Histoire de ne pas oublier quand je serais vieux et sénile, tout ce que j'ai pu écouter l'année dernière, et, aussi, parce qu'on me le demande, voici le best of de l'année.
D'abord le sentiment général d'avoir traversé une année pas terrible. Quand j'étais porté par une chanson, l'album ne suivait pas. Ou si l'album était bien, aucune chanson ne s'y distinguait réellement. Pas de truc immense ou bien alors si évident que tout le monde s'en est gavé, tant et si bien que les (peut-être) meilleurs morceaux de l'année sont aussi ceux dont on m'a tant seriné les oreilles que j'ai du mal à les classer ici. Donc pas de Blurred lines (chanté par Pharell Williams), de Happy (par Pharell Williams) ou Get lucky (Pharell Williams, encore) - enfin pas tout à fait, pour cette dernière mais j'y reviendrais. A part ça, j'aimerais bien avoir le compte en banque de Pharell Williams à la fin de cette année.
Histoire d'appuyer mes propos, je n'ai eu aucun mal à rassembler mes titres favoris de l'année sans dépasser les limites alors que les années précédentes, j'ai toujours du faire des choix cruels. A se demander si les années creuses, je ne devrais pas ressortir les oubliés des années précédentes.
De toutes façons, c'est ce qui est de plus en plus en train de se passer. J'ai vu que Les Inrockuptibles classaient dans les meilleurs singles de l'année le You know you like it d'AlunaGeorge que j'avais moi même classé dans les meilleurs l'année dernière. Et à vrai dire, ça devient difficile de savoir quand un morceau est réellement sorti entre les fuites sur le Net ou sa mise en avant à tel ou tel moment, via un blog, un film, une pub ou autre. De plus en plus, il faudra dire "les morceaux que j'ai aimé l'année dernière" et s'habituer à y mettre des vieilleries, certes, mais découvertes de l'année.
Bref, tout ceci étant dit, voici 80 titres que j'ai aimés en 2013, présentés en 4 parties, en espérant, au moment où j'entame ce billet pouvoir fournir un lien vers les titres proposés mais les mystères du Web... Un dernier truc : pas question que je donne de classement dans tout ça et, comme l'année dernière, j'ai retenu l'ordre alphabétique.
Airhead Autumn
Un bidouilleur electro anglais, collaborateur de James Blake. Joli titre pour joli album
Alan Braxe Time machine
On oublie souvent de dire à quel point le Music sounds better with you de Stardust doit autant à Thomas Bangalter de Daft Punk qu'à Alan Braxe. Cette année le Français a livré un EP gratuit sur Internet (oui, c'est au passé, fallait être là, hein!). D'un côté One more chance, tout aussi réussi, mais c'est Time machine qui a le plus traîné dans mon oreille.
AlunaGeorge Attracting flies
Déjà repéré l'année dernière, j'attendais beaucoup de leur premier album. Peut-être un peu trop. Mais Attracting flies (ainsi que les autres singles) sont quand même très, très bien faits.
Arcade Fire Joan of Arc
Le meilleur album de l'année. Difficile d'en tirer un morceau plutôt qu'un autre mais j'adore le "Jeanne d'Arc, oh!" de Régine Chassagne sur le refrain de celui-là.
Arcade Fire ☨ JOAN OF ARC ☨ (unofficial music video - from the album Reflektor) from Craig J. Clark on Vimeo.
Arcade Fire We exist (Night Drive remix)
Les années passées, parce que j'avais trop de matière, je ne m'autorisais qu'un titre par album. Cette année, la matière n'étant pas au rendez-vous, c'est avec plaisir que j'ai octroyé deux titres à deux albums. D'autant que pour celui-ci, il y a le remix de Night Drive qui emmène un peu plus loin sur le dancefloor (la direction du dernier album) le We exist via des synthés qui ne sont pas sans rappeler le I Feel Love de Donna Summer.
