LACHEZ MOI AVEC BOWIE !!! C'est assez clair en capitales ou il faut que je le mette en gras ? Bon, j'aurais pu mettre "lâchez nous" mais j'ai tellement l'impression d'être seul sur ce coup que bon... Remarquez, je pourrais créer un groupe sur Facebook juste pour voir. Et pourquoi, toi, tu le lâches pas, me diront certains, s'interrogeant sur ce qui me fait revenir sur un sujet que j'ai déjà traité ici. Eh bien, tout me fait revenir à lui, c'est bien là le problème. Depuis la radio que j'allume le matin à la télévision, le soir, en passant par le Web et à peu près tous les journaux que j'ouvre. Et parce qu'on se définit aussi bien par ses goûts que ses dégoûts, je me dois de revenir sur le pourquoi du j'aime pas. Déjà, plus on en parle, moins, en ce qui me concerne, j'en ai envie. C'est peut-être snob mais c'est comme ça ; ma première réaction, quand tout le monde y va, c'est j'y vais pas. Je parle d'aller car c'est souvent pour les films que ça m'arrive. Or, quand on y pense, c'est une réaction assez débile : vais-je ne pas avoir envie de quelque chose parce que tout le monde a la même envie ? Et donc vais-je bouder une gâterie juste parce qu'elle va gâter tout le monde ? Non, je vous le dis, c'est idiot. C'est idiot mais c'est comme ça et quand tout le monde ira faire la fête au salon, je préfèrerais aller bouder seul dans ma chambre ; on ne change pas. Ou plutôt on a du mal à changer. C'est dommage car c'est sans doute comme ça que je passe à côté de plein de choses. Or dans un louable effort de changer ce déplorable comportement, de lutter contre cette pusillanimité, je me suis dit que j'allais écouter cet album de Bowie. Parce que c'est bien beau de rejeter la chose sur la foi d'un single : l'album comporte quand même treize autres titres. Comme on dit aux enfants, tu ne peux pas dire que c'est mauvais avant d'y avoir goûté, j'ai donc écouté l'album en écoute gratos ces jours ci sur Itunes. Enfin, mieux que les enfants puisque j'ai fait un grand travail sur moi même pour être le plus réceptif possible et ne pas faire la grimace avant même d'en avoir entendu une cuillerée. Ce pouvait être positif ; après tout, longtemps, je n'ai pas aimé le fromage et faisait des moues dégoûtées quand ma sœur m'en approchait un bout sous le nez. Et puis à vingt-cinq ans, parce que j'étais en Franche Comté, parce que j'avais mesuré que la vie était courte, je me suis dit que c'était bien con de ne pas essayer le fromage. Le vrai, pas le Kiri que j'aimais beaucoup quand j'étais petit. Et je me suis mis à aimer le fromage. Simplement parce que c'est bon et que je n'y étais pas, comme je le pensais, allergique. Le dernier Bowie est-il donc aussi bon qu'un Comté affiné vingt quatre mois ? Non, mais en revanche, son écoute m'a elle bien paru durer vingt quatre mois, au point que j'en étais à regretter le Bowie de... Blue jeans. Oui, je sais, c'est assez pathétique. Un peu comme l'album somme toute. Allez, on va dire que j'ai eu un léger sursaut à la quatorzième et ultime (merci mon Dieu : ils n'ont pas mis les morceaux bonus en écoute sur Itunes) chanson, Heat, où il y a un truc, un climat, une ambiance qui manque cruellement au reste de l'album. Ou qui ME manque cruellement. Le reste, ça pue les seventies, le glam rock, les guitares devant, la voix qui hurle... Et c'est là que je me suis dit que, finalement, je n'aurais peut-être pas du écouter cet album. C'est bien de faire des essais, de tester des choses nouvelles, tout ça, tout ça, mais vient un moment dans la vie où vous commencez quand même à vous connaître assez bien pour savoir assez vite ce qui va ou non vous plaire. Et peu importe que telles des Anna Wintour de la mode décidant de la tenue de rigueur, les Cassandre du rock aient décrété que LE basique de votre discothèque cette saison serait le dernier Bowie ; après tout si l'on vous inflige le jean, alors que vous savez bien que vous n'êtes fait que pour le costume, faut-il vraiment acheter le jean ? Non. Il faudrait pour ça, en avoir envie. Qu'on me donne l'envie, l'envie d'avoir envie, disait le grand penseur, Johnny Hallyday. Et, bien que souvent en désaccord, non, toujours en désaccord avec ce philosophe, je ne dirais pas mieux en telle circonstance. A côté de ça, j'ai pris un pied incroyable aujourd'hui en écoutant Hit the waves, le nouvel album des Suédois de The Mary Onettes. Sur lequel je me suis précipité car j'en avais envie. Ca pue les eighties, la new wave, les claviers étouffés, les voix fragiles... Et c'est pour tout ça que j'adore ça.
