrivit plus tard pour Jane Birkin, C'est comme ça. Mais somme toute, Zazie n'est jamais plus touchante que sur La la la enregistrée, comme marqué sur le livret du disque, en une prise dans sa cuisine, d'où ce son un peu cracra avec des plops sur les P, mais qu'importe quand l'émotion est là.
C'est d'ailleurs à cette émotion qu'elle sait véhiculer que je me suis rattaché quand ses compositions ne me convenaient plus, comme sur les albums suivants, Made in live et La zizanie, et leurs guitares un peu trop présentes à mon goût. Car, c'est là un des points forts de Zazie, il y a toujours, sur ses albums, une chanson qui va emporter mon adhésion. En l'occurrence, c'était, pour le premier, Chanson d'ami, et, sur le second, Sur toi, deux chansons qui savent toujours m'émouvoir ; une histoire d'accord mineur sans doute, même si je ne suis pas assez musicien pour pouvoir me prononcer de manière certaine. C'est ce type de chanson, plus ou moins mélancolique, qui ancrent définitivement ses disques dans ma collection et, allais je dire de manière un peu emphatique, dans mon coeur ; des chansons comme Slow, J'arrive, Je vous aime ou Ca.
Zazie l'Amour "ça" ne s'oublie pas, c'est fort... par alizoh8
Pour en revenir à Youtube, en faisant les recherches sur ce post, j'ai trouvé une flopée, à chaque fois, de reprises amateurs de chaque chanson de Zazie. Pour deux raisons me semble-t-il. D'abord parce que je ne suis pas le seul à être touché par ses chansons. Mais aussi parce qu'elle paraissent, comme leur interprète, accessibles. Comme si c'était facile de chanter du Zazie, ce que je ne démens pas puisque moi même, je chante à tue tête sur ses chansons. Mais cette facilité apparente ne doit pas cacher la complexité que Zazie cherche à apporter à ses chansons, via des arrangements plus subtils que dans la plupart de la variétoche grand public qui passe généralement à la radio. Pour l'album Rodéo, elle est par exemple aller chercher Philippe Paradis, dont les claviers venaient d'illuminer les deux derniers albums de Christophe encensés par la critique. C'est d'ailleurs resté son compagnon, ce qui pourrait paraître accessoire et purement people, mais donne la direction à son travail depuis. Elle est toujours à la recherche et pas dans la seule redite de ce qu'elle a déjà pu faire. C'est ce qui la différencie, par exemple, de Pascal Obispo auquel on l'a beaucoup associée au début, précisément parce qu'elle s'y était associée au début de sa carrière puis par la suite, via le single Mes meilleurs ennemis. Mais si l'un comme l'autre ont amené, au début des 90's, un petit vent frais, seule Zazie a su conserver la fraîcheur de sa production. Parce qu'elle a toujours cherché, parce qu'elle cherche toujours. Quitte à se planter comme pour le projet Za7ie ou elle avait conçu sept titres sur sept thématiques pour chacun des sept jours de la semaine, ce qui est bien plus que ne peut supporter un auditeur et qui n'est surtout pas digne d'une artiste qui se doit, précisément, de faire le tri entre des morceaux qui auraient du rester des maquettes et d'autres qu'il s'agissait d'aboutir. Résultat : un gros gloubiboulga. Mais ça donne aussi de belles réussites même si ce ne sont pas celles qui font les plus gros succès ; je trouve curieux par exemple que Je suis un homme, plutôt fade à mon goût, ait été un si gros tube, alors que FM Air fut un flop retentissant, quand bien même cette chanson, bourrée de clin d'oeil à son répertoire (c'était la chanson inédite de son best of), était autrement plus réussie et culottée. Il y a notamment ce break à 2'20 que je trouve toujours sublime avec ces étranges sonorités de claviers. Oui, des sonorités étranges de claviers, on en a déjà entendues, et des plus téméraires, ailleurs, mais là, encore une fois, c'est au beau milieu d'une chanson de variété, un truc, comme le dit le titre, qui passe à la radio. Et c'est quand même bien plus gonflé (trop sans doute, à en juger par le succès du titre) que ce que font les autres, au milieu desquels elle évolue.
Zazie - Fm Air (HQ) par wonderful-life1989
L'annonce de son nouvel album m'a fait plaisir, non seulement parce que j'ai de la tendresse pour le personnage et, donc, certaines de ses chansons, mais aussi, mais surtout, parce que c'est la même démarche qui l'attire : chercher, toujours et encore, pour rendre sa musique unique dans le contexte dans lequel elle évolue. Pour faire entendre une voix féminine originale au sein d'une varièt' encore trop souvent (comme tout le reste) dominé par les mâles, de sa voix qu'elle a, et c'est très joli, de plus en plus voilée (la clope, j'imagine). Comme d'habitude, ce ne sera pas toujours très réussi (le premier single, Les contraires, ne m'a fait ni chaud ni froid) mais ça paiera quand ce le sera, comme sur Cyclo, titre de l'album à venir, et, en attendant, titre de cette chanson qui ne cesse de tourner en boucle, ici, depuis que je l'ai découverte.
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