Olafur Arnalds Only the winds
J'ai découvert cette année cet Islandais génial et ai rattrapé tout mon retard sur sa discographie mais LE morceau qui m'a fait le rencontrer, qui reste insurpassable et renvoie aux grandes heures de Craig Armstrong, c'est Only the winds.
Astronauts, etc 17
Pour le moment, Astronauts, etc., musicien d'Oakland, ce ne sont que quelques morceaux sur le Net et un ou deux EPs. Mais ça donne vachement envie, comme cette reprise inspirée d'un titre de Youth Lagoon, 17 donc.
Autour de Lucie Ta lumière particulière
Je n'ai jamais particulièrement aimé, ni particulièrement détesté Autour de Lucie. Sympa, pensais-je, jusque là. Or à l'occasion de leur sortie de retraite après 8 ans d'absence, ils nous ont gratifié d'un titre pour le Disquaire Day, qui est, d'après moi, l'un des meilleurs trucs en français sortis l'année dernière. Ca donne envie pour l'album.
Babx & Camelia Jordana Je ne t'ai jamais aimé
C'est grâce à Babx que Camelia Jordana, échappée de la Nouvelle Star, a connu le succès. Normal qu'elle lui rende la monnaie de sa pièce sur cette chanson en forme d'antiphrase et donc, du coup, de belle et désespérée chanson d'amour.
Bent Ding dong song
Première tricherie de la liste puisque ce morceau ne date pas de l'année dernière. Toutefois, c'est en 2013, sur l'album très, très conseillé From the vaults, bourré d'inédits plus formidables les uns que les autres, que j'ai fait la connaissance de Ding dong song. Attention, gros risque de ne plus pouvoir s'arrêter de faire "Ding! Ding! Ding! Ding! Ding!" après écoute.
Bibio A tout à l'heure
Je ne connaissais pas ce musicien anglais qui fait une carrière (discrète) depuis quelques années. L'album est joli mais pas à la hauteur de A tout à l'heure, une ritournelle qui fait que vous ne direz plus "A tout à l'heure" sans avoir à l'esprit ces quelques notes de musique pour l'accompagner.
James Blake Retrograde
Je trouve le deuxième album de James Blake, bien que remarquable, moins bon que le premier. En revanche, je ne sais pas si une seule des chansons du premier album arrivait à la hauteur de ce single parfait.
Boards of Canada Nothing is real
Boards of Canada ont bien failli ne pas se retrouver dans ma liste même si leur album Tomorrow's harvest est une réussite. Mais, c'est bien là le problème, c'est plutôt le genre d'album à vivre comme un grand trip, avec un joint de préférence. Avec ou sans, joint ou album, on peut toutefois, je pense, apprécier Nothing is real.
Clarika Mais non mon chat
Vu qu'elle sort d'un album qui frisait l'excellence, Clarika avait de forte chances de ne pas renouveler l'exploit avec l'album suivant. Et c'est vrai que La tournure des choses reste en deça de Moi en mieux. Mais comme Clarika, c'est quand même le très, très haut du panier, ça reste très bien, comme lorsqu'elle essaye ici, de rassurer sa fille, dans une version live, la seule trouvable sur le Web, pas très éloignée de l'original.
Cold War Kids Miracle mile
En découvrant Miracle mile, j'ai pensé que Cold War Kids allaient faire un carton avec leur album, recommandé, Dear miss Lonelyhearts. Comme quoi tout le monde peut se planter.
Daft Punk (featuring Panda Bear) Doin' it right
Je me suis vaguement énervé à la sortie de l'album de Daft Punk sur l'aspect commerce de la chose. On nous sortait du lourd, on était prévenu, un album événement. Ca m'a énervé comme ces slogans publicitaires qui, pour un film, un livre ou autre, annoncent "Déjà culte"! Ceci étant dit, et passé, l'album reste l'un des meilleurs de l'année et j'en ai extrait le morceau qui m'a tout de suite accroché et ne m'a plus quitté depuis.
