Dans le prochain Lars Von Trier, Charlotte Gainsbourg sera Joe. Pour le film, Charlotte chante Joe. Jo l'aime beaucoup.
Affichage des articles dont le libellé est Charlotte Gainsbourg. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Charlotte Gainsbourg. Afficher tous les articles
jeudi 19 décembre 2013
samedi 9 mars 2013
Des nouvelles des étoiles
J'ai hésité un temps à lier trois titres qui me sont passés entre les oreilles et devant les yeux ces derniers jours. Simplement parce qu'ils étaient en français. Ca fait finalement un point commun assez minime, ce qui m'a finalement décidé à écrire sur chacun des trois dans les jours à venir. Pour être clair, si j'écrivais que j'allais relier ici trois titres simplement parce qu'ils sont tous chantés en anglais, on trouverait ça stupide et on aurait raison. Toutefois, au delà de leur différence, le fait qu'ils soient tous trois chantés en français n'est pas anodin et ce, bien au-delà du sens de leurs textes. Le fait que ces chansons soient chantées dans ma langue maternelle va faire que je retienne plus ces chansons que d'autres, de la même façon qu'il m'est bien plus facile de retenir une chanson en anglais qu'un instrumental. Les mots, quelque soient leur sens, et même s'ils n'en n'ont pas, sont autant d'aspérités auxquelles la mémoire va pouvoir s'accrocher. D'où donc, cette première impulsion de relier ces chansons entre elles. Seulement voilà, la première d'entre elle, notamment, est un gros morceau qui, posté lundi sur le Net, affiche déjà plus de 100 000 visionnages à l'heure où j'écris, bien plus sans doute, quand vous me lirez. Preuve que ça ne laisse pas grand monde indifférent. Et d'ailleurs, c'est le propre de l'artiste. Car l'artiste en question est une star et que la génétique d'une star comprend que vous ne laissiez personne indifférent : on aime ou on déteste mais on a tous un avis. Voilà pourquoi, entre autres, Vanessa Paradis est une star. Or, voici qu'en avant goût de son album à paraître en mai, débarque sur la toile Love song, première chanson que l'on doit à son association à Benjamin Biolay.
Pour que vous compreniez bien ce qui va suivre, je trouve cette chanson très réussie et bien au dessus de la plupart des compositions du dernier album de Biolay. Ceci étant dit, cette chanson, peut-être à cause de la journée de la femme, allez savoir, me pose un problème. Parce que passée la première (très, très bonne, je le répète) impression en surgit une seconde où j'ai l'impression de voir un mec, en l'occurrence Biolay, non pas servir mais bien plus SE servir d'une très belle nana, Paradis donc, et la cantonner à un rôle de sensuelle tentatrice. Un peu comme un mec inviterait une strip teaseuse à venir se déhancher devant lui contre un billet. J'imagine que c'est inhérent au rapport muse/mentor quand la première est féminine et le second, masculin. Ca m'a rappelé (la même petite guitare funky, le côté dance appuyé, la voix qu'on fait langoureusement traîner) Je danse, la petite friandise pop qu'avait signé Siméo pour Jenifer ou La fidélité que le même Biolay avait produit pour Elodie Frégé.
Pour parler crument, mais aussi pour évoquer le côté féline des interprètes, ce sont des chansons qui sentent la chatte. Or, si réduire Jenifer ou Elodie Frégé à ce rôle ne me pose aucun problème, il n'en va pas de même avec Vanessa Paradis. Bien sûr, la sensualité est une part essentielle du personnage. Mais pas que. Et à vrai dire, j'aurais préféré que Biolay écrive en se mettant à la place de Paradis plutôt que d'être, ici, comme un marionnettiste, certes inspiré, faisant bouger une poupée sexy. Ce single est un point de vue éminemment masculin porté sur une femme. Ben c'est logique, c'est un mec, Biolay, si je ne me trompe pas. Oui, mais quand, pour reprendre le rapport muse/mentor, Gainsbourg écrit pour Isabelle Adjani Le mal intérieur, on a plus l'impression qu'il laisse parler sa part féminine, qu'il écrit comme une femme des paroles qu'elle peut vraiment s'approprier et ressentir, ce qui n'empêche pas la chanson de dégager quand même une très grande sensualité.
Pour revenir à Vanessa Paradis et rester sur Gainsbourg, j'ai l'impression qu'un texte comme Vague à l'âme en dit plus sur la vie de l'adolescente qu'alors elle était que Love song sur la femme qu'elle est aujourd'hui. Sans compter que c'est une de mes chansons préférées de Vanessa Paradis.