J'imagine déjà la réaction de certains se disant mais comment peut-il comparer des mecs qui font une musique, disons, comparable à celle de China Crisis à l'immense, le gigantesque, l'incroyable Bowie ? D'abord les mecs, vous faites flipper. Ces temps-ci, y a deux personnes dont on parle à peu près autant : le pape et David Bowie. C'est pas un peu la même chose d'être fan de Bowie ? De suivre un culte qui fait que quoi qu'il fasse, quoiqu'il dise, on l'idolâtre ? Et puis ils ont, tous les deux, ce côté un peu surnaturel, alien, au-dessus des hommes. Eh bien moi, j'aime mieux me tourner vers de jeunes gens sensibles, me trouver au milieu d'eux. Et oui, qui font comme China Crisis. Justement d'ailleurs. Qu'est ce que j'ai pu écouter l'album Working with fire and steel ! Et même si l'album a un peu vieilli et que Here comes the raincloud paraitra plus gnangnan à certains que n'importe quel morceau du dernier Bowie, je m'en contrefous : cette musique me parle. C'est du Kiri, d'accord, mais je vous laisse le plateau de fromages qui puent.
C'est marrant parce que ça faisait une éternité quand même que je n'avais pas écouté China Crisis. Mais ce matin, en écoutant The Mary Onettes, qui n'en finissent plus de reproduire à la perfection le son que j'ai aimé dans les années 80, le groupe et cet album en particulier m'est tout de suite revenu en mémoire. Il y a en plus des titres de chansons SO eighties sur l'album de The Mary Onettes comme Don't you forget (to forget about me). On pourrait mettre "sic" derrière mais moi, je l'accompagnerais d'un grand soupir de satisfaction (d'autant que ce morceau reprend le motif du morceau qui le précède pour en faire quelque chose d'autre de manière éblouissante). Je rappelle à ceux qui ne s'en souviendraient pas que The Mary Onettes sont suédois (resoupir de satisfaction). Et du coup, actualité oblige, la sortie de leur album se télescope avec une autre sortie suédoise d'un groupe porté sur le son des eighties : The Embassy. J'ai découvert The Embassy il y a quelques années à l'époque où je lisais le mensuel Magic qui avait fait de leur précédent album, Tacking, leur disque du mois. C'est curieux car en relisant l'article, Magic parle de l'album de l'été 2007 alors qu'il était sorti en 2005 : l'album était-il arrivé deux ans plus tard en France ? Toujours est-il que c'est bien huit ans après cet essai (quelque peu) remarqué que débarque Sweet sensation, le nouvel album de The Embassy. Et c'est comme si rien ne s'était passé, comme si le groupe ne nous avait pas quitté il y a huit ans mais hier, donnant une suite dans la parfaite continuité de Tacking. Ce qui pourrait apparaître comme gênant, interpréter comme une stagnation ne me dérange absolument pas. Parce que leur musique est juste hédoniste : pas de grande ambition chez The Embassy, pas de dessein artistique monumental. Juste l'envie de se, de nous faire plaisir. Et en ce qui me concerne, ça fonctionne très bien comme sur Related artist, le premier single extrait de l'album.
The Embassy a beau partager avec Bowie un retour sans tambour ni trompettes des années après leur dernière apparition, on ne parle(ra sans doute) pas beaucoup de Sweet Sensation. The Mary Onettes auront au mieux trois lignes par ci par là pour leur album qui sort lundi où on leur reprochera sans doute de sonner comme beaucoup trop de groupes eighties. Mais je pourrais vous parler et surtout écouter ces deux albums pendant des heures. En revanche NE ME DEMANDEZ PLUS CE QUE JE PENSE DU DERNIER BOWIE ! A bon entendeur...