Daughter Get lucky
J'avais dit pas de Get lucky... par Pharell Williams. En revanche, on peut me resservir tant qu'on veut cette reprise lugubre de Daughter, qui, c'est dommage pour leur charmant premier album, ne s'est jamais montré aussi convaincant que sur cette reprise.
Vincent Delerm L'Hacienda
Chanson super émouvante si tant est que vous ayez eu une petite vingtaine d'années dans les années 80/90 et que vous vous souveniez de l'Hacienda, club mythique de Manchester. Chanson nostalgique donc impossible à trouver sur le Net si ce n'est dans cette émission de France Inter aux alentours de 50'.
Victor Démé Djon Maya (Synapson remix)
Victor Démé est un vieux musicien burkinabé qui, après 30 ans de carrière, a enregistré son premier album en 2008. Je n'en aurais rien su si Synapson n'avait décidé cette année de remixer l'un de ses morceaux. Deux univers qui s'entrechoquent, le blues africain de Démé et les bidouillages électro de Synapson et c'est là que je trouve mon bonheur.
Disclosure When a fire starts to burn
Egalement repérés l'année dernière, les frères Disclosure ont éclaté à juste titre avec l'album Settle dont la rage de ce morceau d'introduction me fait penser, à une autre époque et avec un autre son, à celle qu'a pu être celle de The Prodigy.
mardi 7 janvier 2014
jeudi 19 décembre 2013
Bye bye 2013
Say hello to 2014. Metronomy revient en mars avec un nouvel album. Personnellement, je trouve ça très, comment dirais-je... "choup doup doup ah"?
Charlotte forever
Dans le prochain Lars Von Trier, Charlotte Gainsbourg sera Joe. Pour le film, Charlotte chante Joe. Jo l'aime beaucoup.
mercredi 11 décembre 2013
Je vois rouge
Tant qu'à faire mon retour sur ce blog, autant enfoncer le clou. Avec un remix que j'admire autant qu'il m'insupporte. J'explique : il y a quelques jours, je tombe sur ce remix absolument divin d'un titre d'Ed Sheeran, bougre dont j'ai beaucoup entendu parlé dans la presse spécialisée mais dont le répertoire m'est totalement inconnu. De toutes façons, c'est pas bien grave, vu que c'est CE remix qui m'intéresse et c'est bien plus à son bidouilleur, le Norvégien Kygo, que je dois, à mon avis mon émerveillement. Je tiens à préciser que je ne suis pas le seul à trouver ses doigts de fée puisque le titre I see fire, dans cette version légèrement orientalisée, a atteint la première place des titres les plus prisés sur les blogs musicaux dans le classement Hypem. Et ce qui me fait croire que c'est à lui, bien plus qu'à Ed Sheeran, que je dois cette perle est sa page Soundclound où l'on trouve d'autres petites pépites comme ce remix du Jolene de Dolly Parton, titre dont j'ai déjà ici déclaré ma flamme pour l'original.
Mais alors, me direz-vous, d'où vient mon énervement ? J'y viens. Cherchant à intégrer le titre à ma discothèque, je constate à ma grande satisfaction, que le morceau est en téléchargement gratuit. Ou presque. C'est le "presque" qui m'énerve. Car, pour télécharger ce morceau, il m'en a couté un "Like" sur Facebook. Ce n'est pas la première fois que je tombe sur ce genre de morceau et, souvent jusqu'à présent, j'ai passé mon chemin ; pourquoi "aime"rais-je un artiste alors que c'est précisément ce morceau et pas un autre qui a retenu mon attention ? Pourquoi tout le monde, toutes mes connaissances en tout cas, devraient-elles savoir que j'ai craqué sur tel plaisir, avouable ou inavouable ? Plaisirs qui ne dureront, parfois, que quelques minutes ? Seulement voilà, pour le remix d'Ed Sheeran par Kygo, j'ai craqué. Parce que ça valait bien un Like et même plusieurs. De toutes façons, je m'en fous, je ne suis jamais sur Facebook.