Le problème, pour Vanessa, c'est qu'il a toujours fallu passer par l'entremise d'hommes pour s'exprimer, depuis Etienne Roda Gil jusqu'à Biolay, en passant par Lenny Kravitz ou M. Ce qui fait qu'on peut avoir du mal à entendre sa voix. Pour qu'elle est précisément voix au chapitre, il faut donc que le compositeur pense non à la femme, mais tout simplement pense femme, si vous voyez ce que je veux dire ; il ne s'agit pas d'exprimer le désir qu'on a pour la femme mais d'exprimer ce que femme désire en d'autres mots. Il faut qu'on oublie l'intermédiaire, que Paradis ne soit pas l'objet de fantasme, mais nous confie les siens. C'est plus intéressant. Et n'allez pas croire pour autant qu'il faille en passer par une ballade déchirante ou bluesy pour aborder les états d'âme féminins ; ainsi, sur le même registre très sexué (Je sais qu'c'est toi / Tu sais qu'c'est moi) et même si on peut la trouver, c'est mon cas, moins bonne que Love song, je trouve Dès qu'j'te vois bien plus maline dans sa façon d'allumer.
C'est aussi le propre des stars d'y plaquer ses propres fantasmes. Donc j'imagine qu'il est quelque peu logique que Biolay exprime sa vision de la star plutôt que ce que la femme a à dire. Et puis, ce n'est qu'une chanson et le reste de l'album m'apportera peut-être ce léger truc que je pourrais lui reprocher. Et encore : c'est non seulement léger mais ce n'est aussi même pas un reproche puisqu'encore une fois, je trouve ça très, très bien. C'est juste mon côté féministe qui ressort ; on ne grandit pas au milieu de cinq femmes/filles sans penser qu'elles n'ont rien à dire. Et puis je me montre sans doute plus exigeant, façon qui aime bien chatie bien. Vanessa Paradis est quand même la star de ma génération. Je me souviens l'avoir vu en concert vers 1995 dans l'une de ses premières tournées. Pas du tout habituée à la scène, elle ne bougeait pas, ou peu, et ânonnait des phrases qu'on pressentait les mêmes de date en date. Et pourtant on avait d'yeux que pour elle, on en redemandait, l'émotion, dans la salle, était palpable. L'aura des stars. Il n'y en a qu'une qui peut rivaliser dans cette génération en étant un peu, à l'ombre, ce que Paradis est à la lumière : Charlotte Gainsbourg. Ca me fait penser à Cora Vaucaire et Juliette Greco dans les années 50, l'une ayant été appelée la dame blanche quand l'autre était surnommée la dame noire. Comme les deux faces d'une même médaille, les deux côtés d'une même planète, et, par là, d'une même étoile, partageant ce même pouvoir d'exercer au cinéma et dans la chanson la même fascination. Et ce même si la filmographie de Paradis est nettement moins réussie que celle de Gainsbourg. Mais c'est précisément ça qui fait d'elle une star : qu'on puisse oublier tous ses nanars, tous ses échecs, la laissant toujours briller au firmament. On pourrait penser que, parce qu'elle est une star, parce qu'on s'arrache son intimité dans des journaux trash, on attend qu'elle se livre d'avantage. Or, elle l'a déjà fait en parlant de ses enfants, de la maternité, sans doute parmi les choses qui comptent les plus pour elle, à travers ses chansons parmi les plus réussies. Ecrites et composées par elle. Le problème dans cette histoire, c'est que c'est précisément dans ces moments qu'on l'a le moins écoutée. A la rigueur se souvient-on de Jackadi en clôture de l'album Divinidylle mais qui se souvient de Saint Germain, sur le boudé Bliss ? Or c'est là où l'artiste, et là, précisément, je ne dis plus star, est la plus intéressante. Mais la star n'est-elle pas précisément la projection de nos fantasmes (sexuels ou pas) ? Love song, c'est Biolay fantasmant sur Paradis et elle s'y livre de bonne grâce, tant, par l'occasion, elle continue d'écrire sa légende. Mais pour l'artiste, la femme, pour Vanessa, mieux vaut, me semble-t-il, passer par St Germain.
Vanessa & Johnny - St Germain par mimie75
Pour que vous compreniez bien ce qui va suivre, je trouve cette chanson très réussie et bien au dessus de la plupart des compositions du dernier album de Biolay. Ceci étant dit, cette chanson, peut-être à cause de la journée de la femme, allez savoir, me pose un problème. Parce que passée la première (très, très bonne, je le répète) impression en surgit une seconde où j'ai l'impression de voir un mec, en l'occurrence Biolay, non pas servir mais bien plus SE servir d'une très belle nana, Paradis donc, et la cantonner à un rôle de sensuelle tentatrice. Un peu comme un mec inviterait une strip teaseuse à venir se déhancher devant lui contre un billet. J'imagine que c'est inhérent au rapport muse/mentor quand la première est féminine et le second, masculin. Ca m'a rappelé (la même petite guitare funky, le côté dance appuyé, la voix qu'on fait langoureusement traîner) Je danse, la petite friandise pop qu'avait signé Siméo pour Jenifer ou La fidélité que le même Biolay avait produit pour Elodie Frégé.