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jeudi 7 mars 2013
jeudi 17 janvier 2013
Maintenant ou jamais
Cela faisait un moment, pardon, neuf jours que je me demandais si j'allais parler du dernier Bowie. Mon hésitation ne venait pas de Bowie lui même dont j'ai déjà parlé ici, mais bien plus de ce Where are we now ? et de toute l'agitation qu'il a su créé. D'ailleurs, d'un point de vue marketing, chapeau l'artiste : une vidéo postée sur le Net et il se retrouve à la une de tous les journaux, y compris du vingt heures en France, mais aussi en tête des ventes d'albums sur Itunes, ce qui est assez fort pour un album en précommande. Quand on pense d'ailleurs aux millions dépensés en pub par d'autres sans le dizième du résultat, ça laisse songeur. Du coup, tout ça avait un peu des allures de Bowiethon : pauvre David qui était malade mais qui revient en forme et, double cerise sur le gâteau avec Tony Visconti, le producteur historique, et avec un texte faisant ouvertement référence à la trilogie berlinoise de la fin des années 70, l'album à venir, The next day, détournant même au passage la couverture du mythique Heroes.
A vrai dire la stratégie de l'absence est toujours payante. D'ailleurs, une semaine seulement après Bowie, Justin Timberlake a provoqué peu ou prou le même engouement en publiant à son tour sa nouvelle chanson, annonciatrice de l'album à venir, lui aussi, en 2013, le premier depuis sept ans. Mais, à la différence de Bowie, j'ai trouvé la nouvelle chanson de Timberlake dans le classement des titres les plus appréciés parmi ceux postés par les blogs musicaux à travers le monde. C'est le fameux classement Hypem, dont j'ai déjà parlé à de nombreuses reprises mais dont je vous rappelle le principe : le site Hypem référence pas mal de blogs à travers le monde se faisant écho de leurs trouvailles musicales. Les internautes peuvent alors se rendre sur le site et attribuer un cœur aux morceaux pour afficher leurs préférences : c'est le classement. Or, Timberlake arrive à la deuxième place avec Suit and tie quand Bowie arrive... nulle part dans les 50 premières places. Ce n'est pas que Suit and tie soit meilleur que Where are we now (j'ai plutôt tendance à penser le contraire): ils ne jouent tout simplement pas dans la même cour. Toutefois, si je dois encore lier les deux dans la même phrase, c'est parce que le dernier morceau de Timberlake qui m'ait vraiment intéressé est un remix tout comme Bowie. Le My love de Timberlake a été brillamment détourné en morceau house par Fet & Moi devenant, au passage, Paris is for lovers (mais ne vous y trompez pas, derrière le patronyme français et le titre évoquant la capitale, se cachent, si je ne me trompe, des Allemands).
Quant à Bowie, la dernière fois que ça m'a vraiment passionné, c'était il y a vingt ans, via ce fabuleux remix de Jump they say qui m'avait fait espérer, un temps, qu'il se tourne vers la techno. J'avais oublié qu'il s'agissait bien plus de l'oeuvre des Leftfield, les remixeurs, que du remixé.
Tout cela, vous me direz, ne fait pas franchement avancer le schmilblick. Enfin plutôt, vous allez me dire : "Mais qu'est-ce que t'en penses du dernier Bowie ?" Ben en fait, pas grand chose. Surement pas en tout cas l'extase qu'il semble avoir provoqué chez tous ses fans, pour qui il est interdit de critiquer ce morceau crépusculaire, cette ballade sombre, bla bla bla... A vrai dire, je ne sais pas si c'est le fait que le morceau soit réellement réussi qui provoque une telle pâmoison ou, bien plus, qu'il ne soit pas raté. Et après dix ans d'absence, c'est quand même le minimum syndical, non ? D'ailleurs n'est-ce pas ce qui me gêne fondamentalement : que Bowie ne propose que le minimum de ce qu'on attend de lui ? Minimum mais effet maximum, comme je l'ai déjà dit plus haut. Sauf donc, comme dit plus haut également, sur ces petits merdeux qui créent la hype sur Hypem et qui ne se signent pas devant Saint Bowie. Blasphème. Bon, allez, parce qu'on est sympa et pour les quelques uns qui auraient loupé le Grâal, rappel des faits.