Mais alors, me direz-vous, d'où vient mon énervement ? J'y viens. Cherchant à intégrer le titre à ma discothèque, je constate à ma grande satisfaction, que le morceau est en téléchargement gratuit. Ou presque. C'est le "presque" qui m'énerve. Car, pour télécharger ce morceau, il m'en a couté un "Like" sur Facebook. Ce n'est pas la première fois que je tombe sur ce genre de morceau et, souvent jusqu'à présent, j'ai passé mon chemin ; pourquoi "aime"rais-je un artiste alors que c'est précisément ce morceau et pas un autre qui a retenu mon attention ? Pourquoi tout le monde, toutes mes connaissances en tout cas, devraient-elles savoir que j'ai craqué sur tel plaisir, avouable ou inavouable ? Plaisirs qui ne dureront, parfois, que quelques minutes ? Seulement voilà, pour le remix d'Ed Sheeran par Kygo, j'ai craqué. Parce que ça valait bien un Like et même plusieurs. De toutes façons, je m'en fous, je ne suis jamais sur Facebook.
Changement d'ère
Le New Musical Express a publié il y a quelques semaines la liste des 500 meilleurs albums de tous les temps. En sachant d'emblée tout ce que ça peut avoir de dérisoire, le NME affiche en couverture "the final, definitive, definetily last of its kind, never to be repeated" liste des meilleurs disques. Evidemment, ils en sortiront une autre dès l'année prochaine et ce pour une très bonne raison: il se trouvera toujours des abrutis (comme moi) pour acheter ce genre de publication et biens d'autres encore (comme moi) pour les commenter.
Et c'est bien en matière de maître étalon que ce nouveau classement est riche en enseignement. La musique pop rock telle qu'on la concevait jusqu'à présent n'avait qu'un seul maître étalon : les Beatles. Or, ce ne sont pas les Beatles qui squattent la première place. Certes, avec Revolver, 2ème, et le double blanc, 9ème, les Beatles restent le groupe le plus représenté dans le Top10, voire dans le reste du classement puisqu'on y trouve à des places diverses et variées la quasi intégralité de leur discographie. Mais, même pour eux, pour la perception qu'on a d'eux, les choses ont changé. Sergent Peppers, longtemps considéré comme l'une des pierres angulaires de la musique moderne, n'atteint aujourd'hui que la... 87ème place juste derrière le Grace de Jeff Buckley. Et c'est pour moi lourd de sens.
Je lisais dernièrement une interview d'Etienne Daho qu'on interrogeait sur l'influence manifeste, voire déclarée, qu'il pouvait avoir sur la jeune scène française. "Je crois" disait-il "au cycle des 20 ans". Et d'expliquer que ses références étaient des Sixties quand les artistes d'aujourd'hui regardent avec nostalgie vers les Eighties. Car qu'on ne s'y trompe pas : tout ça n'est finalement que de la nostalgie. Une peau de chagrin contre laquelle on aime se frotter pour trouver les mots pour chanter son propre blues.
Pourquoi j'achète ? La première raison, viscérale, est de vérifier que Hounds of Love, le joyau de la discographie de Kate Bush, s'y trouve bien et, sinon je m'énerve, en bonne place. Je ne me suis pas énervé puisqu'on l'y trouve bien à la 48eme place, ce qui est tout à fait honorable à l'échelle de "tous les temps". On y trouve même plus loin dans le classement The Kick Inside, le premier album de l'Anglaise, que, même fan invétéré, je n'aurais sans doute pas rangé là, lui préférant des œuvres antérieures autrement plus culottées et réussies, même si The Kick Inside emmené par le tube planétaire Wuthering Heights à ouvert la voie à toutes ces "jeunes-filles-romantiques-chantant-leur-passion-voire-leur-sexualité-derrière-un-piano" (cherchez, y en a eu plein depuis 1978). Une sorte de maître étalon en quelque sorte.