Pour parler crument, mais aussi pour évoquer le côté féline des interprètes, ce sont des chansons qui sentent la chatte. Or, si réduire Jenifer ou Elodie Frégé à ce rôle ne me pose aucun problème, il n'en va pas de même avec Vanessa Paradis. Bien sûr, la sensualité est une part essentielle du personnage. Mais pas que. Et à vrai dire, j'aurais préféré que Biolay écrive en se mettant à la place de Paradis plutôt que d'être, ici, comme un marionnettiste, certes inspiré, faisant bouger une poupée sexy. Ce single est un point de vue éminemment masculin porté sur une femme. Ben c'est logique, c'est un mec, Biolay, si je ne me trompe pas. Oui, mais quand, pour reprendre le rapport muse/mentor, Gainsbourg écrit pour Isabelle Adjani Le mal intérieur, on a plus l'impression qu'il laisse parler sa part féminine, qu'il écrit comme une femme des paroles qu'elle peut vraiment s'approprier et ressentir, ce qui n'empêche pas la chanson de dégager quand même une très grande sensualité.
Pour revenir à Vanessa Paradis et rester sur Gainsbourg, j'ai l'impression qu'un texte comme Vague à l'âme en dit plus sur la vie de l'adolescente qu'alors elle était que Love song sur la femme qu'elle est aujourd'hui. Sans compter que c'est une de mes chansons préférées de Vanessa Paradis.
Le problème, pour Vanessa, c'est qu'il a toujours fallu passer par l'entremise d'hommes pour s'exprimer, depuis Etienne Roda Gil jusqu'à Biolay, en passant par Lenny Kravitz ou M. Ce qui fait qu'on peut avoir du mal à entendre sa voix. Pour qu'elle est précisément voix au chapitre, il faut donc que le compositeur pense non à la femme, mais tout simplement pense femme, si vous voyez ce que je veux dire ; il ne s'agit pas d'exprimer le désir qu'on a pour la femme mais d'exprimer ce que femme désire en d'autres mots. Il faut qu'on oublie l'intermédiaire, que Paradis ne soit pas l'objet de fantasme, mais nous confie les siens. C'est plus intéressant. Et n'allez pas croire pour autant qu'il faille en passer par une ballade déchirante ou bluesy pour aborder les états d'âme féminins ; ainsi, sur le même registre très sexué (Je sais qu'c'est toi / Tu sais qu'c'est moi) et même si on peut la trouver, c'est mon cas, moins bonne que Love song, je trouve Dès qu'j'te vois bien plus maline dans sa façon d'allumer.
C'est aussi le propre des stars d'y plaquer ses propres fantasmes. Donc j'imagine qu'il est quelque peu logique que Biolay exprime sa vision de la star plutôt que ce que la femme a à dire. Et puis, ce n'est qu'une chanson et le reste de l'album m'apportera peut-être ce léger truc que je pourrais lui reprocher. Et encore : c'est non seulement léger mais ce n'est aussi même pas un reproche puisqu'encore une fois, je trouve ça très, très bien. C'est juste mon côté féministe qui ressort ; on ne grandit pas au milieu de cinq femmes/filles sans penser qu'elles n'ont rien à dire. Et puis je me montre sans doute plus exigeant, façon qui aime bien chatie bien. Vanessa Paradis est quand même la star de ma génération. Je me souviens l'avoir vu en concert vers 1995 dans l'une de ses premières tournées. Pas du tout habituée à la scène, elle ne bougeait pas, ou peu, et ânonnait des phrases qu'on pressentait les mêmes de date en date. Et pourtant on avait d'yeux que pour elle, on en redemandait, l'émotion, dans la salle, était palpable. L'aura des stars. Il n'y en a qu'une qui peut rivaliser dans cette génération en étant un peu, à l'ombre, ce que Paradis est à la lumière : Charlotte Gainsbourg. Ca me fait penser à Cora Vaucaire et Juliette Greco dans les années 50, l'une ayant été appelée la dame blanche quand l'autre était surnommée la dame noire. Comme les deux faces d'une même médaille, les deux côtés d'une même planète, et, par là, d'une même étoile, partageant ce même pouvoir d'exercer au cinéma et dans la chanson la même fascination. Et ce même si la filmographie de Paradis est nettement moins réussie que celle de Gainsbourg. Mais c'est précisément ça qui fait d'elle une star : qu'on puisse oublier tous ses nanars, tous ses échecs, la laissant toujours briller au firmament. On pourrait penser que, parce qu'elle est une star, parce qu'on s'arrache son intimité dans des journaux trash, on attend qu'elle se livre d'avantage. Or, elle l'a déjà fait en parlant de ses enfants, de la maternité, sans doute parmi les choses qui comptent les plus pour elle, à travers ses chansons parmi les plus réussies. Ecrites et composées par elle. Le problème dans cette histoire, c'est que c'est précisément dans ces moments qu'on l'a le moins écoutée. A la rigueur se souvient-on de Jackadi en clôture de l'album Divinidylle mais qui se souvient de Saint Germain, sur le boudé Bliss ? Or c'est là où l'artiste, et là, précisément, je ne dis plus star, est la plus intéressante. Mais la star n'est-elle pas précisément la projection de nos fantasmes (sexuels ou pas) ? Love song, c'est Biolay fantasmant sur Paradis et elle s'y livre de bonne grâce, tant, par l'occasion, elle continue d'écrire sa légende. Mais pour l'artiste, la femme, pour Vanessa, mieux vaut, me semble-t-il, passer par St Germain.