Non, elle n'a rien de mal cette chanson. Elle est juste d'un grand classicisme. Elle est tellement classique que si l'on n'écoute que l'intro, on pourrait penser à une ballade de Paul McCartney. Je n'ai pas choisi ça au hasard : ce qu'on n'aurait pas passé à Macca absout presque Bowie de tous ses pêchés musicaux passés (et ils sont assez nombreux). Ah, l'absence !... C'est merveilleux ce que ça fait naître. Pendant ce temps-là, nos petits branleurs du Net font la part belle, entre autres, à London Grammar, nouveau groupe en provenance de Londres. C'est d'ailleurs réconfortant de voir que malgré le poids du sieur David, des artistes surgis de nulle part arrivent à mieux faire porter leur voix juste par la qualité de leur morceau. Morceau qui, je l'ai pas fait exprès, s'appelle Hey now. J'ai lu dans un blog que, pour se faire une idée de la musique de London Grammar, il fallait imaginer une chanson de The XX chanté par Florence Welsh (Florence + The Machine) produite par Massive Attack ; l'image est assez juste.
Là aussi, c'est une ballade. Mais quand London Grammar en parlant de now, tourne notre regard vers l'avenir, Bowie, lui, regarde résolument en arrière. Où en sommes-nous maintenant donc, signe avant coureur du jour d'après, le jour où l'on n'est plus des héros. Car si Bowie reprend la pochette d'Heroes, c'est qu'il fait référence à ce "We can be heroes / Just for one day" que nous avons tous en tête. Eh oui : juste pour un jour. Mais le jour d'après, houlala, ça fait mal. Les London Grammar font partie des héros d'aujourd'hui. Plus Bowie. Il a vieilli. Comme ses fans, ces décideurs qui se sont hâtés de répandre sa nouvelle et plus ou moins bonne parole sur les affres de l'âge. Mais croyez-vous vraiment qu'à vingt ans, on se soucie de vieillir ? C'est un peu comme dans la pub qu'on voit ces temps-ci : non, à vingt ans, moi non plus je ne pensais pas à ma retraite. Bowie est sorti de la sienne pour annoncer la nôtre. C'est pas beau de vieillir ; ça fait un moment, perso, que je m'en doutais. Bowie, de toutes façons, a dépassé le stade des critiques, des commentaires et même du héros. C'est un dieu qui a inspiré, et continue à le faire, une multitude de musiciens. Il n'y a qu'à écouter cette récente reprise par les suédois de Simian Ghost de Be my wife, extrait de l'album Low de Bowie pour s'en rendre compte.
Oui, David Bowie est l'une des plus grosses racines de cet arbre aux multiples ramifications qu'est la musique pop rock d'aujourd'hui. Mais quand on admire un arbre, avouez quand même qu'on a plus tendance à regarder vers le haut, vers les nouvelles pousses, que vers les racines. Racines nourricières depuis longtemps enterrées. Where are we now ? Six pieds sous terre, that's where.
A vrai dire la stratégie de l'absence est toujours payante. D'ailleurs, une semaine seulement après Bowie, Justin Timberlake a provoqué peu ou prou le même engouement en publiant à son tour sa nouvelle chanson, annonciatrice de l'album à venir, lui aussi, en 2013, le premier depuis sept ans. Mais, à la différence de Bowie, j'ai trouvé la nouvelle chanson de Timberlake dans le classement des titres les plus appréciés parmi ceux postés par les blogs musicaux à travers le monde. C'est le fameux classement Hypem, dont j'ai déjà parlé à de nombreuses reprises mais dont je vous rappelle le principe : le site Hypem référence pas mal de blogs à travers le monde se faisant écho de leurs trouvailles musicales. Les internautes peuvent alors se rendre sur le site et attribuer un cœur aux morceaux pour afficher leurs préférences : c'est le classement. Or, Timberlake arrive à la deuxième place avec Suit and tie quand Bowie arrive... nulle part dans les 50 premières places. Ce n'est pas que Suit and tie soit meilleur que Where are we now (j'ai plutôt tendance à penser le contraire): ils ne jouent tout simplement pas dans la même cour. Toutefois, si je dois encore lier les deux dans la même phrase, c'est parce que le dernier morceau de Timberlake qui m'ait vraiment intéressé est un remix tout comme Bowie. Le My love de Timberlake a été brillamment détourné en morceau house par Fet & Moi devenant, au passage, Paris is for lovers (mais ne vous y trompez pas, derrière le patronyme français et le titre évoquant la capitale, se cachent, si je ne me trompe, des Allemands).