Et c'est bien en matière de maître étalon que ce nouveau classement est riche en enseignement. La musique pop rock telle qu'on la concevait jusqu'à présent n'avait qu'un seul maître étalon : les Beatles. Or, ce ne sont pas les Beatles qui squattent la première place. Certes, avec Revolver, 2ème, et le double blanc, 9ème, les Beatles restent le groupe le plus représenté dans le Top10, voire dans le reste du classement puisqu'on y trouve à des places diverses et variées la quasi intégralité de leur discographie. Mais, même pour eux, pour la perception qu'on a d'eux, les choses ont changé. Sergent Peppers, longtemps considéré comme l'une des pierres angulaires de la musique moderne, n'atteint aujourd'hui que la... 87ème place juste derrière le Grace de Jeff Buckley. Et c'est pour moi lourd de sens.
Quand j'ai commencé à écouter et apprécier la musique, LA référence, c'était les années 60. Mais c'est bien loin pour les kids d'aujourd'hui. Ça ne leur parle plus, ne les inspire plus, ou, du moins, moins. L'avènement des Smiths à la première place de ce classement - car,oui, je ne le cacherais pas plus longtemps si ne vous le savez pas déjà, le meilleur album de tous les temps, pour le NME, c'est The Queen is Dead - nous propulse dans une ère nouvelle, où la référence, ce sont les années 80 et 90 puisqu'on trouve dans les 10 premiers, Doolitle des Pixies et le premier album des Stone Roses (tous deux de 1989), mais aussi Different class de Pulp (1996) ou Definitely Maybe d'Oasis (1994).
Le reste du classement est à vau-l'eau où l'on apprend qu'aujourd'hui, Nirvana, Pj Harvey, Radiohead, ou, plus récents, Arcade Fire ou Arctic Monkeys, "valent mieux" que les meilleurs albums des Rolling Stones, des Beach Boys ou de Marvin Gaye.
Je lisais dernièrement une interview d'Etienne Daho qu'on interrogeait sur l'influence manifeste, voire déclarée, qu'il pouvait avoir sur la jeune scène française. "Je crois" disait-il "au cycle des 20 ans". Et d'expliquer que ses références étaient des Sixties quand les artistes d'aujourd'hui regardent avec nostalgie vers les Eighties. Car qu'on ne s'y trompe pas : tout ça n'est finalement que de la nostalgie. Une peau de chagrin contre laquelle on aime se frotter pour trouver les mots pour chanter son propre blues.
Mais moi j'y étais, kids, dans les Eighties. Quand on me disait que c'était vraiment de la merde, ce que j'écoutais. Aujourd'hui donc, mon gros étron est étalon. Ça vous laisse de l'espoir quand tout ce que j'entends à la radio me semble bien piteux. Mais bon, on sait bien que tout ne passe plus par la radio et, de toutes façons, qu'est-ce que vous en avez à faire des réflexions d'un vieux con? C'est en tout cas ce que je me disais quand je n'étais qu'un jeune con qui n'écoutait que de la merde. Les temps changent mais on reste tous des cons.
dimanche 28 juillet 2013
Time bandit
Je serais toujours fasciné de voir quels chemins empruntent la mémoire. Qu'elle soit sélective, soit ; mais comment s'opère la sélection ? Je me suis ainsi vu rappeler des événements de mon adolescence, voire de ma vie d'adulte, que j'avais complètement oublié, tandis que ceux dont je me souviens ont, parfois, été complètement zappés par ceux à qui je les rappelle. Mais bon, revenons à la chanson. Ou plutôt restons sur le sujet en chanson. Car, une de mes interrogations du moment, que je partage avec vous, c'est comment, de l'espèce de disque dur qui me tient de cerveau (mais j'aurais pu dire de nos disques durs qui nous tiennent de cerveau) émergent des chansons que je pensais totalement oubliées ? Bien sûr, j'ai ma petite idée sur la question concernant les deux premiers morceaux que je vais poster aujourd'hui. Mais, pour le troisième... Comme on en est pas encore là, commençons par le premier.