Vanessa & Johnny - St Germain par mimie75
samedi 23 février 2013
L'air de rien
Ce doit être très compliqué, quand on fait de la musique lounge, de savoir à quel moment on s'est trop affalé. Lounge, c'est précisément cela en anglais : s'étendre paresseusement. Mais à quel moment la paresse s'installe-t-elle dans votre musique ? Ou le mauvais côté de la paresse ? Que la musique vous invite à paresser, soit, mais qu'elle finisse par paresser elle même en est une autre. Est-ce que la paresse à laquelle invite la musique lounge amène aussi l'ennui ? Et si oui, à quel moment exactement ?Toutes ces interrogations me sont dictées par le goût de plus en plus prononcé (ça fait un moment que je l'ai entendu mais, le réentendant ce matin, je me disais encore que c'était vachement bien) pour le deuxième single de Tomorrow's World, Pleurer et chanter. Et même si ce nom ne vous dit rien (ce qui est logique à ce stade d'une carrière débutante - l'album est pour le 8 avril), vous allez, si vous n'êtes pas trop bouché, reconnaître aisément la patte d'un des deux musiciens de ce duo.
Oui, la moitié masculine du duo mixte Tomorrow's World est aussi une moitié d'un autre duo nettement plus connu : Air (et pour ceux que ça intéresse, la moitié féminine du groupe, Lou Hayter, joue des claviers dans un petit groupe anglais prometteur mais qui n'a jamais dépassé le stade de la promesse, New Young Pony Club). Pour être précis, il s'agit de Jean-Benoit Dunckel que Nicolas Godin, après un premier single réalisé en solo, avait invité très vite à rejoindre Air. C'est curieux car sur la foi de ce premier single, Modular mix, j'avais plutôt tendance à attribuer la paternité du son Air à Nicolas Godin.
A ma décharge, j'ajoute que Jean-Benoît Dunckel avait sorti un album solo en 2006 sous le nom de Darkel qui ne m'avait guère convaincu. Or, avec Tomorrow's World, Dunckel retrouve exactement la formule de ce qui me plaît dans Air. Un truc très éthéré, une flagrance très volatile mais qui laisse une empreinte, comme un parfum qui n'en finit plus de vous envoûter. C'est justement le problème des derniers albums d'Air : des trucs similaires mais qui ne laissent, à la fin, que peu de choses auxquelles vous raccrocher. Pour parler du dernier en date, Le voyage dans la lune, paru l'année dernière, j'avais été, comme beaucoup de critiques, plutôt convaincu. Mais convaincu ne veut pas dire emballé et en l'occurrence, après une écoute, j'avais non seulement tout oublié mais de plus je n'avais aucune envie d'y revenir. Ce fut d'ailleurs le cas de beaucoup, l'album n'ayant trouvé sa place dans aucun des best of de l'année 2012 qui m'ait été donné de lire. Pourtant à une époque, les disques de Air m'étaient indispensables. L'inaugural Moon Safari avait laissé le tube Sexy boy, mais bien plus, pour moi, cette ambiance pastorale à laquelle Beth Hirsh contribuait de sa jolie voix sur You make it easy et le somptueux et cotonneux All I Need.
J'avais été d'autant plus convaincu par la bande originale de Virgin Suicides que Playground Love, son single, était le premier descendant réellement à la hauteur d'Everybody's got to learn sometimes des Korgis, chanson dont j'ai déjà dit, ici, le plus grand bien et qu'Air, me semble-t-il (l'ai-je lu quelque part ?) avait en tête au moment de sa composition.
Et je trouvais que Air était définitivement devenu un grand groupe avec son troisième album 10000 Hz Legend. Ce n'était d'ailleurs pas un hasard pour moi si Nigel Godrich, le producteur de Radiohead, en avait signé la production et si Beck était venu les rejoindre sur un ou deux morceaux. Cela signifiait qu'ils n'étaient plus les petits frenchies considérés comme des anomalies dans le paysage mondial musical (depuis quand les Français font de la bonne musique !? Ben, depuis Air justement) mais comme de vrais musiciens capables de tutoyer les plus grands. Il y a, d'après moi, sur cet album, quelques uns des meilleurs morceaux du groupe comme How does it make you feel, Lucky and Unhappy et surtout Don't be light. Je dis surtout parce que on peut, un peu vite, considérer Air comme un groupe à la musique aussi légère que le nom qu'il se sont choisis. Mais avec Don't be light, ils s'avéraient également aussi essentiel, aussi vital que leur nom. Don't be light comme un mot d'ordre auquel ils obéissaient pleinement (et pour réellement s'en rendre compte, je recommande la version intégrale de la chanson sur leur album et non la version single du clip ci-dessous, clip nonobstant très, très réussi).