Quant à Bowie, la dernière fois que ça m'a vraiment passionné, c'était il y a vingt ans, via ce fabuleux remix de Jump they say qui m'avait fait espérer, un temps, qu'il se tourne vers la techno. J'avais oublié qu'il s'agissait bien plus de l'oeuvre des Leftfield, les remixeurs, que du remixé.
Tout cela, vous me direz, ne fait pas franchement avancer le schmilblick. Enfin plutôt, vous allez me dire : "Mais qu'est-ce que t'en penses du dernier Bowie ?" Ben en fait, pas grand chose. Surement pas en tout cas l'extase qu'il semble avoir provoqué chez tous ses fans, pour qui il est interdit de critiquer ce morceau crépusculaire, cette ballade sombre, bla bla bla... A vrai dire, je ne sais pas si c'est le fait que le morceau soit réellement réussi qui provoque une telle pâmoison ou, bien plus, qu'il ne soit pas raté. Et après dix ans d'absence, c'est quand même le minimum syndical, non ? D'ailleurs n'est-ce pas ce qui me gêne fondamentalement : que Bowie ne propose que le minimum de ce qu'on attend de lui ? Minimum mais effet maximum, comme je l'ai déjà dit plus haut. Sauf donc, comme dit plus haut également, sur ces petits merdeux qui créent la hype sur Hypem et qui ne se signent pas devant Saint Bowie. Blasphème. Bon, allez, parce qu'on est sympa et pour les quelques uns qui auraient loupé le Grâal, rappel des faits.
Non, elle n'a rien de mal cette chanson. Elle est juste d'un grand classicisme. Elle est tellement classique que si l'on n'écoute que l'intro, on pourrait penser à une ballade de Paul McCartney. Je n'ai pas choisi ça au hasard : ce qu'on n'aurait pas passé à Macca absout presque Bowie de tous ses pêchés musicaux passés (et ils sont assez nombreux). Ah, l'absence !... C'est merveilleux ce que ça fait naître. Pendant ce temps-là, nos petits branleurs du Net font la part belle, entre autres, à London Grammar, nouveau groupe en provenance de Londres. C'est d'ailleurs réconfortant de voir que malgré le poids du sieur David, des artistes surgis de nulle part arrivent à mieux faire porter leur voix juste par la qualité de leur morceau. Morceau qui, je l'ai pas fait exprès, s'appelle Hey now. J'ai lu dans un blog que, pour se faire une idée de la musique de London Grammar, il fallait imaginer une chanson de The XX chanté par Florence Welsh (Florence + The Machine) produite par Massive Attack ; l'image est assez juste.
Là aussi, c'est une ballade. Mais quand London Grammar en parlant de now, tourne notre regard vers l'avenir, Bowie, lui, regarde résolument en arrière. Où en sommes-nous maintenant donc, signe avant coureur du jour d'après, le jour où l'on n'est plus des héros. Car si Bowie reprend la pochette d'Heroes, c'est qu'il fait référence à ce "We can be heroes / Just for one day" que nous avons tous en tête. Eh oui : juste pour un jour. Mais le jour d'après, houlala, ça fait mal. Les London Grammar font partie des héros d'aujourd'hui. Plus Bowie. Il a vieilli. Comme ses fans, ces décideurs qui se sont hâtés de répandre sa nouvelle et plus ou moins bonne parole sur les affres de l'âge. Mais croyez-vous vraiment qu'à vingt ans, on se soucie de vieillir ? C'est un peu comme dans la pub qu'on voit ces temps-ci : non, à vingt ans, moi non plus je ne pensais pas à ma retraite. Bowie est sorti de la sienne pour annoncer la nôtre. C'est pas beau de vieillir ; ça fait un moment, perso, que je m'en doutais. Bowie, de toutes façons, a dépassé le stade des critiques, des commentaires et même du héros. C'est un dieu qui a inspiré, et continue à le faire, une multitude de musiciens. Il n'y a qu'à écouter cette récente reprise par les suédois de Simian Ghost de Be my wife, extrait de l'album Low de Bowie pour s'en rendre compte.