Or, donc, me voici présentement aux States. Avec plein d'anglais (je veux parler de la langue) autour de moi. Ca a son importance. Je serais en France, sans doute aurais-je pensé à un mot en français, suivi d'une ligne en français et finalement une chanson en français. D'ailleurs, même pas la peine d'être en France pour ça, la circonstance joue aussi pour beaucoup. Exemple ce matin, avec une joggeuse que je croise, presque tous les matins. Je la croise tous les matins, donc. Comme l'heure était relativement early (c'est pas pour parler 'ricain que je mets le mot mais simplement parce que je ne trouve pas - et ne vais pas me faire chier à aller le trouver - le contraire de "tardive"), est apparu dans le grand juke box foutraque de ma boîte crânienne, J'la croise tous les matins/Cinq heures quarante..., bluette signée Johnny Hallyday. Aïe. A ce niveau là, je vous l'accorde, c'est plus foutraque qu'il faut dire mais malade ; je rappelle juste aux gens que j'ai bossé dans les locales de Radio France, lourd handicap pour le reste de la vie de votre cerveau. Ceci étant posé, cela me rappelle deux sujets que j'avais déjà abordé : d'abord que ce sont souvent les chansons insupportables qui vous apparaissent en premier, ensuite qu'il y a toujours une chanson pour toutes circonstances. Ce qui nous amène à mon premier sujet. Je pense que le titre de Time Bandits auquel j'ai pensé (sans même savoir - comment s'en souvenir - qu'il était signé Time Bandits !) m'est apparu parce que je cherchais un magasin spécialisé. De spécialisé, vous passez à l'anglais specialized, et de specialized à I'm specialized in you. Hou-Hou, serais-je tenté de rajouter. Et pour ceux qui ne comprendraient pas le rajout, voir ci-dessous.
Pourquoi, mon dieu, ô grand pourquoi ? Oui, c'est vrai, vous n'aviez pas besoin de ça, moi non plus. Je précise à usage des moins de 30 ans que cette nigauderie fut un petit (mais alors tout tout petit) succès en 1982 et demeure, plus de trente ans après, pas une catastrophe à proprement parler mais pas non plus un truc mémorable. D'où le problème de cette foutue mémoire.
Idem pour Living In A Box, un groupe si oubliable, que je l'avais donc oublié, du moins le croyais-je jusqu'à ce que la peur de ne pas trouver un nouvel apart' dans mon nouveau pays me fasse redouter un instant de loger dans un taudis. Ou une boîte. A Box, donc. Car en plus de ne pas être, eux non plus, très mémorables, les Living In A Box avaient eu la pas très bonne idée d'appeler leur single - et unique succès - du nom de leur groupe. Living In A Box, donc, chante Living In A Box. A moins que ce soit le contraire.
De la blue eyed pop millésimée 80 (les synthés, hein...), un peu moins pire que ce qui précède, mais là encore, ce serait resté sous le tas de mes souvenirs musicaux que ça ne m'aurait pas dérangé.
Mais c'est là que tout se complique. Et que tout devient curieux. Comment expliquer le retour de Peter Blegvad à ma conscience. Je veux dire, je ne me souviens même plus de qui est Peter Blegvad, sa nationalité, son album, ce qu'il est devenu et d'ailleurs je m'en tape. Mais en revanche, d'un coup d'un seul, son How beautiful you are a surgi pas devant mes yeux, mais bien dans mes oreilles. Mieux, non seulement j'avais le son de son How beautiful you are (notamment, la façon dont les synthés attaquent juste après qu'il ait dit la phrase titre) mais je me souvenais exactement de son nom : Peter Blegvad, donc.