Les deux albums suivants sont encore très réussis même si je préfère Talkie Walkie en 2004 à Pocket Symphony paru trois ans plus tard. Et il ne faut pas oublier dans cette liste, l'album de Charlotte Gainsbourg, 5:55. C'est le très bel écrin qui pouvait justifier le retour de Charlotte Gainsbourg à la chanson. Toutefois le réduire à un album d'Air serait trop simple tant l'interprétation y est magnifique. C'est vraiment une rencontre entre deux univers se sublimant l'un l'autre, disons autant un album du groupe que de la chanteuse.
C'est après que ça se gâte. A partir de l'album Love 2, suivi donc de ce Voyage sur la lune. Pourtant les ingrédients sont les mêmes. Alors qu'est-ce qu'il manque ? Quel est ce truc invisible, indicible, ce soupçon de je-ne-sais-quoi, ce petit rien qui fait tout et qui n'est plus là alors même qu'il est à nouveau à l'ouvrage dans Tomorrow's World, ou, tout du moins, dans ce morceau de Tomorrow's World ? Tentons une explication : la passion, voilà ce qui manque. Cette envie, ce besoin de faire de la musique ensemble qu'avait Air au début de leur carrière et qui s'est sans doute transformé en habitude. Et l'habitude use un couple. Avec Tomorrow's World, Jean-Benoit Dunckel retrouve la flamme. Comme la promesse d'un nouvel amour. Vous savez ce moment au début d'une relation où l'on sent son coeur gazouiller, où l'on se dit que tout est possible, que l'on peut, que l'on veut tout explorer. Pour qu'Air existe encore, il faudra que la flamme revienne. Et peut-être reviendra-t-elle après que cette nouvelle flamme se soit éteinte. C'est bien connu : une flamme s'éteint quand l'Air vient à manquer.
Oui, la moitié masculine du duo mixte Tomorrow's World est aussi une moitié d'un autre duo nettement plus connu : Air (et pour ceux que ça intéresse, la moitié féminine du groupe, Lou Hayter, joue des claviers dans un petit groupe anglais prometteur mais qui n'a jamais dépassé le stade de la promesse, New Young Pony Club). Pour être précis, il s'agit de Jean-Benoit Dunckel que Nicolas Godin, après un premier single réalisé en solo, avait invité très vite à rejoindre Air. C'est curieux car sur la foi de ce premier single, Modular mix, j'avais plutôt tendance à attribuer la paternité du son Air à Nicolas Godin.
A ma décharge, j'ajoute que Jean-Benoît Dunckel avait sorti un album solo en 2006 sous le nom de Darkel qui ne m'avait guère convaincu. Or, avec Tomorrow's World, Dunckel retrouve exactement la formule de ce qui me plaît dans Air. Un truc très éthéré, une flagrance très volatile mais qui laisse une empreinte, comme un parfum qui n'en finit plus de vous envoûter. C'est justement le problème des derniers albums d'Air : des trucs similaires mais qui ne laissent, à la fin, que peu de choses auxquelles vous raccrocher. Pour parler du dernier en date, Le voyage dans la lune, paru l'année dernière, j'avais été, comme beaucoup de critiques, plutôt convaincu. Mais convaincu ne veut pas dire emballé et en l'occurrence, après une écoute, j'avais non seulement tout oublié mais de plus je n'avais aucune envie d'y revenir. Ce fut d'ailleurs le cas de beaucoup, l'album n'ayant trouvé sa place dans aucun des best of de l'année 2012 qui m'ait été donné de lire. Pourtant à une époque, les disques de Air m'étaient indispensables. L'inaugural Moon Safari avait laissé le tube Sexy boy, mais bien plus, pour moi, cette ambiance pastorale à laquelle Beth Hirsh contribuait de sa jolie voix sur You make it easy et le somptueux et cotonneux All I Need.
J'avais été d'autant plus convaincu par la bande originale de Virgin Suicides que Playground Love, son single, était le premier descendant réellement à la hauteur d'Everybody's got to learn sometimes des Korgis, chanson dont j'ai déjà dit, ici, le plus grand bien et qu'Air, me semble-t-il (l'ai-je lu quelque part ?) avait en tête au moment de sa composition.
Et je trouvais que Air était définitivement devenu un grand groupe avec son troisième album 10000 Hz Legend. Ce n'était d'ailleurs pas un hasard pour moi si Nigel Godrich, le producteur de Radiohead, en avait signé la production et si Beck était venu les rejoindre sur un ou deux morceaux. Cela signifiait qu'ils n'étaient plus les petits frenchies considérés comme des anomalies dans le paysage mondial musical (depuis quand les Français font de la bonne musique !? Ben, depuis Air justement) mais comme de vrais musiciens capables de tutoyer les plus grands. Il y a, d'après moi, sur cet album, quelques uns des meilleurs morceaux du groupe comme How does it make you feel, Lucky and Unhappy et surtout Don't be light. Je dis surtout parce que on peut, un peu vite, considérer Air comme un groupe à la musique aussi légère que le nom qu'il se sont choisis. Mais avec Don't be light, ils s'avéraient également aussi essentiel, aussi vital que leur nom. Don't be light comme un mot d'ordre auquel ils obéissaient pleinement (et pour réellement s'en rendre compte, je recommande la version intégrale de la chanson sur leur album et non la version single du clip ci-dessous, clip nonobstant très, très réussi).