Oui, David Bowie est l'une des plus grosses racines de cet arbre aux multiples ramifications qu'est la musique pop rock d'aujourd'hui. Mais quand on admire un arbre, avouez quand même qu'on a plus tendance à regarder vers le haut, vers les nouvelles pousses, que vers les racines. Racines nourricières depuis longtemps enterrées. Where are we now ? Six pieds sous terre, that's where.
mercredi 21 novembre 2012
Heavy dance
Ceci est-il le nouveau Daft Punk ?
C'est la question qui enflamme le Web ces dernières heures et qui en dit long sur la place qu'ont pris les deux Français dans le cœur des mélomanes du monde entier. Ca en dit long aussi sur une véritable marque de fabrique aussi distincte qu'imitable. Le crocodile Lacoste de l'électro, en quelque sorte. Sauf que porter un Lacoste, c'est chic, alors que porter l'imitation marocaine... L'incertitude quant à son authenticité permet donc à Emphazed de générer un maximum d'attention et un tant soit peu de respect. Pour le moment. En attendant confirmation ou infirmation des deux principaux intéressés. Entre temps, nous aurons eu droit à tous les commentaires des Internautes : celui-ci qui est "presque à 100 % sûr (sic) qu'il s'agit de Daft Punk" puisqu'il reconnaît les "synthés qu'ils avaient utilisé pour la bande originale de Tron" et celui qui pense que c'est "trop cheap pour être du Daft Punk".
En fait la seule chose qui semble à peu près sûre dans tout ça, c'est que Daft Punk sorte un nouvel album au printemps prochain. On sait aussi depuis plusieurs semaines que Nile Rogers fera partie du projet. Rien que ça suscite l'attente : pensez donc, le génial guitariste de Chic qui a marqué de son sceau la dance fin 70, début 80 rencontre ceux qui en ont fait de même pour la période fin 90, début 00. Et si Daft Punk reprenait les choses où Chic les avait laissés en 1983 au moment de leur séparation ? Je serais tenté de le penser en réécoutant le vocoder utilisé sur You are beautiful, morceau de l'album Believer, si mésestimé qu'il est aujourd'hui l'un des rares du groupe à ne pas être disponible sur Itunes (du moins la plateforme française).
C'est curieux comme on a décrété la mort de Chic (qui s'est avérée, l'album ayant été un flop) avec ce morceau qui annonce pourtant le son des productions futures de Nile Rodgers au son prédominant pour l'époque, comme les albums Let's dance pour Davie Bowie et Like a virgin pour Madonna. Si je n'ai jamais été très convaincu par Like a virgin (je crois que je préférais la Madonna émergente de Holiday, Lucky Star et Everybody), j'ai en revanche toujours trouvé très bon l'album Let's dance. Je sais, ça fait hurler les fans de Bowie pour qui c'est le moins bon de sa carrière, le début de la fin, etc, etc... Sauf que Bowie, pour moi, ce n'était rien d'autre, à l'époque, soit rappelons-le, en 1983, que le chanteur d'Ashes to ashes. Je ne connaissais rien d'autre de lui car Bowie n'avait pas fait de tube assez marquant pour qu'ils arrivent jusqu'à mes oreilles de petit garçon que j'étais du temps de l'apogée de Bowie, soient les années 70. Et heureusement que Let's dance a existé car il a permis à tout un tas de personnes de découvrir rétrospectivement Bowie. Ce n'est absolument pas une raison pour jeter le Bowie de Let's dance sur lequel les critiques jettent en général l'opprobre : commercial. Ca veut dire quoi commercial ? Qu'il cherche à vendre des disques ? N'est-ce pas là ce que font la majeure partie des artistes ? Ou alors est-ce parce qu'on ne supporte pas de devoir le partager avec la "populace" ? Parce que, oui, quand un artiste délivre une chanson comme Let's dance, amplifiée par la production poids lourds de Nile Rodgers, ça va finir par s'entendre. Et ça s'est entendu, l'album étant celui qui s'est le mieux vendu de Bowie. Bowie a eu plein de bonnes chansons, mais rarement une aussi bonne intro que celle de Let's dance.