Evidemment pour parler de tout ça je suis allé chercher le morceau sur Youtube et ai lu, comme je le fais souvent, le commentaire de celui qui l'avait postée. Ca dit ceci : "Awesome early '80s pop rock song. One of the best vinyl singles i ever owned". Et si c'était finalement pour ça que je m'en étais souvenu, parce que c'est une bonne chanson ? Bon, évidemment, c'est en contradiction avec les deux trucs d'avant. Mais on n'est pas, je ne suis pas à une contradiction près.
Ca me rappelle une phrase que j'ai vu en dernière de couverture d'un livre qui m'a fait immédiatement pensé qu'il fallait que j'achète ce livre. Ca me parlait. Je ne l'ai pas regretté puisque le livre, Moyenne de Laurence Kiberlain (la soeur de) est excellent. La phrase, c'est "J'ai l'impression que plus les années passent, plus mon passé se rapproche". Quand surgit devant vous avec précision, le titre d'une chanson et d'un artiste que j'avais laissés où je les avais trouvés (l'année 1983), je vous assure que ça fait sens.
Or, donc, me voici présentement aux States. Avec plein d'anglais (je veux parler de la langue) autour de moi. Ca a son importance. Je serais en France, sans doute aurais-je pensé à un mot en français, suivi d'une ligne en français et finalement une chanson en français. D'ailleurs, même pas la peine d'être en France pour ça, la circonstance joue aussi pour beaucoup. Exemple ce matin, avec une joggeuse que je croise, presque tous les matins. Je la croise tous les matins, donc. Comme l'heure était relativement early (c'est pas pour parler 'ricain que je mets le mot mais simplement parce que je ne trouve pas - et ne vais pas me faire chier à aller le trouver - le contraire de "tardive"), est apparu dans le grand juke box foutraque de ma boîte crânienne, J'la croise tous les matins/Cinq heures quarante..., bluette signée Johnny Hallyday. Aïe. A ce niveau là, je vous l'accorde, c'est plus foutraque qu'il faut dire mais malade ; je rappelle juste aux gens que j'ai bossé dans les locales de Radio France, lourd handicap pour le reste de la vie de votre cerveau. Ceci étant posé, cela me rappelle deux sujets que j'avais déjà abordé : d'abord que ce sont souvent les chansons insupportables qui vous apparaissent en premier, ensuite qu'il y a toujours une chanson pour toutes circonstances. Ce qui nous amène à mon premier sujet. Je pense que le titre de Time Bandits auquel j'ai pensé (sans même savoir - comment s'en souvenir - qu'il était signé Time Bandits !) m'est apparu parce que je cherchais un magasin spécialisé. De spécialisé, vous passez à l'anglais specialized, et de specialized à I'm specialized in you. Hou-Hou, serais-je tenté de rajouter. Et pour ceux qui ne comprendraient pas le rajout, voir ci-dessous.
Pourquoi, mon dieu, ô grand pourquoi ? Oui, c'est vrai, vous n'aviez pas besoin de ça, moi non plus. Je précise à usage des moins de 30 ans que cette nigauderie fut un petit (mais alors tout tout petit) succès en 1982 et demeure, plus de trente ans après, pas une catastrophe à proprement parler mais pas non plus un truc mémorable. D'où le problème de cette foutue mémoire.
Idem pour Living In A Box, un groupe si oubliable, que je l'avais donc oublié, du moins le croyais-je jusqu'à ce que la peur de ne pas trouver un nouvel apart' dans mon nouveau pays me fasse redouter un instant de loger dans un taudis. Ou une boîte. A Box, donc. Car en plus de ne pas être, eux non plus, très mémorables, les Living In A Box avaient eu la pas très bonne idée d'appeler leur single - et unique succès - du nom de leur groupe. Living In A Box, donc, chante Living In A Box. A moins que ce soit le contraire.
De la blue eyed pop millésimée 80 (les synthés, hein...), un peu moins pire que ce qui précède, mais là encore, ce serait resté sous le tas de mes souvenirs musicaux que ça ne m'aurait pas dérangé.