Les deux albums suivants sont encore très réussis même si je préfère Talkie Walkie en 2004 à Pocket Symphony paru trois ans plus tard. Et il ne faut pas oublier dans cette liste, l'album de Charlotte Gainsbourg, 5:55. C'est le très bel écrin qui pouvait justifier le retour de Charlotte Gainsbourg à la chanson. Toutefois le réduire à un album d'Air serait trop simple tant l'interprétation y est magnifique. C'est vraiment une rencontre entre deux univers se sublimant l'un l'autre, disons autant un album du groupe que de la chanteuse.
C'est après que ça se gâte. A partir de l'album Love 2, suivi donc de ce Voyage sur la lune. Pourtant les ingrédients sont les mêmes. Alors qu'est-ce qu'il manque ? Quel est ce truc invisible, indicible, ce soupçon de je-ne-sais-quoi, ce petit rien qui fait tout et qui n'est plus là alors même qu'il est à nouveau à l'ouvrage dans Tomorrow's World, ou, tout du moins, dans ce morceau de Tomorrow's World ? Tentons une explication : la passion, voilà ce qui manque. Cette envie, ce besoin de faire de la musique ensemble qu'avait Air au début de leur carrière et qui s'est sans doute transformé en habitude. Et l'habitude use un couple. Avec Tomorrow's World, Jean-Benoit Dunckel retrouve la flamme. Comme la promesse d'un nouvel amour. Vous savez ce moment au début d'une relation où l'on sent son coeur gazouiller, où l'on se dit que tout est possible, que l'on peut, que l'on veut tout explorer. Pour qu'Air existe encore, il faudra que la flamme revienne. Et peut-être reviendra-t-elle après que cette nouvelle flamme se soit éteinte. C'est bien connu : une flamme s'éteint quand l'Air vient à manquer.
lundi 21 janvier 2013
That difficult second album
Comme l'écrivait cette journaliste du Daily Telegraph dans ce post l'année dernière, ce difficile second album a toujours été le croque mitaine de la pop" car, poursuit-elle, il peut "faire ou briser le restant d'une carrière". That difficult second album est une expression que j'ai lue et relue au cours des nombreuses années où j'ai pu lire de la presse spécialisée anglo-saxonne et, si le concept existe aussi en France, il ne donne pas lieu à ce qu'on peut réellement considérer comme une expression de la presse écrite outre Manche. Une figure de style pour les journalistes sur laquelle je m'étais déjà penché ici même et, plus encore donc, un passage obligé pour les artistes, ce qui me fait dire que je n'ai pas fini de m'étendre sur le sujet... Qu'attend-t-on au juste d'un second album ? A mon avis, qu'il soit meilleur que le premier. Finalement, c'est assez simple d'attirer l'attention sur soi avec un premier album : l'attrait de la nouveauté attire les regards même sans une formule géniale ou totalement novatrice. Suffit d'un peu de travail. Or, un premier album, finalement, c'est le fruit de toute une vie, soit un assez long travail. En tout cas de toute votre vie jusqu'à ce premier album. Un second album, c'est le fruit d'une, deux, voire, comme nous allons le voir ici, trois années. Or, il va falloir, en trois ans, faire mieux que durant le reste de votre vie. Ecartons tout de suite ceux qui font moins bien au second essai qu'au premier en prenant le cruel exemple de Delphic. C'est donc en 2010 qu'est apparu Delphic adoubé par les critiques rock du monde entier car ce groupe de Manchester avait retrouvé une formule qu'on croyait unique, propriété d'un autre groupe de Manchester : New Order. Delphic faisait du New Order. Mieux, Delphic faisait du bon New Order.
Mais Delphic a du en avoir marre de s'entendre dire qu'ils étaient les nouveaux New Order à longueur de temps. Il fallait que ça change. Du coup, ils ont élargi leur champ de références à la synthpop des années 80, se rêvant sans doute en Duran Duran contemporains. Sauf que Baiya, qui, au demeurant, n'est pas totalement désagréable, les fait très clairement reculer d'une case, et annonce hélas clairement la pauvre qualité de l'album Collections à sortir lundi prochain. Du coup, c'est un peu comme si, au lieu d'être resté le groupe qui fait du New Order, Delphic devenait le groupe qui fait du Alphaville. Big in Japan, on leur souhaite, big ailleurs, on en doute.