Finalement en quoi Let's dance, invitation à se déhancher, tranchait-elle avec des chansons comme Fame en 1975 ou Golden Years, l'année suivante ? Sans doute dans sa façon d'avancer non masqué, d'y aller avec ses gros sabots ou de ne pas y aller avec le dos de la cuillère, si vous voyez ce que je veut dire. Avec ses précédents titres, Bowie pouvait faire croire à une ironie, un détachement tout rock'n'roll vis à vis d'une musique pourtant déjà très dance ; une manière d'y toucher sans y toucher, une approche un peu arty de la dance music qui fait qu'on reste cérébral, même si l'on s'adresse au corps. Avec Let's dance, plus moyen de se cacher derrière son petit doigt : get on the dancefloor ! Des fois, il n'y a pas moyen de faire dans la demi mesure, dans la dentelle. Faut y aller franco quand bien même, on trouvera ça putassier. Le morceau l'exige ; il est si énorme qu'il convient de ne pas essayer de réduire ses ardeurs. Il part comme un cheval au galop ? Laissez-le partir comme un cheval au galop car c'est son rythme. Et tant pis pour ceux qui resteront à la traîne. En cela, les Daft Punk, bien que sur une période très réduite, ont eu une trajectoire assez similaire enchaînant le consensuel Homework au plus discuté, du moins au moment de sa sortie, Discovery. Je me souviens même avoir pensé, assez snob, la première fois que j'ai entendu One more time : "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc" ? Un tube, coco, voilà ce que c'est. Et l'album Discovery que je découvrais alors circonspect est de très loin celui que j'écoute aujourd'hui avec le plus de plaisir de Daft Punk.
Aucune chanson de l'album suivant des Daft Punk, Human after all, n'a l'évidence (heavy dance, donc) de Face to face, ou tout autre titre de Discovery. Human after all, c'est le retour à une case beaucoup plus cérébrale, un truc qu'on peut prendre au sérieux quoi. Pas cette espèce de rouleau compresseur populaire face auquel on peut se retrouver débordé. Est-ce pour cela qu'aujourd'hui fuite sur le Net ce Emphazed, dont on ne sait s'il est vraiment l’œuvre de ses créateurs ? Comme une sonde d'essai. Pour voir si c'est acceptable de faire un morceau simplement évident. Si évident que, même si ce n'est pas Daft Punk, on puisse penser qu'il s'agisse d'eux. Le blog Indie Shuffle s'interroge en ces termes : " What do you think? Is this the real deal?" Allez savoir. L'important n'est-il pas plutôt de se demander si c'est un good deal ? Si c'est une imitation, peu importe du moment qu'elle soit bien faite. Après tout, il y a bien longtemps que je me fous de porter - ou non - de la marque.
C'est la question qui enflamme le Web ces dernières heures et qui en dit long sur la place qu'ont pris les deux Français dans le cœur des mélomanes du monde entier. Ca en dit long aussi sur une véritable marque de fabrique aussi distincte qu'imitable. Le crocodile Lacoste de l'électro, en quelque sorte. Sauf que porter un Lacoste, c'est chic, alors que porter l'imitation marocaine... L'incertitude quant à son authenticité permet donc à Emphazed de générer un maximum d'attention et un tant soit peu de respect. Pour le moment. En attendant confirmation ou infirmation des deux principaux intéressés. Entre temps, nous aurons eu droit à tous les commentaires des Internautes : celui-ci qui est "presque à 100 % sûr (sic) qu'il s'agit de Daft Punk" puisqu'il reconnaît les "synthés qu'ils avaient utilisé pour la bande originale de Tron" et celui qui pense que c'est "trop cheap pour être du Daft Punk".
En fait la seule chose qui semble à peu près sûre dans tout ça, c'est que Daft Punk sorte un nouvel album au printemps prochain. On sait aussi depuis plusieurs semaines que Nile Rogers fera partie du projet. Rien que ça suscite l'attente : pensez donc, le génial guitariste de Chic qui a marqué de son sceau la dance fin 70, début 80 rencontre ceux qui en ont fait de même pour la période fin 90, début 00. Et si Daft Punk reprenait les choses où Chic les avait laissés en 1983 au moment de leur séparation ? Je serais tenté de le penser en réécoutant le vocoder utilisé sur You are beautiful, morceau de l'album Believer, si mésestimé qu'il est aujourd'hui l'un des rares du groupe à ne pas être disponible sur Itunes (du moins la plateforme française).