Mais c'est là que tout se complique. Et que tout devient curieux. Comment expliquer le retour de Peter Blegvad à ma conscience. Je veux dire, je ne me souviens même plus de qui est Peter Blegvad, sa nationalité, son album, ce qu'il est devenu et d'ailleurs je m'en tape. Mais en revanche, d'un coup d'un seul, son How beautiful you are a surgi pas devant mes yeux, mais bien dans mes oreilles. Mieux, non seulement j'avais le son de son How beautiful you are (notamment, la façon dont les synthés attaquent juste après qu'il ait dit la phrase titre) mais je me souvenais exactement de son nom : Peter Blegvad, donc.
Evidemment pour parler de tout ça je suis allé chercher le morceau sur Youtube et ai lu, comme je le fais souvent, le commentaire de celui qui l'avait postée. Ca dit ceci : "Awesome early '80s pop rock song. One of the best vinyl singles i ever owned". Et si c'était finalement pour ça que je m'en étais souvenu, parce que c'est une bonne chanson ? Bon, évidemment, c'est en contradiction avec les deux trucs d'avant. Mais on n'est pas, je ne suis pas à une contradiction près.
Ca me rappelle une phrase que j'ai vu en dernière de couverture d'un livre qui m'a fait immédiatement pensé qu'il fallait que j'achète ce livre. Ca me parlait. Je ne l'ai pas regretté puisque le livre, Moyenne de Laurence Kiberlain (la soeur de) est excellent. La phrase, c'est "J'ai l'impression que plus les années passent, plus mon passé se rapproche". Quand surgit devant vous avec précision, le titre d'une chanson et d'un artiste que j'avais laissés où je les avais trouvés (l'année 1983), je vous assure que ça fait sens.
mardi 2 juillet 2013
Formidable
Non, je sais, c'est pas nouveau, je vais avoir l'air d'un suiveur. Un comble puisque c'est cette chanson qui me suit comme elle suit quiconque ces jours-ci dans l'hexagone. Sauf que je n'y suis pas dans l'hexagone et que cette chanson me poursuit encore. Parce qu'elle est, c'est dans le titre, formidable. A vrai dire, la première fois que je l'ai entendue, j'ai cherché qui pouvait bien avoir signé la chanson. Je cherchais des jeunes types respectueux de la chanson française mais cherchant à l'amener sur des territoires moins visitées, façon Babx dont le dernier single, Naomi aime, est excellent même si ce n'est sans doute pas encore cette fois qu'il touchera le jackpot.
Or ce n'est pas de ce côté-ci qu'il fallait chercher mais bien du côté du soleil de ceux qui, précisément, ont touché le jackpot. Stromaé : voilà bien un nom que je pensais synonyme de one-hit-wonder. Mais non. Alors, non, on ne danse pas sur le nouveau Stromaé. Et c'est tant mieux. Non que je déteste encore aujourd'hui réécouter son hit initial, simplement que son nouveau single me touche 10000 fois plus. Le fait qu'il en ait fait un succès me fait dire qu'il y a encore de l'espoir au pays des tubes. Un truc que je me dis une fois tous les ans grosso merdo. C'est peu, c'est rare, finalement c'est comme la chanson : Formidable.
Or ce n'est pas de ce côté-ci qu'il fallait chercher mais bien du côté du soleil de ceux qui, précisément, ont touché le jackpot. Stromaé : voilà bien un nom que je pensais synonyme de one-hit-wonder. Mais non. Alors, non, on ne danse pas sur le nouveau Stromaé. Et c'est tant mieux. Non que je déteste encore aujourd'hui réécouter son hit initial, simplement que son nouveau single me touche 10000 fois plus. Le fait qu'il en ait fait un succès me fait dire qu'il y a encore de l'espoir au pays des tubes. Un truc que je me dis une fois tous les ans grosso merdo. C'est peu, c'est rare, finalement c'est comme la chanson : Formidable.
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