C'est aussi il y a presque trois ans (quatre pour être précis - c'était en 2009) que l'on remarqua pour la première fois Wave Machines qui sort aujourd'hui même son second album, Pollen. C'était vraiment pas mal la musique pop rock matinée de synthés rigolos de Wave Machines et ça l'est d'ailleurs toujours comme on peut en juger sur I hold loneliness, extrait dudit album.
C'est gentil, c'est mignon et c'est bien là le problème : on n'attend pas du gentil, du mignon pour le second album. On attend du magnifique, de l'énorme ; faut envoyer le bois. C'est d'autant plus problématique pour Wave Machines qui partait avec un gros atout et donc avec le recul du temps, un gros handicap : un énorme single. Or il n'y a pas d'énorme single sur cette nouvelle mouture, rien qui tienne la comparaison avec leur formidable et initial effort Keep the lights on, la véritable raison, si vous voulez mon avis (et vous ne sauriez pas en train de lire ces lignes si ce n'était pas le cas), de l'engouement qu'avait suscité les Wave Machines.
Retour à 2010 avec un autre groupe anglais : c'est pas ma faute, c'est l'actualité. A vrai dire, je n'avais pas retenu grand chose de Man Alive, le premier album d'Everything Everything. C'est peut-être d'ailleurs la clé de la réussite de votre second effort : qu'on ne retienne pas grand chose du premier de sorte que vous ne fassiez pas naître de fols espoirs chez ceux qui vous auront aimé la première fois. Or Everything Everything n'avait rien fait naître chez moi qu'un peu de plaisir avec l'agréable (mais derrière agréable, il y a souvent "sans plus") My kz, ur bf, soit My Keys, Your Boyfriend dans un style savamment écourté.
Et puis voici que l'été dernier, le nom d'Everything Everything fleurit sur les blogs musicaux un peu partout avec le single Cough Cough. Ce n'est pas un autre groupe, on reconnaît bien le style esquissé sur leur premier album, mais, précisément, ce n'est plus une esquisse. C'est un style affirmé, poussé jusqu'au bout de sa logique, avec beaucoup d'ambition. Cough, cough, soit pour les moins non anglophones, Tousse Tousse, et, effectivement, ça tousse dès les premières secondes et si l'on tousse, c'est parce qu'on s'étrangle, tant Everything Everything semble avancer à pas de géants.
Bon, c'est pas tout d'être ambitieux : il faut se montrer à la hauteur de ses ambitions et c'est là où Everything Everything gagne son pari, et passe donc le cap de that difficult second album. Arc est brillant de bout en bout. Il l'est tellement que je me suis dit, en l'écoutant, que l'année 2013 avait vraiment commencé. Car, jusqu'à présent, nous en étions tous, moi le premier, à nous remémorer les bons moments de l'année dernière. Ca y est, c'est bien fini : je passe à autre chose, Everything Everything donc, le premier grand album de cette année 2013, tant il est clair, dès à présent, qu'on devrait s'en souvenir à la fin de l'année et souhaitons le, au delà. Un bonheur n'arrivant jamais seul, lundi dernier toujours est sorti {Awayland} des Villagers, l'autre album qui nous plante dans le présent de cette année et non dans le passé de l'année dernière. Des Villagers, le groupe de l'Irlandais Conor O'Brien, je n'attendais strictement rien et pour cause : je suis passé totalement à côté du premier album sorti il y a trois ans aussi. J'avais fait connaissance avec sa production via la très avisée Charlotte Gainsbourg qui lui demanda et obtint sa collaboration pour le titre Memoir en 2011.
Je pourrais du coup détourner à mon compte le refrain de Nothing arrived, le premier single extrait du nouvel album des Villagers : je n'attendais rien et tout est arrivé. Sauf que l'écriture de Conor O'Brien est nettement plus maline et réussie puisqu'il chante : "I waited for something/ And something died/ So i waited for nothing/ And nothing arrived", ce qui me réjouit assez pour un, ne pas vous en offrir la traduction parce que bon, faut pas déconner, quelques notions d'anglais, ça n'a jamais fait de mal à personne, et pour deux, lui décerner illico la palme du meilleur refrain de l'année 2013.
Ce qu'il y a de formidable dans cette chanson, c'est qu'elle vous tient jusqu'à la fin. Elle atteint même des sommets à la fin quand entrent dans la partie les violons, aux alentours de 3', et qu'avec la voix de Conor O'Brien, s'envole la chanson vers des hauteurs insoupçonnées. Comme si les Villagers avaient placé la barre encore plus haut. That difficult second album, c'est ça d'ailleurs : placer la barre encore plus haut et arriver à la franchir.
Mais Delphic a du en avoir marre de s'entendre dire qu'ils étaient les nouveaux New Order à longueur de temps. Il fallait que ça change. Du coup, ils ont élargi leur champ de références à la synthpop des années 80, se rêvant sans doute en Duran Duran contemporains. Sauf que Baiya, qui, au demeurant, n'est pas totalement désagréable, les fait très clairement reculer d'une case, et annonce hélas clairement la pauvre qualité de l'album Collections à sortir lundi prochain. Du coup, c'est un peu comme si, au lieu d'être resté le groupe qui fait du New Order, Delphic devenait le groupe qui fait du Alphaville. Big in Japan, on leur souhaite, big ailleurs, on en doute.