C'est curieux comme on a décrété la mort de Chic (qui s'est avérée, l'album ayant été un flop) avec ce morceau qui annonce pourtant le son des productions futures de Nile Rodgers au son prédominant pour l'époque, comme les albums Let's dance pour Davie Bowie et Like a virgin pour Madonna. Si je n'ai jamais été très convaincu par Like a virgin (je crois que je préférais la Madonna émergente de Holiday, Lucky Star et Everybody), j'ai en revanche toujours trouvé très bon l'album Let's dance. Je sais, ça fait hurler les fans de Bowie pour qui c'est le moins bon de sa carrière, le début de la fin, etc, etc... Sauf que Bowie, pour moi, ce n'était rien d'autre, à l'époque, soit rappelons-le, en 1983, que le chanteur d'Ashes to ashes. Je ne connaissais rien d'autre de lui car Bowie n'avait pas fait de tube assez marquant pour qu'ils arrivent jusqu'à mes oreilles de petit garçon que j'étais du temps de l'apogée de Bowie, soient les années 70. Et heureusement que Let's dance a existé car il a permis à tout un tas de personnes de découvrir rétrospectivement Bowie. Ce n'est absolument pas une raison pour jeter le Bowie de Let's dance sur lequel les critiques jettent en général l'opprobre : commercial. Ca veut dire quoi commercial ? Qu'il cherche à vendre des disques ? N'est-ce pas là ce que font la majeure partie des artistes ? Ou alors est-ce parce qu'on ne supporte pas de devoir le partager avec la "populace" ? Parce que, oui, quand un artiste délivre une chanson comme Let's dance, amplifiée par la production poids lourds de Nile Rodgers, ça va finir par s'entendre. Et ça s'est entendu, l'album étant celui qui s'est le mieux vendu de Bowie. Bowie a eu plein de bonnes chansons, mais rarement une aussi bonne intro que celle de Let's dance.
Finalement en quoi Let's dance, invitation à se déhancher, tranchait-elle avec des chansons comme Fame en 1975 ou Golden Years, l'année suivante ? Sans doute dans sa façon d'avancer non masqué, d'y aller avec ses gros sabots ou de ne pas y aller avec le dos de la cuillère, si vous voyez ce que je veut dire. Avec ses précédents titres, Bowie pouvait faire croire à une ironie, un détachement tout rock'n'roll vis à vis d'une musique pourtant déjà très dance ; une manière d'y toucher sans y toucher, une approche un peu arty de la dance music qui fait qu'on reste cérébral, même si l'on s'adresse au corps. Avec Let's dance, plus moyen de se cacher derrière son petit doigt : get on the dancefloor ! Des fois, il n'y a pas moyen de faire dans la demi mesure, dans la dentelle. Faut y aller franco quand bien même, on trouvera ça putassier. Le morceau l'exige ; il est si énorme qu'il convient de ne pas essayer de réduire ses ardeurs. Il part comme un cheval au galop ? Laissez-le partir comme un cheval au galop car c'est son rythme. Et tant pis pour ceux qui resteront à la traîne. En cela, les Daft Punk, bien que sur une période très réduite, ont eu une trajectoire assez similaire enchaînant le consensuel Homework au plus discuté, du moins au moment de sa sortie, Discovery. Je me souviens même avoir pensé, assez snob, la première fois que j'ai entendu One more time : "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc" ? Un tube, coco, voilà ce que c'est. Et l'album Discovery que je découvrais alors circonspect est de très loin celui que j'écoute aujourd'hui avec le plus de plaisir de Daft Punk.
Aucune chanson de l'album suivant des Daft Punk, Human after all, n'a l'évidence (heavy dance, donc) de Face to face, ou tout autre titre de Discovery. Human after all, c'est le retour à une case beaucoup plus cérébrale, un truc qu'on peut prendre au sérieux quoi. Pas cette espèce de rouleau compresseur populaire face auquel on peut se retrouver débordé. Est-ce pour cela qu'aujourd'hui fuite sur le Net ce Emphazed, dont on ne sait s'il est vraiment l’œuvre de ses créateurs ? Comme une sonde d'essai. Pour voir si c'est acceptable de faire un morceau simplement évident. Si évident que, même si ce n'est pas Daft Punk, on puisse penser qu'il s'agisse d'eux. Le blog Indie Shuffle s'interroge en ces termes : " What do you think? Is this the real deal?" Allez savoir. L'important n'est-il pas plutôt de se demander si c'est un good deal ? Si c'est une imitation, peu importe du moment qu'elle soit bien faite. Après tout, il y a bien longtemps que je me fous de porter - ou non - de la marque.
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