C'est aussi il y a presque trois ans (quatre pour être précis - c'était en 2009) que l'on remarqua pour la première fois Wave Machines qui sort aujourd'hui même son second album, Pollen. C'était vraiment pas mal la musique pop rock matinée de synthés rigolos de Wave Machines et ça l'est d'ailleurs toujours comme on peut en juger sur I hold loneliness, extrait dudit album.
C'est gentil, c'est mignon et c'est bien là le problème : on n'attend pas du gentil, du mignon pour le second album. On attend du magnifique, de l'énorme ; faut envoyer le bois. C'est d'autant plus problématique pour Wave Machines qui partait avec un gros atout et donc avec le recul du temps, un gros handicap : un énorme single. Or il n'y a pas d'énorme single sur cette nouvelle mouture, rien qui tienne la comparaison avec leur formidable et initial effort Keep the lights on, la véritable raison, si vous voulez mon avis (et vous ne sauriez pas en train de lire ces lignes si ce n'était pas le cas), de l'engouement qu'avait suscité les Wave Machines.
Retour à 2010 avec un autre groupe anglais : c'est pas ma faute, c'est l'actualité. A vrai dire, je n'avais pas retenu grand chose de Man Alive, le premier album d'Everything Everything. C'est peut-être d'ailleurs la clé de la réussite de votre second effort : qu'on ne retienne pas grand chose du premier de sorte que vous ne fassiez pas naître de fols espoirs chez ceux qui vous auront aimé la première fois. Or Everything Everything n'avait rien fait naître chez moi qu'un peu de plaisir avec l'agréable (mais derrière agréable, il y a souvent "sans plus") My kz, ur bf, soit My Keys, Your Boyfriend dans un style savamment écourté.
Et puis voici que l'été dernier, le nom d'Everything Everything fleurit sur les blogs musicaux un peu partout avec le single Cough Cough. Ce n'est pas un autre groupe, on reconnaît bien le style esquissé sur leur premier album, mais, précisément, ce n'est plus une esquisse. C'est un style affirmé, poussé jusqu'au bout de sa logique, avec beaucoup d'ambition. Cough, cough, soit pour les moins non anglophones, Tousse Tousse, et, effectivement, ça tousse dès les premières secondes et si l'on tousse, c'est parce qu'on s'étrangle, tant Everything Everything semble avancer à pas de géants.
Bon, c'est pas tout d'être ambitieux : il faut se montrer à la hauteur de ses ambitions et c'est là où Everything Everything gagne son pari, et passe donc le cap de that difficult second album. Arc est brillant de bout en bout. Il l'est tellement que je me suis dit, en l'écoutant, que l'année 2013 avait vraiment commencé. Car, jusqu'à présent, nous en étions tous, moi le premier, à nous remémorer les bons moments de l'année dernière. Ca y est, c'est bien fini : je passe à autre chose, Everything Everything donc, le premier grand album de cette année 2013, tant il est clair, dès à présent, qu'on devrait s'en souvenir à la fin de l'année et souhaitons le, au delà. Un bonheur n'arrivant jamais seul, lundi dernier toujours est sorti {Awayland} des Villagers, l'autre album qui nous plante dans le présent de cette année et non dans le passé de l'année dernière. Des Villagers, le groupe de l'Irlandais Conor O'Brien, je n'attendais strictement rien et pour cause : je suis passé totalement à côté du premier album sorti il y a trois ans aussi. J'avais fait connaissance avec sa production via la très avisée Charlotte Gainsbourg qui lui demanda et obtint sa collaboration pour le titre Memoir en 2011.
Je pourrais du coup détourner à mon compte le refrain de Nothing arrived, le premier single extrait du nouvel album des Villagers : je n'attendais rien et tout est arrivé. Sauf que l'écriture de Conor O'Brien est nettement plus maline et réussie puisqu'il chante : "I waited for something/ And something died/ So i waited for nothing/ And nothing arrived", ce qui me réjouit assez pour un, ne pas vous en offrir la traduction parce que bon, faut pas déconner, quelques notions d'anglais, ça n'a jamais fait de mal à personne, et pour deux, lui décerner illico la palme du meilleur refrain de l'année 2013.
Ce qu'il y a de formidable dans cette chanson, c'est qu'elle vous tient jusqu'à la fin. Elle atteint même des sommets à la fin quand entrent dans la partie les violons, aux alentours de 3', et qu'avec la voix de Conor O'Brien, s'envole la chanson vers des hauteurs insoupçonnées. Comme si les Villagers avaient placé la barre encore plus haut. That difficult second album, c'est ça d'ailleurs : placer la barre encore plus haut et arriver à la franchir.
Inscription à :
Articles (Atom)